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24/05/2011

Le mouvement Sosaku-Hanga

Le mouvement Sosaku-Hanga (Impressions Créatives) diffère du  processus d'élaboration des estampes Shin-Hanga (Nouvelles Gravures). 

La production d'une estampe de type ukiyo-e, tout comme celle du mouvement Shin-Hanga, est le fruit d'un travail collectif. Sous le contrôle de l'éditeur, l'estampe est réalisée par un peintre, un graveur puis un imprimeur.  

La réalisation d'une estampe Sosaku-Hanga est un travail individuel.

Hiratsuka Unichi Old City in Kudara (Paekche), Korea, 1935.jpg
Hiratsuka Unichi   1935  "Old City in Kudara (Paekche), Korea"
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Elle implique la maîtrise de l'ensemble du processus de réalisation d'une estampe.

De la conception au dessin, de la gravure du bois à l'impression, le Sosaku-Hanga requiert des qualités artistiques peu courantes. 

Onchi Koshiro Portrait du poète Hagiwara Sakutaro gravure sur bois 1943.jpg

Onchi Koshiro  "Portrait du poète  Hagiwara Sakutaro"

  gravure sur bois   1943

 

Lancé officiellement en 1918 avec la constitution de la "Société japonaise des estampes créatives", le concept du mouvement Sosaku-Hanga tout comme les thèmes abordés, sont très proches des courants artistiques occidentaux de l'époque. 

Hiratsuka Unichi (1895-1997), Onchi Koshiro (1891-1955), figurent parmi les premiers grands maîtres du Sosaku-Hanga.

Des artistes talentueux perpétuent de nos jours le concept du mouvement  Sosaku-Hanga.  

Yoshida, Hodaka (1926 - 1995) Sosaku- Hanga house of stone with stairs Ibiza spain 62.5x 40cm self-printed 1982.jpg
Yoshida Hodaka (1926-1995)  "Ibiza, maison de pierre avec escalier" 
1982

17/02/2011

L'estampe ukiyo-e

Les œuvres du genre ukiyo-e existent sous forme de peintures dites nikuhitsuga et sous forme d'estampes dites hanga.

La peinture étant réservée à une élite aristocratique, les estampes, imagerie populaire d'un coût modique, seront diffusées au plus grand nombre.

Il est probable que la majorité des peintres fondateurs des multiples écoles et d'ateliers familiaux producteurs d'ukiyo-e reçurent une formation initiale dans les écoles Kano et Tosa, écoles héritières de l'art classique et traditionnel japonais.

Kitagawa Utamaro Artist, Block Carver 1803.jpg

Kitagawa Utamaro (1753-1806)  "atelier d'artistes, gravure de bloc"   1803

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Ukiyo-e  signifie "image d'un monde flottant". Le caractère uki, à l'époque médiévale, était imprégné de connotations bouddhiques. Il sous-entendait la lassitude engendrée par la brièveté de la vie terrestre.

Du sens religieux, l’époque d’Edo (1603-1868) ne conservera que le caractère illusoire et superficiel des plaisirs de la vie quotidienne.

- Les Ukiyo-e, peintures populaires et narratives, représentent des acteurs (yakusha-e) de théâtre (kabuki),  ..... 

Utagawa Kunisada Asayama Tessan acteur de Kabuki.jpg

Utagawa Kunisada (1786-1865)    "Asayama Tessan"   acteur de théatre Kabuki .

- des lutteurs de Sumo (sumo-e), des scènes érotiques (shunga ou higa), des courtisanes (bijins), ....

Kitagawa Utamaro Trois beautés de notre temps Okita, Ohisa, Toyohina.jpg
Kitagawa Utamaro  (1753-1806)    "Trois beautés de notre temps "  Okita, Ohisa, Toyohina   1793

 

- des légendes,des scènes de batailles, des guerriers (Yamato musha-e), .....

Utagawa Kunisada 1858 Portrait en pied de Miyamoto Musashi (Le plus célèbre samouraï expert au combat du sabre.jpg
Utagawa Kunisada   (1786-1865)  
"Portrait de Miyamoto Musashi' , célèbre samouraï expert au combat du sabre   1858

 

- la faune et les fleurs (kacho-ga).

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Katsushika Hokusai    (1760-1849)
"Iris et Sauterelle"      1830
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- La représentation des "Vues célèbres" (meisho-e) et des paysages (fūkei-ga) ne s'affirmera que vers 1830 mais elle deviendra par la suite un thème majeur.

Katsushika Hokusai 1831-33 Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi.jpg
Katsushika Hokusai   "Reflet du mont Fuji dans le lac Kawaguchi"   1831-33

 

Hishikawa Moronobu (1618-1694), tout d'abord peintre et illustrateur de livres, fut, vers 1673, l'un des premiers artistes de l'estampe ukiyo-e. Considérant chacune de ses estampes comme une oeuvre unique, il sera le premier à les éditer en feuilles séparées (chimai-e).

