23.12.2006
J'élèverai un pont ...
J'élèverai un pont pour t'atteindre et te voir
Interpréter tes sons faire rejaillir l'espoir
Retrouver dans le noir le fil de nos échanges
Et s'ouvrir au savoir intuitif et étrange.
J'élèverai un pont de genêt de bruyère
Frangé d'or et d'ajoncs éclatants de lumière
Un arc-en-ciel ciboire auréolé d'argent
De pépites d'ivoire étoilée de diamants.
J'élèverai ce pont pour toi seul mon enfant
Et ce sera le don d'un coeur à nu vibrant
Comme un volcan perdu dont la flamme soudain
Renaîssant de ses cendres éblouit le chemin.
Yorlane23/06/06
Auguste Rodin "la cathédrale"
1909
Georg Friedrich Haendel
"water Music"
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19.12.2006
Liberté
Prenez du soleil
Dans le creux des mains,
Un peu de soleil
Et partez au loin !
Partez dans le vent,
Suivez votre rêve;
Partez à l'instant,
la jeunesse est brève !
Il est des chemins
Inconnus des hommes,
Il est des chemins
Si aériens !
Ne regrettez pas
Ce que vous quittez.
Regardez, là-bas,
L'horizon briller.
Loin, toujours plus loin,
Partez en chantant !
Le monde appartient
A ceux qui n'ont rien.
Maurice Careme
1899-1978
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14.12.2006
Ode à son nez
Beau nez, dont les rubis ont cousté mainte pipe
De vin blanc et claret
Et duquel la couleur richement participe
Du rouge et du violet;
Gros nez, qui te regarde à travers un grand verre
Te juge encore plus beau :
Tu ne ressembles point au nez de quelque hère
Qui ne boit que de l'eau
Olivier Basselin
(XV°)
Eduard Grutzner
1846-1925
Germany
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13.12.2006
L' automne
L'automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.
Dans l'eau tombent les feuilles sèches
Et sur ses yeux, les folles mèches.
Voici les pèches, les raisins,
J'aime mieux sa joue et ses seins.
Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge?
Le vin qui coule des pressoirs
Est moins traître que ses yeux noirs.
Charles CROS
1842-1888
10:50 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
12.12.2006
Fiesta
Et les verres étaient vides
Et la bouteille brisée
Et le lit était grand ouvert
Et la porte fermée
Et toutes les étoiles de verre
Du bonheur et de la beauté
Resplendissaient dans la poussière
De la chambre mal balayée
Et j'étais ivre mort
Et j'étais feu de joie
Et toi ivre vivante
Toute nue dans mes bras.
Jacques Prévert
1900-1977
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24.11.2006
Je chercherai tes yeux
Dans le bleu de tes yeux
J’ai vu la mer d’Opale.
Dans le bleu de tes yeux
Je me suis envolée.
Ma voile a pris le vent
Voguant sur ta tendresse.
Brel a chanté la mer
Et les dunes, et le vent,
Et les plages de sable
Où dansait La Fanette.
Dans le bleu de tes yeux
J’ai vu passer son ombre.
La mer et puis le vent,
Les dunes de sable blanc
Pour moi c’est un voyage
Commencé dans tes yeux,
Rêve d’un avenir
Qui ne sera jamais.
Vers ces lointains rivages
Un jour je m’en irai
Et mes pas dans les dunes
Chercheront ton empreinte.
Dans le bleu de la mer
Je chercherai tes yeux.
Brigitte
06/07/2005
17:40 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2006
Dans Arles...
Dans Arles, où sont les Alyscams,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses.
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd ;
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Paul-Jean Toulet
1867-1920
15:35 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2006
la postérité
Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité?
fichtre
la belle idée
je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème
ah mais
Raymond Queneau
1903-1976
17:50 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.10.2006
Saltimbanques
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises
Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage
Guillaume Apollinaire
1880 - 1918
painting: Eugène Chambellan
" Les saltimbanques "
1900- musée des Ursulines
Macon
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20.10.2006
Écoutez !
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à
quelqu'un nécessaires?
C'est que quelqu'un désire
qu'elles soient?
C'est que quelqu'un dit perles
ces crachats?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu'à Dieu,
craint d'arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile!
jure qu'il ne peut supporter
son martyre sans étoiles.
Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un :
" Maintenant, tu vas mieux,
n'est-ce pas? T'as plus peur ? Dis ? "
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile?
Vladimir Maïakovski
1893-1930
13:05 Publié dans poèsie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




