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23/01/2017

Vann Nath 1946-2011

Vann Nath.jpgVann Nath, né en 1946 dans le village de Phum Sophy, province de Battambang, était un artiste peintre cambodgien.
Vann Nath grandit à Wat Sopee où il étudie dans la pagode. Sa famille étant très pauvre, dès l'âge de 14 ans, il travaille dans une usine où il perçoit un salaire dérisoire. Respectant la tradition cambodgienne, Vann Nath sert comme moine de 17 à 21 ans.
En 1965, il s'inscrit dans une école privée de peinture. Après deux ans d'études, il parvient à tirer profit de son travail de peintre.
En 1969, Vann Nath crée une petite entreprise et produit des affiches de cinéma et des portraits à l’effigie du roi Norodom Sihanouk.
En avril 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge.
Dans le cadre des réformes agraires du régime, l'artiste et sa famille sont brutalement déportés dans la commune rurale de Norea, près de Battambang, pour y travailler dans les rizières.
Le 29 décembre 1977, Vann Nath, accusé de violer le code moral instauré par l'Angkar*, est arrêté par les Khmers rouges.

Arrestation  Acrylique sur toile  Musée de Toul Sleng  (S-21), du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Arrestation

Acrylique sur toile 

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Emprisonné à Wat Kandal, temple bouddhiste utilisé comme centre de détention, Vann Nath est transféré le 7 janvier 1978 dans une prison de sécurité à Phnom Penh. Cette prison de sécurité, connue sous le nom de S-21 ou Tuol Sleng** par les Khmers rouges, était jusqu'au milieu des années 70 un lycée, qui, construit par les français vers 1950, était appelé Chao Ponhea Yat High School***.

Entrée au S-21  Acrylique sur toile Musée de Toul Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Entrée au S-21"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

En août 1975, quatre mois après que les Khmers rouges aient gagné la guerre civile cambodgienne, le lycée fut transformé en prison. Les cinq bâtiments du complexe furent entourés de barbelés électrifiés et toutes les fenêtres furent munies de barreaux de fer. Les salles de classe furent transformées en de minuscules cellules carcérales et en chambres d'interrogatoire et de torture.

Photographie au S-21  Acrylique sur toile Musée de Toul Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Photographie des arrivants au S-21"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Prisonniers du S-21 attendant leur interrogatoire. Acrylique sur toile Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Prisonniers du S-21 attendant leur interrogatoire"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

De 1975 à 1979, environ 17 000 personnes, hommes, femmes et enfants, ont été emprisonnées, interrogées, torturées puis exécutées à Tuol Sleng et à Choeung Ek.

Interrogatoire au S-21 Acrylique sur toile Musée de Toul Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Interrogatoire au S-21"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Situé à 17 km au sud-ouest de Phnom Penh, Choeung Ek était le lieu principal d'exécution et le charnier de la prison de Tuol Sleng. Choeung Ek, d'une superficie de deux hectares, était sous les ordres de Douch, directeur du centre S-21.

Exécution au camp de Choeung Ek Acrylique sur toile   Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Exécution au camp d'extermination de Choeung Ek"

Acrylique sur toile  

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Le sept janvier 1979, Phnom Penh fut libéré par l'armée vietnamienne. Tuol Sleng ne comptait que sept prisonniers survivants.
Vann Nath fut l'un d'entre eux.

Self portrait Acrylique sur toile   c.1980 Musée de Toul Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Self portrait"

Acrylique sur toile    c.1980 

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Il ne dut sa survie qu’à son talent de peintre. Douch****, l’impitoyable directeur de la prison de Tuol Sleng, l’épargna pour réaliser des portraits de Pol Pot*****.

Portrait de Pol Pot examiné par Douch..jpg

"Portrait de Pol Pot examiné par Douch"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

Dès sa libération, Vann Nath témoigne de l’univers carcéral dans une série de tableaux d’un réalisme brut. Ses toiles seront ensuite de plus en plus souvent exposées au Cambodge et en France, notamment à l’université de Paris VIII qui s’est mobilisée pour perpétuer cette mémoire de l’extrême.

Mère et son enfant lors du génocide c. 1980 Acrylique sur toile 78 x 53 cm Collection privée..jpg

"Mère et son enfant lors du génocide"     c.1980

Acrylique sur toile 78 x 53 cm      Collection privée.

Plusieurs mois après sa libération, Vann Nath fut, durant la décennie suivante, recruté par l'armée cambodgienne pour combattre les Khmers rouges le long de la frontière thaïlandaise.
En 1998, Vann Nath publie l'unique récit écrit par un survivant de la prison: "Dans l’enfer de Tuol Sleng". Ce livre, publié en anglais et en suédois en 1998, sera traduit en français en 2008.

Tortures au S-21 Acrylique sur toile Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Tortures au S-21"

Acrylique sur toile

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

En 2001 et 2002, Vann Nath a travaillé intensivement avec le cinéaste cambodgien Rithy Panh lors de la réalisation d'un film documentaire intitulé "S-21: La machine de mort khmère rouge". Vann Nath, interviewé dans le film, y est confronté aux gardiens de l’époque de la prison de Tuol Sleng.

Vivre auprès des morts Acrylique sur toile   Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge..jpg

"Vivre auprès des morts"

Acrylique sur toile  

Musée de Tuol Sleng du génocide cambodgien, Phnom Penh, Cambodge.

En juin 2009, Vann Nath, quoique malade, témoigne au procès de Douch.