Pendant longtemps, les Ukiyo-e  seront publiées en noir et blanc (sumizuri-e), puis, dès 1716, les imprimeurs les rehaussent de rouge et d'orange posés au pinceau (beni-e).

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Hishikawa Moronobu    "Le  jeune couple"
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En 1741, confrontés à la demande croissante d'Ukiyo-e, éditeurs et imprimeurs mettent au point le procédé d'impression polychrome. Les tons de pourpre et de jaune associés au rose et au vert multiplient les combinaisons de couleurs (benizuri-e).

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     Suzuki Harunobu  (1725-1770)   
 "A samurai couple walking in the rain"
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En 1745, l'éditeur Kichiemon Kamimura invente les kentô, encoches de localisation qui assurent la plus grande précision dans le positionnement de toutes les planches utilisées pour une même estampe (miroita). Solution simple mais efficace apportée aux difficultés de la superposition de multiples couleurs, les kentô, tout en facilitant grandement le travail du graveur et de l'imprimeur, en améliore tout autant la productivité.

Suzuki Harunobu, 1764-1770 Woman Admiring Plum Blossoms at Night.jpg

Suzuki Harunobu  (1725-1770)    "Woman Admiring Plum Blossoms at Night"   1765 

 

De progrès techniques en progrès techniques, de l'émergence d'artistes de grandes qualités tels Harunobu, Utamaro, Kiyonaga, Sharaku, l'estampe ukiyo-e  atteindra son apogée moins de trois décennies plus tard. Ce sera ce qu'il est convenu d'appeler "l'âge d'or de l'ukiyo-e". 

 

21/01/2011

Le mouvement Shin-Hanga

Le mouvement Shin-Hanga , littéralement "Renouveau Pictural" ou "Nouvelles Gravures", est un mouvement artistique né au Japon vers 1908 sous l'impulsion de l'éditeur d'estampes Shôzaburô Watanabe (1885-1962).

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Hiroshi Yoshida   1926   "Mer Scintillante"

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Le Shin-Hanga, tout en le renouvelant, s'inscrit dans l'héritage et le concept de l'ukiyo-e (images du monde flottant), estampes très populaires au Japon du XVIIe au XIXe siècle.

La production d'une estampe de l'école ukiyo-e, tout comme celle du mouvement Shin-Hanga, est une œuvre collective qui nécessite le concours du traditionnel quatuor : peintre, graveur, imprimeur, éditeur.

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Koitsu Tsuchiya   1933  "Pont de Benkei la nuit" 
 

Libéré de toutes contraintes techniques par le travail complémentaire des artisans, l'artiste ne se préoccupe que de sa seule tâche de peintre.

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Kawase Hasui   1935   "Neige à Miyajima". 

L'ukiyo-e traite de multiples scènes populaires, le Shin-Hanga, tout en conservant les thèmes traditionnels, s'approprie les techniques issues de l'art occidental : perspective italienne, dégradés de couleurs très élaborés, utilisation du clair-obscur…

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Ito Shinsui    "Le soir, vent sur Ooshima"

 
Les artistes du mouvement 
Shin-Hanga, influencés par les impressionnistes, privilégient les paysages (sansui-ga) et les thèmes de nuit, de neige, de brume, de pluie, qu'ils imprègnent d'un jeu d'ombres et de lumières...

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Shiro Kasamatsu   1938   "Soir de pluie sur l'étang de Shinobazu".

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 Hiroshi Yoshida (1876-1950), Koitsu Tsuchiya (1879-1949), Kawase Hasui (1883-1957), Itô Shinsui (1898-1972), Shiro Kasamatsu (1898-1992), Ito Takashi (1894-1982), seront des paysagistes majeurs de ce mouvement.

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Ito Takashi   1932   "Lac Towada"

Le mouvement artistique du Shin-Hanga prit fin en 1962 avec la mort de Shôzaburô Watanabe, mais la société fondée par l'éditeur continuera de produire des estampes et la galerie Watanabe est aujourd'hui encore ouverte à Tokyo.

 

14/01/2011

le Nihonga, peinture tradionnelle japonaise

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Nihonga, par opposition à yôga qualifiant l'art étranger, signifie littéralement peinture (ga) japonaise (nihon).

Issue du groupe des peintures orientales, la peinture japonaise est un héritage des grandes voies picturales chinoises.

Le Nihonga traditionnel est conçu sur la base d'une peinture à l'eau entiérement préparée par l'artiste qui n'utilise que des matériaux naturels : bois, papier, pigments naturels d'oxydes de métaux, de terre ou de coquillages broyés avec de la colle animale.

Le support est un papier marouflé sur bois ou une soie tendue sur cadre.

Dès le debut de l'ère Meiji en 1868, l'impact de l'art occidental sur le Japon fut immense. Confronté à ce déferlement, un mouvement conservateur, le niongha, prit la défense de l'art traditionnel japonais.

Les peintres Kano Hogai (1828-1888) et Hashimoto Gaho (1835-1908), considérés comme les fondateurs du mouvement nihonga, étaient membres de l'association "Kanga-kai" – Société d'appréciation de la peinture de style japonais- fondée en 1884 pour la défense de l'art oriental. 

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Adeptes de la perspective italienne et d'effets d'ombres et de lumières, ils réformeront le vieille école académique Kanô avant de participer à la fondation de l'école des Beaux-Arts de Tôkyô en 1887.

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 Kiyochika Kobayashi  "Torii and Full Moon"  no dated   

 

Leur mouvement inspirera des artistes comme Kobayashi Kiyochika (1847-1915), célèbre pour ses illustrations de livres, et Watanabe Seitei (1851-1918), peintre du mouvement Shin-hanga.

Le Yùgen signifiant "subtil et profond", est souvent évoqué pour qualifier une œuvre de l'école Nihonga.

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Watanabe Seitei    v. 1900   "Birds on Weeping Cherry Tree"
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C'est ce concept qui, dans les thèmes traditionnels du Nihonga tels que les montagnes, les pins, les rivières, les cascades, les nuages, les brumes et la neige, conjugue intimité et poésie propres au Japon.

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Kiyochika Kobayashi   v. 1910   "Coolie Pulling a Rickshaw"

La relative simplicité et le sentiment de sérénité qui se dégagent d'une œuvre Nihonga trouvent probablement leurs origines dans l'un des plus vieux styles de peinture japonaise, le "Yamato-e".* 

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          Kobayashi Kiyoshika     v. 1900   " le Taro Inaru dans les Rizières d'Asukasa" 

De ses débuts à nos jours, le nihonga, au fil des générations de peintres, des styles et des courants successifs, fut l'objet de multiples évolutions.

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    Kobayashi Kiyoshika   1915     "Moon on a Chilly Night at Akashicho" 

Au début du XX° siècle, quelques artistes de la seconde génération nihonga, tout en restant fidèles à la peinture japonaise traditionnelle, s'essaient à l'adapter aux techniques issues du monde occidental.

Ce nouveau style, le mōrōtai-bossen, s'appuie sur la perspective mais le trait du dessin s'estompe au profit des dégradés de couleurs.

Ce courant, encore vigoureux aujourd'hui, doit beaucoup à l'érudit Okakura Kakuzō (1862-1913) également connu sous le nom de Okakura Tenshin, auteur du célèbre "Livre du thé" publié en 1906. 

Okakura Tenshin 1862-1913.jpgOkakura Tenshin fut, en 1887, l'un des principaux fondateurs puis le directeur de la première école des Beaux-Arts du Japon. 

Evincé de son poste en 1898 à la suite d’une lutte de pouvoir, il fonde l'Institut des Arts Japonais (Nihon Bijutsu-in) où se retrouvent  les adeptes de l'art traditionnel et les artistes pratiquant le mōrōtai-bossen ou nouveau nihonga.

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Yokoyama Taikan (1868-1958), proche collaborateur et ami d'Okakura, sera l'un des pionniers du  renouveau de la peinture traditionnelle japonaise.

Son style, où le trait disparaît au profit des combinaisons de couleurs, fut à l'époque, péjorativement qualifié du terme  mōrōtai (mōrō signifiant "confus","vague", "flou "), terme chargé de connotations négatives et cette technique très innovante sera, en son temps, sévèrement critiqué par les peintres traditionnels. 

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Yokoyama Taikan   1958  "Snowy Peack with Cranes"

Yokoyama Taikan n'en restera pas moins l'un des principaux artisans du renouveau de la peinture traditionnelle nihonga et son influence est encore sensible aujourd'hui.

Au fil des années, sous l'impulsion des peintres du courant progressif, les sujets se sont occidentalisés et, si le nihonga est encore enseigné dans les grandes universités japonaises, il est maintenant bien loin de ses racines. 

Blue Birds at Night s.jpg.

*Le Yamato-e est un style pictural propre au Japon qui, inspiré par le bouddhisme Zen, se développe vers le milieu du IX° siècle.  

Considéré comme le style japonais traditionnel, le Yamato-e est un art qui traite de scènes de la vie quotidienne et de thèmes typiquement japonais.

Il résulte d'une réaction et d'une opposition à l'art et aux thèmes chinois perçus à l'époque au Japon comme accessibles aux seuls érudits.

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Watanabe Seitei    v. 1900   "Blue Birds at Night"

 

 

 

 

 
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