Fin janvier 2011, Vann Nath était à Paris pour la tenue du Forum des Images intitulé "Un état du monde et du cinéma". A cette occasion, il participa à plusieurs débats sur le génocide cambodgien******.

Le 24 mai 2011, l'université de Paris VIII conféra le titre de "docteur honoris causa" à Rithy Panh et à Vann Nath.
Vann Nath est décédé d'un arrêt cardiaque le 5 septembre 2011 dans une clinique de Phnom Penh. Il était âgé de 66 ans.
Artiste unique dans l'histoire du Cambodge, l'infatigable porte-parole des victimes des Khmers rouges laisse un témoignage inestimable de la douloureuse histoire de son pays entre 1975 et 1979.


* l'Angkar dit aussi Angkar padevat (Organisation révolutionnaire) était le nom utilisé par le parti communiste du Kampuchéa (PCK, Parti communiste du Cambodge).
** Ponhea Yat Chao fut le dernier roi de l'empire khmer et le premier roi du Cambodge. Il a régné de 1417/1421 à 1462/1467.
*** Tuol Sleng en khmer signifie "colline des arbres vénéneux" ou "colline empoisonnée". La sinistre prison de Tuol Sleng est devenue depuis janvier 1980 un musée du génocide khmer.
**** Douch ou Duch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, fut, de 1975 à 1979 sous le régime des Khmers rouges, le directeur de la prison S-21 de Phnom Penh. En juillet 2007, Douch fut inculpé pour crimes contre l'humanité. En 2009, il a été condamné en appel à la détention à perpétuité par le tribunal parrainé par l'ONU.
***** Pol Pot, de son vrai nom Saloth Sâr (1925-1998), fut, à partir de 1975, le chef principal du régime communiste cambodgien appelé Kampuchéa démocratique. Pol Pot est décédé en 1998 à Anlong Veng, petite ville du nord du Cambodge près de la frontière thaïlandaise.
****** Les crimes perpétrés sous le régime des Khmers rouges sont souvent désignés sous le nom de génocide cambodgien mais la qualification de génocide n'est pas reconnue sur le plan international pour le Cambodge. Il n'existe pas de consensus sur le nombre total de victimes; toutefois, les 1,7 million de morts -soit 21% de la population cambodgienne de l'époque-, évalués par le programme d'étude sur le génocide cambodgien de l'Université Yale, semblent de nos jours le chiffre le plus crédible.

01/01/2017

Louis Léopold Boilly 1761-1845

Louis Boilly.jpgLéopold Boilly, né à La Bassée près de Lille en 1761, était un peintre portraitiste, miniaturiste et graveur français.
Fils d'un sculpteur sur bois, il est élevé à Douai, où, jusqu'à l'âge de dix-sept ans, il s'initie à la peinture auprès du professeur de l'académie d'art de la ville, Charles-Alexandre-Joseph Caullet (1741-1825).
Dès 1778, à Arras, il étudie la technique de la peinture en trompe-l'œil auprès de Dominique Doncre (1743-1820).

A trompe-l'oeil with a man's head through a canvas Huile sur toile 61 x 47 cm Collection privée..JPG

 "A trompe-l'oeil with a man's head through a canvas"

Huile sur toile   61 x 47 cm         Collection privée.

En 1785, il s'établit à Paris où il peint des scènes de rue et de la vie quotidienne.

L'averse, dit aussi Passez, payez c. 1805 Huile sur toile 32 x 40 cm Musée du Louvre, Paris..jpg

"L'averse"  dit aussi "Passez, payez"   c.1805

Huile sur toile  32 x 40 cm        Musée du Louvre, Paris.

Il exécute également des scènes de boudoir fort appréciées des riches amateurs d’art de l’Ancien Régime.

La visite reçue  1789 Huile sur toile 45 x 55 cm  Musée de l'hôtel Sandelin, Saint-Omer, France..jpg

"La visite reçue"     1789

Huile sur toile  45 x 55 cm   Musée de l'hôtel Sandelin, Saint-Omer, France.

Après 1789, cette catégorie traditionnelle d’acheteurs disparue, Boilly s'oriente vers la peinture de portraits. Il réalise des portraits de petit format, environ 22 x 16 cm, qui, peints rapidement, sont d’un prix raisonnable pour l’acheteur.

Portrait de femme Huile sur toile 18 x 13 cm Collection privée..JPG

"Portrait de femme"

Huile sur toile  18 x 13 cm        Collection privée.

Boilly remporte un grand succès, il réalisera environ 4 000 de ces petits portraits au cours de sa carrière.

Portrait d'un homme au gilet jaune  Huile sur papier marouflé sur toile 21,5 x 16,5 cm Collection privée..JPG

"Portrait d'un homme au gilet jaune"

Huile sur papier marouflé sur toile 21,5 x 16,5 cm      Collection privée.

Entre 1789 et 1791, il peint une série de huit œuvres pour le riche collectionneur avignonnais Esprit-Claude-François Calvet. Exécutées sur des thèmes imposés par Calvet, ces petites scènes de sujet moralisateur ou galant évoquent le genre et l'esprit de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

L'Amant jaloux 1791 Huile sur toile 46 x 55 cm Musée de l'Hôtel Sandelin, Saint-Omer, France..jpg

"L'Amant jaloux"      1791

Huile sur toile    46 x 55 cm

Musée de l'Hôtel Sandelin, Saint-Omer, France.

Boilly expose pour la première fois au Salon de 1791. Il y est reconnu tant pour ses portraits et ses peintures en trompe-l'œil que pour ses scènes de genre aux thèmes galants ou grivois.

Honni soit qui mal y pense  Huile sur toile 42,2 x 32,5 cm  Collection privée..JPG

"Honni soit qui mal y pense

Huile sur toile   42,2 x 32,5 cm        Collection privée.

En 1794, dénoncé pour obscénité par le peintre révolutionnaire puritain Jean-Baptiste Wicar (1762-1834), la Société Républicaine des Arts le menace de poursuites par le Comité de salut public. Pour sa défense, Boilly invite les membres du Comité dans son atelier où il expose une série de toiles relevant de thèmes patriotiques.

Maximilien Robespierre c.1791 Huile sur toile 41 x 32 cm  Palais des Beaux-Arts de Lille, France..jpg

"Maximilien Robespierre"      c.1791

Huile sur toile  41 x 32 cm   Palais des Beaux-Arts de Lille, France.

Le chanteur Simon Chenard (1758-1832), en costume de Sans-Culotte 1792  Huile sur panneau 33,5 x 22,5 cm Musée Carnavalet, Paris..jpg

"Le chanteur Simon Chenard (1758-1832), en costume de Sans-Culotte"  1792

Huile sur panneau   33,5 x 22,5 cm         Musée Carnavalet, Paris.

Les peintures de Boilly, finement observées puis minutieusement exécutées, reflètent toute la diversité des coutumes et des costumes de la vie parisienne entre la Révolution et la fin de la Seconde Restauration.

Une dame accoudée à une table Huile sur carton 18,5 x 14,5 cm Collection privée..JPG

"Une dame accoudée à une table

Huile sur carton 18,5 x 14,5 cm       Collection privée.

Louis Léopold Boilly exposa régulièrement au Salon du Louvre de 1791 à 1824.
Son travail, très apprécié du public, fut récompensé d'une médaille d'or en 1804.

Intérieur d’un café c.1824  Huile sur toile  Musée Condé, Chantilly, France..jpg

"La partie de dames au café Lamblin au Palais-Royal"   c.1824 

Huile sur toile  38 x 55 cm        Musée Condé, Chantilly, France.

Entre 1823 et 1826, Boilly exécute une série de 92 lithographies satiriques. Elles seront ensuite publiées par le cabinet parisien du portraitiste lithographe François-Séraphin Delpech (1778- 1825) dans le "Recueil de grimaces".

Les Grimaces (2).jpg"

"Les Grimaces"

Louis Léopold Boilly, nommé chevalier de la Légion d'honneur, devient membre de l'Institut de France en 1833.

Le jeune porteur de lettre Huile sur papier marouflé sur toile 31 x 22,5 cm Collection privée..JPG

"Le jeune porteur de lettre"

Huile sur papier marouflé sur toile  31 x 22,5 cm     Collection privée.

Son œuvre compte environ 4500 portraits et 500 scènes de genre. Passé de mode après "Les Trois Glorieuses" de 1830, son travail reste aujourd'hui très apprécié pour son intérêt documentaire et historique.

Une loge, un jour de spectacle gratuit 1830 Musée Lambinet, Versailles.jpg

"Une loge, un jour de spectacle gratuit"     1830

Huile sur toile 32,5 x 41,5 cm      Musée Lambinet, Versailles

Louis Léopold Boilly est décédé à Paris en 1845 à l'âge de 83 ans.

En marge des grands courants picturaux de son temps, Boilly fut certainement l’un des artistes français les plus originaux des XVIII° et XIX° siècles.

Portrait d'une femme au turban Huile sur toile 22 x 17 cm Collection privée..JPG

"Portrait d'une femme au turban"

Huile sur toile  22 x 17 cm       Collection privée.

Ses trois fils, Julien Léopold (1796-1874), Édouard (1799-1854) et Alphonse Léopold (1801-1867), furent eux aussi artistes peintres.
En France, quelques-unes des toiles de Louis Léopold Boilly figurent dans les musées parisiens du Louvre, des Arts Décoratifs, Marmottan, Carnavalet, au palais des Beaux-Arts de Lille, au musée Sandelin de Saint-Omer, au musée Magnin de Dijon et au musée des Beaux-Arts de Rouen.

Portrait du compositeur François-Adrien Boieldieu 1800 Huile sur toile 65,5 x 54,5 cm Musée des Beaux-Arts Rouen, France..jpg

"Portrait du compositeur François-Adrien Boieldieu"    1800

Huile sur toile  65,5 x 54,5 cm    Musée des Beaux-Arts, Rouen, France.

Son travail est également exposé aux États-Unis, à l'Art Institute de Chicago, à la National Gallery de Washington, en Russie, au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et trois autres de ses toiles sont la propriété de la Wallace Collection de Londres.

Portrait d'un homme au cheveux blancs 1807 Huile sur toile 21,9 x 17 cm Collection privée..JPG

"Portrait d'un homme au cheveux blancs"    1807

Huile sur toile  21,9 x 17 cm      Collection privée.

En 1995-96, aux États-Unis, une importante exposition du travail de Boilly fut organisée au Kimbell Art Museum de Forth Worth et à la National Gallery of Art de Washington.

Portrait d'une jeune femme Huile sur toile 21,5 x 16,5 cm Collection privée..JPG

"Portrait d'une jeune femme"

Huile sur toile   21,5 x 16,5 cm          Collection privée.

A l'automne 2011, le Palais des Beaux-Arts de Lille présentait la première grande rétrospective de l’œuvre de Louis Boilly depuis 1930. Organisée à l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance du peintre, l’exposition présentait 190 peintures et dessins en provenance de musées de France et de grands musées américains, anglais et russes.

16/11/2016

Osman Hamdi Bey 1842-1910

Osman Hamdi.jpgOsman Hamdi Bey, né en 1842 à Istanbul, était un peintre et archéologue turc.
Fils aîné du Grand vizir İbrahim Edhem Pacha, Osman Hamdi révéla très jeune des dispositions artistiques, notamment un don particulier pour le dessin et la peinture.
Dès 1856, après avoir fréquenté l'école publique de Beşiktaş, il suit les cours de la faculté de droit de Constantinople.
En 1860, envoyé par son père parfaire ses études juridiques à Paris, il perfectionne parallèlement sa technique picturale.

Deux jeunes musiciennes 1880 Huile sur toile  58 x 39 cm  Pera Museum, Istanbul, Turkey..jpg

"Deux jeunes musiciennes"      1880

Huile sur toile  58 x 39 cm     Pera Museum, Istanbul, Turkey.

A l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, il étudie sous la direction de Jean-Léon Gérôme (1824-1904) et de Louis Boulanger (1806-1867).

De retour en Turquie en 1869, il est chargé d'un poste à la Direction des Affaires Etrangères de la province de Bagdad.
Cette ville éveillant sa curiosité pour l'histoire et l'archéologie, il participe à plusieurs fouilles.

A Lady of Constantinople 1881 Huile sur toile 185 x 109 cm Collection privée..jpg

"A Lady of Constantinople"  1881

Huile sur toile  185 x 109 cm       Collection privée.

De retour à Istanbul en 1871, Osman Hamdi Bey est nommé aide du chef du protocole du Palais impérial.

Jeune femme  cueillant des lilas 1881  Huile sur toile Pera Museum, Istanbul, Turkey..jpg

"Jeune femme cueillant des lilas"     1881 

Huile sur toile       Pera Museum, Istanbul, Turkey.

Dès 1881, il entreprend la fondation d'un musée archéologique qui sera inauguré le 13 juin 1891. Hamdi Bey devint ainsi le directeur du premier musée de Turquie qu'il baptisa Müze-i Humayun, "Musée de l’Empire". Ce musée est aujourd'hui le musée archéologique d'Istanbul.

La mosquée verte, Bursa 1882 Huile sur toile 185 x 100 cm Collection privée..jpg

"La mosquée verte, Bursa"    1882

Huile sur toile 185 x 100 cm     Collection privée.

En 1883, Osman Hamdi fit construire, face au musée archéologique, l'institut des Beaux-Arts, qui sera la première institution turque consacrée aux arts contemporains. Le bâtiment abrite de nos jours le musée de l’Orient Ancien.

A la porte de la mosquée 1891 Huile sur toile Penn Museum, Philadelphie, États-Unis..jpg

"A la porte de la mosquée"     1891

Huile sur toile       Penn Museum, Philadelphie, États-Unis.

Poursuivant conjointement ses activités picturales, en 1884, il fit construire un pavillon d'été à Eskihisar, village de la banlieue de Gebze, pour en faire son atelier.
Cet atelier, aujourd'hui propriété de l’État, est devenu depuis 1987 le musée de la Maison d’Osman Hamdi Bey. Il y figure des objets ayant appartenu au célèbre archéologue, des photos d'époque et, les originaux étant détenus par des collectionneurs privés ou de grands musées à travers le monde, des copies de ses tableaux.

Ab-ı Hayat Çeşmesi La fontaine, source de vie 1904  Huile sur toile Archeology Museum, Istanbul Turkey..jpg

"Ab-ı Hayat Çeşmesi"  "La fontaine, source de vie" 1904 

Huile sur toile      Archeology Museum, Istanbul Turkey.

Ab-ı Hayat Çeşmesi Détail..jpg

"Ab-ı Hayat Çeşmesi"     Détail.

Hamdi Bey dirigea les premières recherches d'antiquités et les premières fouilles archéologiques à la tête des équipes turques de chercheurs à Sidon au Liban. En 1887, Il y mit au jour plusieurs sarcophages, dont le "sarcophage d'Alexandre le Grand" considéré comme une des merveilles archéologiques visibles au musée d'Istanbul.

Le dresseur de tortues  1906 Huile sur toile  221,5 x 120 cm Pera Museum, Istanbul, Turkey..jpg

"Le dresseur de tortues"     1906

Huile sur toile  221,5 x 120 cm      Pera Museum, Istanbul, Turkey.

Osman Hamdi Bey est décédé en 1910 dans sa villa sur le Bosphore d'Istanbul Kurucesme.

Le marchand d'armes 1908 Huile sur toile 175 x 130 cm  Resim ve Heykel Müzesi, Ankara, Turkey..jpg

"Le marchand d'armes"    1908

Huile sur toile  175 x 130 cm    Resim ve Heykel Müzesi, Ankara, Turkey.

L'écrivain public  1910 Huile sur toile 77 x 110 cm Sakıp Sabancı Museum, Istanbul..jpg

"L'écrivain public"      1910

Huile sur toile  77 x 110 cm     Sakıp Sabancı Museum, Istanbul.

Très apprécié dans son pays, Osman Hamdi Bey compte parmi les grands noms de la peinture turque. Ses tableaux, outre des collections privées, figurent dans plusieurs musées turcs et étrangers.

28/10/2016

L'Exotisme en peinture

Etienne Dinet La Ronde.jpg

Etienne Dinet    1861-1929            France

 "La Ronde"

Etienne Dinet  La Balançoire  1900 Huile sur toile Musée des Beaux-Arts, Reims, France..jpg

Etienne Dinet    1861-1929            France

"La Balançoire"      1900

Huile sur toile       Musée des Beaux-Arts, Reims, France.

Etienne Dinet 1861-1929  France Fillettes sautant à la corde  Huile sur toile  100,5 x 85 cm Collection privée..jpg

Etienne Dinet    1861-1929            France

"Fillettes sautant à la corde"

  Huile sur toile  100,5 x 85 cm          Collection privée.

26/10/2016

L'Exotisme en peinture

Etienne Dinet 1861-1929  France la traversée de l'oued Huile sur toile 69 x 100 cm Collection privée..jpg

Etienne Dinet   1861-1929      France

"La traversée de l'oued"

Huile sur toile   69 x 100 cm     Collection privée.

Etienne Dinet Jeu de la koura Huile sur toile Collection privée..jpg

Etienne Dinet   1861-1929      France

"Le jeu de la koura"

Huile sur toile            Collection privée.

Etienne Dinet Jeux d'enfants Huile sur toile Collecction privée..jpg

Etienne Dinet   1861-1929       France

"Jeux d'enfants"

Huile sur toile         Collection privée.

22/10/2016

L'Exotisme en peinture

Charles Gleyre 1806-1874 Switzerland Trois Fellahs 1835 crayon et aquarelle sur papier 24,4 × 32,9 cm Musée des Beaux-Arts, Lausanne, Switzerland..jpg

Charles Gleyre   1806-1874       Switzerland

"Trois Fellahs"    1835

Crayon et aquarelle sur papier   24,4 × 32,9 cm

Musée des Beaux-Arts, Lausanne, Switzerland.

Vahram Manavian 1880-1952 Arménie Little Shoe Polishers.jpg

Vahram Manavian   1880-1952       Arménia

"Little Shoe Polishers"

Léon Luret 18..-1969 France Portrait de famille Huile sur toile Collection privée..jpg

Léon Luret    18..-1969       France

"Portrait de famille"

Huile sur toile       Collection privée.

27/09/2016

Shin Yun-bok dit Hyewon 1758-c.1813

Connu sous le pseudonyme de Hyewon, Shin Yun-bok, né en 1758 dans le royaume de Joseon*, était un peintre coréen.

La danse de l´épée Musée d'art Gansong, Séoul..JPG

"La danse de l'épée"

Musée d'art Gansong, Séoul.

Sous la dynastie Joseon, le métier de peintre était souvent héréditaire. Le père et le grand-père de Hyewon étaient avant lui peintres de la cour.
Hyewon était le fils de Hanpyeong (1735?-après 1809), peintre à la cour royale qui participa à la réalisation des portraits des rois Yeongjo et Jeongjo.
Hyewon, titulaire du rang de Cheomjeoljesa** à l´institut royal de peinture, exécutait la peinture de portraits, de paysages et d'animaux. Toutefois, comme son rival Danwon, il est essentiellement connu pour sa peinture de genre.

Piano, salle du Lotus Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

"Piano, salle des Lotus"

Musée d'art Gansong, Séoul.

Comme ses collègues Kim Hong Do dit Danwon (1745-1806) et Geungjae (1754-1822), il est célèbre pour ses représentations de la vie quotidienne.
Bien que fortement influencé par son aîné Danwon, Hyewon a su développer son propre style. Danwon peignait la vie quotidienne des paysans mêlée d'une pointe d'humour tandis qu'Hyewon, dans ses peintures de citadins et de gisaeng***, suggérait l'érotisme.

Une réunion secrète sous la lune Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

"Une réunion secrète sous la lune"

Musée d'art Gansong, Séoul.

Contrairement aux méthodes traditionnelles, Hyewon ne laissait aucun espace vide dans ses peintures. Il utilisait des couleurs vives qu'il appliquait d'une touche légère et lumineuse.

Journée festive Dano  Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

"Journée festive Dano

Musée d'art Gansong, Séoul.

Hyewon était particulièrement doué pour représenter les femmes dont il sublimait la beauté avec des couleurs éclatantes. Ce sujet étant novateur, il fut considéré comme un révolutionnaire des normes culturelles, ce qui contribua à son expulsion de l´institut royal de peinture.

Portrait d'une beauté Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

 

 

 

 

Une de ses œuvres les plus célèbres est le "Portrait d'une beauté", peinture sur soie révélatrice des standards de beauté lors de la période Joseon. Les détails très réalistes du hanbok**** sont remarquables.

 

 

 

 

 

 

Musée d'art Gansong, Séoul. 

 

 Hyewon est décédé en 1813. De nos jours, avec ses contemporains Danwon et Owon, il est connu comme l´un des "trois wons" de la peinture du royaume de Joseon.

Les beautés du printemps  Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

"Les beautés du printemps

Musée d'art Gansong, Séoul.

L’album de Hyewon est un album de peintures de genre sur papier contenant 30 œuvres. Il a été acheté en 1930 par Jeon Hyeongpil, le fondateur du musée d’art Gansong, chez un antiquaire d'Osaka. En 1970, cet album a été recensé comme trésor national coréen sous le numéro 135. Il est exposé au musée d’art Gansong de Séoul.

Sortie des jeunes gens Musée d'art Gansong, Séoul..jpg

"Une sortie de jeunes gens"

Musée d'art Gansong, Séoul.

Très réputé dans son pays, Shin Yun-bok fut une source d'influence pour de nombreux artistes coréens.

 

*Joseon : La période Joseon est la période de l'histoire de la Corée au cours de laquelle le pays fut gouverné par la dynastie Joseon. Parfois appelée dynastie Yi, cette dynastie de rois coréens occupa le trône de 1392 à 1910.
** Cheomjeoljesa : Grade de directeur ou de directeur adjoint.
*** gisaeng : Les Gisaeng, parfois appelées Ginyeo, étaient des courtisanes coréennes. Les Giseang tenaient compagnie aux personnalités de haut rang.
**** hanbok : Le hanbok, féminin ou masculin, est le costume traditionnel de la péninsule de Corée. Son nom signifie littéralement "vêtement coréen". Caractérisé par des couleurs vives et des lignes simples, le hanbok ne se porte plus de nos jours que lors des fêtes et des cérémonies.

28/03/2016

Le siège de Paris... 1870

Dès 1840, le roi Louis-Philippe et le ministre président du Conseil Adolphe Thiers décidaient de la construction d'une ceinture fortifiée entourant la capitale.
Le 19 septembre 1870, la ville de Paris est encerclée par les armées prussiennes. Retranchée derrière les fortifications érigées de 1841 à 1844, la population parisienne, défendue par près de 220 000 hommes, espère encore résister et vaincre. Mais les tentatives de sorties des troupes françaises se soldent toutes par des échecs successifs et de lourdes pertes humaines.

Ernest Meissonier 1815-1891 France  Le siège de Paris 1884 Huile sur toile 53,5 x 70,5 Musée d'Orsay, France..jpg

Ernest Meissonier   1815-1891     France 

"Le siège de Paris"    1884

Huile sur toile 53,5 x 70,5 cm     Musée d'Orsay, France.

Paris compte à l'époque environ 1 830 000 habitants et 200 000 réfugiés venus des proches banlieues.

Les réserves de vivres de la ville, bien qu'abondantes, sont rapidement consommées et l'absence de tout rationnement organisé favorise une spéculation féroce sur les produits alimentaires.

Henri Pille 1844-1897 France Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870 Huile sur toile 65 x 81 cm  Musée Carnavalet, Paris..JPG

Henri Pille  1844-1897       France

"Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870"

Huile sur toile   65 x 81 cm      Musée Carnavalet, Paris.

Début octobre 1870, le gouvernement décide d’ouvrir des boucheries municipales. La pénurie de viande est telle, que très vite, ces boucheries ne pourront distribuer que quelques dizaines de grammes de viande par personne. Fin octobre, elles ne proposerons plus que du suif.
Dès cette période, des commerces de viandes canines et félines s'installent dans la ville assiégée. Ces boucheries proposent du chat, du chien, des moineaux et même des rats.

Siège de Paris,1870, Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain..jpg

Siège de Paris, 1870

"Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain."

Un marché aux rats est organisé sur la place de l’Hôtel de Ville et des marchands de rongeurs montent des étalages improvisés dans les rues de Paris.

Narcisse Chaillou 1835-1916 France Le dépeceur de rats 1870 Huile sur toile  65 cm x 50 cm Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France..jpg

Narcisse Chaillou   1835-1916      France

"Le dépeceur de rats"    1870

Huile sur toile   65 x 50 cm  

Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France.

Signé à Versailles, l’armistice du 28 janvier 1871 mettra un terme officiel à la guerre franco-prussienne.
Le siège de Paris, après avoir duré 133 jours, s'achèvera dès le 29 janvier 1871 mais les troupes de Guillaume I° ne quitteront la ville que le 3 mars suivant.

Plaque humoristique 1870  Musée de l'Armée, Paris.  La famine du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche..jpg

Plaque humoristique   1870     Musée de l'Armée, Paris.

La famine lors du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche.

L'augmentation de la portée des tirs d'artillerie rendent très vite l'enceinte dite de Thiers ou "Fortifs" obsolète. Dès le 5 janvier 1871, Paris est bombardé par les canons prussiens. Le démantèlement de l'enceinte sera envisagé dès 1882.

Déclassées par la loi du 19 avril 1919, les fortifications, progressivement détruites au cours de la décennie suivante, laissent place à des terrains vagues très rapidement couverts d'abris de fortune et de baraques, "La zone" *. A partir de 1930, ces terrains verront la construction de logements sociaux dits HBM - Habitations à Bon Marché-, d’équipements sportifs et l'aménagement de quelques espaces verts. 

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan..JPG

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan.

Les derniers "zoniers" ne quitteront les lieux que dans les années 1970, lors de l’achèvement du boulevard périphérique.

* Le recensement de 1926 dénombrait plus de 13 500 constructions illicites édifiées sur la zone. La population était estimée à 42 400 habitants, dont 8 000 étrangers.     

13/03/2016

Emile Henri Blanchon 1845-?

Emile-Henri Blanchon 1845.jpgEmile Henri Blanchon, né à Paris en 1845, était un peintre français.
Elève du célèbre peintre académique Alexandre Cabanel (1823-1889), il est connu pour avoir remporté, avec Henri Gervex (1852-1929), le concours organisé en 1878 pour décorer les murs, le plafond et le couloir de la salle des mariages de la nouvelle mairie du XIX° arrondissement de Paris.
Les deux peintres, tournés vers la modernité, présentent des projets innovants pour l'époque et des scènes de la vie quotidienne de l'arrondissement succèderont aux scènes allégoriques et mythologiques traditionnelles.
Henry Gervex peindra "Le port de La Villette", "Le mariage civil" et "Le Bureau de bienfaisance" et Emile Blanchon, "Le Marché aux bestiaux", "La déclaration de naissance" et "L'école d'adultes ou cours du soir".


Au Salon de 1884, Emile Blanchon présente "Un Fort de la Vallée* - Halles Centrales".

Un Fort de la Vallée - Halles Centrales 1884   Huile sur toile 275 x 148 cm Collection privée..jpg

"Un Fort de la Vallée - Halles Centrales"    1884  

Huile sur toile  108,27 x 58,58 cm     Collection privée.

* "La vallée de la misère" ou plus simplement "La Vallée" était le nom donné au pavillon IV de la volaille et du gibier des Halles centrales dessinées en 1854 par l’architecte Victor Baltard. Cet ancien marché, jadis situé sur le quai de la Mégisserie et le quai des Grands-Augustins, était connu sous la dénomination de "la Vallée de la misère" en raison du grand nombre d’animaux abattus dans des conditions de travail déplorables. Au fil du temps "la Vallée de la Misère" devint plus simplement "la Vallée" et ce vieux nom s’imposa à la nouvelle construction lorsque, dès 1866, les marchands de volailles et de gibiers se sont installés dans le pavillon IV des Halles centrales.

Dans le roman publié en 1873, "Le ventre de Paris", Emile Zola, fait souvent allusion au pavillon de la volaille en utilisant l’expression "la Vallée".

Victor Gabriel Gilbert  Un coin des Halles  c.1880  Huile sur toile 235 x 331 cm  Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France..jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin des Halles"   c.1881    Huile sur toile  235 x 331 cm

Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France.

Victor-Gabriel Gilbert  Le marché aux poissons, Halles  centrales   1881.jpg

Victor Gabriel Gilbert 

"Le marché aux poissons, Halles centrales"    1881

Léon Lhermitte  Les Halles 1895 - Huile sur toile 404 x 635 cm  Musée du Petit Palais, Paris..jpg

Léon Lhermitte     "Les Halles"   1895  

Huile sur toile  404 x 635 cm     Musée du Petit Palais, Paris.

Les Forts des Halles.  
L’office des porteurs officiels du marché, créé au XIII° siècle par Saint Louis, regroupe les chasse-marée et la communauté des vendeurs de poisson de mer sur le marché parisien. Suite à l’ordonnance de 1415, les porteurs se voient conférer les titres de “jurés-porteurs" et d’officiers de la Ville de Paris. Nommés par le Prévôt des marchands, ils prêtent serment devant lui et demeurent sous sa compétence directe jusqu’au XVIII° siècle.
A l’image de toutes les corporations, l’office des porteurs est supprimé de 1789 à 1799 avant d’être rétabli au XIX° siècle par Napoléon Bonaparte dans le but d’encadrer et de minimiser les pratiques frauduleuses.

Organisés en syndicats, les porteurs gagneront ensuite leur appellation définitive de “Forts des Halles"**.

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Les conditions d’accès au titre de "Fort" étaient fort rigoureuses.
Les "Forts" devaient être de nationalité française, physiquement très robustes, mesurer plus de 1,67 mètre, avoir plus de 21 ans et moins de 30 ans, être libérés des obligations militaires et posséder un casier judiciaire vierge.
Ils devaient de plus réussir des exercices intellectuels et physiques comportant un test écrit et oral du niveau du certificat d'études primaires ainsi qu’une épreuve de portage d’une charge de 200 kg devant être charriée sur les épaules sur une longueur 60 mètres, soit l’équivalent de la longueur d’un pavillon des Halles.

Les épreuves étaient très sélectives : en moyenne, moins de 40 candidats sur 500 étaient retenus à chaque promotion.

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      Porte-bouquet en faïence fine à décor imprimé polychrome d’un fort des halles serrant la main d’un boulanger et, en arrière-plan, les affichettes du syndicat de la boulangerie et du bulletin des Halles. Début du XX° siècle  D:19,5 cm.

Le nombre de "Forts" était d'environ 700 membres. Ils étaient répartis en sections, une par pavillon où l'on distingue les Forts à viandes, les Forts à volailles, les Forts à légumes, les Forts des hauts fruits, les Forts des beurres, œufs et fromages, les Forts à poissons, etc.

Un coin de la Halle aux poissons, le matin 1880  Huile sur toile  Palais des Beaux-Arts, Lille, France.jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin de la Halle aux poissons, le matin"  1880 

Huile sur toile    Palais des Beaux-Arts, Lille, France.

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Organisés hiérarchiquement autour d’un chef qui porte le titre de syndic, chaque membre se voit décerner une médaille, en argent pour le syndic, en cuivre pour le simple "Fort", où figurent les armes de Paris et qui porte au verso le nom et le numéro d’ordre du détenteur.
La tenue traditionnelle du "Fort" se compose d’une blouse de toile bleue et d’un chapeau de feutre à large bord, le coltin, qui, muni d’une calotte de plomb à l’intérieur, permettait de supporter de lourdes charges "coltinées" sur la tête. Le coltin protégeait non seulement la tête mais aussi le cou et les épaules des "Forts".

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Les "Forts" étaient principalement chargés :
  − Du déchargement et du transport des sacs, cageots et colis de marchandises entre les quais de livraison et les stands des grossistes. Rémunérés au tonnage transporté, les "Forts" avaient l’opportunité de changer de secteur au cours de leur carrière en passant de nouvelles épreuves de force. Les secteurs des volailles (pavillon dit de la Vallée*) et des poissons (la Marée), les moins rémunérateurs, étaient les moins convoités.
  − De la surveillance des marchandises, entre le lieu d’arrivage et l’aire de stockage, par les facteurs***.
  − De l’entreposage dans les resserres des denrées non vendues le jour même.
  − Du contrôle du fonctionnement du marché, du respect des poids et des prix.

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913  Porteurs de farine Huile sur toile 1885 Musée du Petit Palais, Paris.jpg

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913    "Porteurs de farine"  1885

Huile sur toile     Musée du Petit Palais, Paris.

"Les Forts à farine" utilisaient une canne qui, tout en assurant l'équilibre, autorisait la répartition du poids de la charge sur trois points d’appui.

Au début du XX° siècle, la disparition du transport à dos d'homme entraîne le déclin de la profession. Le recrutement cesse définitivement à partir de 1952. A cette date, 710 "Forts" sont encore en activité.

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Le 22 février 1969, date du transfert du marché à Rungis, les 279 derniers "Forts", reclassés dans l'administration de la préfecture de police, étaient chargés de la surveillance et du contrôle du marché.    
La corporation ne survivra pas aux nouvelles conditions de travail mises en place sur le site de Rungis, elle est aujourd’hui disparue. La plupart des derniers "Forts" furent affectés au sein de la police municipale de la ville de Paris.

 ** A l'origine, le terme "Fort des Halles" ne qualifiait pas une personne ou une fonction mais un édifice conçu en 1848 par les architectes Victor Baltard et Félix Callet. Construit en pierre, lourd, laid, massif et inadapté à la vente, le bâtiment sera démoli en 1853 sur ordre de Louis Napoléon Bonaparte.

***Facteur des halles : intermédiaire entre le producteur et l'acheteur chargé de la vente en gros à la criée des denrées alimentaires apportées dans les pavillons des halles. La loi de 1896, visant à lutter contre la fraude, instaure le titre de mandataire en lieu et place des facteurs. Intermédiaires agréés et contrôlés par la préfecture de la Seine, les mandataires sont chargés de la vente, en gros ou en demi-gros et exclusivement sous les pavillons, des denrées expédiées par les producteurs.

Marie- François Firmin-Girard 1838-1921   Les Halles Baltard, Paris   Pavillon des fleurs  Huile sur panneau  27 x 38 cm  Collection privée..jpg

Marie-François Firmin-Girard    1838-1921  

"Les Halles Baltard, Paris, Pavillon des fleurs"

Huile sur panneau    27 x 38 cm      Collection privée.

20/09/2015

Kolë Idromeno 1860-1939

Idromeno01.jpgKolë Idromeno, né Shkodra en 1860, était un peintre et photographe albanais.
En 1875, il se rend à Venise pour y suivre les cours de l'académie des Beaux-Arts. Après six mois d'étude, il délaisse les cours de l'académie et travaille durant deux ans en qualité d'assistant chez un peintre vénitien.

En 1878, Kolë Idromeno est de retour en Albanie.

En 1883, il ouvre un studio photographique à Shkodra et réalise parallèlement son tableau le plus connu, "Motra Tone" -Ma sœur Toné- dite aussi "La Joconde albanaise".

Motra Tone 1883  Huile sur toile 75 x 60 cm National Art Gallery, Tirana.jpg

"Motra Tone"      1883 

Huile sur toile 75 x 60 cm    National Art Gallery, Tirana.

Considérée comme la première œuvre picturale profane albanaise, "Motra Tone" est le portrait de sa sœur aînée vêtue des habits traditionnels de la ville de Shkodra. D'abord conservée au sein de la famille, cette toile, exposée pour la première fois à Tirana en 1954, deviendra un véritable symbole de la culture et de l'art albanais. En 1971, le tableau sera choisi par la poste roumaine pour illustrer une planche de timbres rendant hommage à quelques grandes figures féminines des Balkans.

Un mariage à  Shkodra 1924 Huile sur toile 133 x 94 cm National Art Gallery, Tirana.jpg

"Un mariage à  Shkodra"     1924

Huile sur toile  133 x 94 cm      National Art Gallery, Tirana

Kolë Idromeno, peintre de scènes de genre et de paysages, était également un portraitiste réputé. En 1923, il fut l'organisateur de la première exposition de peinture en Albanie.

Portrait de Gjuzepina 1920  Huile sur toile National Art Gallery, Tirana..jpg

"Portrait de Gjuzepina"    1920 

Huile sur toile      National Art Gallery, Tirana.

Ses toiles ont été exposées à Budapest en 1898, à Rome en 1925 et 1936, à Bari en 1931 et à New York en 1939.

Cour d'une maison à Shkodra 1933 Huile sur toile National Art Gallery, Tirana..jpg

"Cour d'une maison à Shkodra"    1933

Huile sur toile         National Art Gallery, Tirana.

Artiste aux multiples talents, peintre, sculpteur, photographe et architecte, Kolë Idromeno fut également l'un des pionniers de la projection cinématographique en Albanie.

Portrait d'un homme Huile sur toile  National Art Gallery, Tirana..jpg

"Portrait d'un homme"

Huile sur toile      National Art Gallery, Tirana.

Précurseur de l’art réaliste albanais et chef de file de la peinture moderne dans son pays, Kolë Idromeno est décédé en 1939 à l'âge de 79 ans.

 
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