21.06.2006
Adolphe-Félix CALS 1810-1880 "l'inventeur de l'impressionnisme"
Paris 1810 - Honfleur 1880
« Hélas, mon ami, je comprends de moins en moins où vous voulez aller. Vos paysages, voyez-vous, eh bien, pardonnez-moi de vous parler aussi brutalement... mais c'est aussi mauvais que ce que fait ce - comment l'appelez-vous ? - ce Corot ; oui, c'est cela, Corot. Vous me rappelez cela... Voilà où vous en êtes, mon pauvre Cals ! Je vous le dis comme je le pense. » Léon Cogniet à son élève Cals -
L'apprentissage chez le graveur Anselin à Paris lui profite plus que le passage dans l'atelier de Léon Cogniet. Il fit très tôt de la peinture une pratique du bonheur - ainsi le voyait son biographe Arsène Alexandre - ...... Il peignait parfois avec Daubigny autour de Paris et partageait avec lui la même attirance pour les tons rompus et voilés. Ses débuts furent aussi ceux d'un sage portraitiste exposant régulièrement depuis 1835 portraits et paysages au Salon annuel .....
Il osera cependant en 1863 le Salon des Refusés et se retrouvera aux côtés des intransigeants pour l'exposition de 1879 avec Degas, Forain, Monet, Pissarro, Zandomeneghi... . il fut sorti par le père Martine et le Comte Doria ....
Commence alors la seconde période de sa vie. Sa manière, moins brune, est toute aussi profonde et fouillée. Les tonalités plus grises établissent le lien avec deux peintres qu'il admirait profondément, Corot et Jongkind. On trouve à cette époque beaucoup de figures absorbées dans des taches quotidiennes, dans la grande tradition de Rembrandt et de Chardin.
À partir de 1871 Cals partagea sa vie entre Paris et Honfleur. Son amitié avec Jongkind, puis, lorsqu'il s'installe à Honfleur en 1873, ses relations avec les peintres de la Ferme Saint-Siméon, le placent dans les précurseurs de l'impressionnisme, avec des oeuvres comme soleil couchant à Honfleur en 1873, ou le déjeuner à Honfleur de 1875 - Musée d'Orsay à Paris - ... Il prit part aux expositions des Impressionnistes, dès la première en 1874 - à l'invitation de Claude Monet - puis en 1876, 1877, 1879 et 1881...
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Cals
Cals se retrouve désormais seul avec sa fille à Honfleur pour y vivre des jours heureux. Sa manière est toujours entachée de ce gris qui fera dire à Victor Jannesson dans un ouvrage sur Cals daté de 1913 : « Pour notre part, nous préférerions encore un léger excès de cette couleur qui est celle des temps couverts, à la profusion de violet dont certains peintres inondent aujourd'hui leurs tableaux, sous prétexte qu'on en voit partout dans la nature - eux, mais pas nous - et que cette teinte, disent-ils, est favorable à la perspective .».
Les années 70 jusqu'à la mort de l'artiste en 1880 engendrent une troisième manière, « la plus large de toutes, la plus puissante, et la plus vraiment humaine » .... Il se concentre sur la mer, le port, les métiers de la marine, motifs sévères et graves encore. Les personnages sont enfouis en eux-mêmes et eux-mêmes enfouis dans la peinture...........
Le Musée Eugène Boudin conserve cinq portraits peints par Cals : ceux de Monsieur et Madame Martin, celui de Claudine sa servante, celui de sa fille, Marie et celui d'une femme de Honfleur. Firmin Martin, évoqué par un portrait en clair obscur, dans la veine de Rembrandt, est un des marchands de peintures de Barbizon et des pré-impressionnistes. Les portraits de Cals, sensibles, laissent transparaître l'âme du modèle ....
« Que depuis plus de vingt cinq ans la meilleure critique proclame que Adolphe Félix Cals est le véritable inventeur de l'impressionnisme ne change rien à son déficit de notoriété. Le terme a peu de sens en l'histoire de l'art, cependant Cals a bien empiriquement mis au point cette touche courte, régulière et surtout transparente qui restitue les vibrations de la lumière gris-bleu et donne ce sentiment d'espace et de liberté .....
De la génération à laquelle il est associé, Cals est le plus âgé. Il est né en 1810. C'est pourquoi, dans sa quête solitaire, modeste et inventive des impressions méditatives, si proche de Monet des années 80 entre Etretat et Giverny, il constitue le chaînon méconnu entre Corot et le plein impressionnisme éclatant. ....
Comme Courbet, Huet, Corot, Monet, Cals, appartient bien à ce courant de la peinture qui cherche à transcrire cette physique des éléments, si manifeste en Normandie, aussi primordiale que la captation de la lumière .»
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Adolphe Félix Cals
















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20.06.2006
Stanislas LEPINE Caen, 1836-Paris,1892
Stanislas Lépine vint à Paris en 1855 et entra en apprentissage en 1860 dans l'atelier de Corot, dont il copia certains tableaux. Il rencontra Fantin-Latour qui, plus d'une fois, dut lui venir en aide financièrement. Lépine , par l'éclaircisement de sa palette , sut comprendre l'esprit de son maître conservant toujours comme lui le goût passionné de la nature. Inconnu à son époque, il resta toujours à l'écart de toute vie de groupe. Il exposa pour la première fois en 1859 et ne cessa jamais d'envoyer de ses peintures aux salons.Il préfigura les peintres impressionnistes avec lesquels il exposa d'ailleurs en 1874.
Paris, le pont des Arts peint entre 1878 et 1883 et La vue de la Seine et du Trocadéro sont, par bien des aspects, représentatifs de l'art de Lépine, peintre inconditionnel de Paris et tout particulièrement des quais de la Seine. Dans ces paysages au sein desquels la figure humaine est souvent pratiquement exclue ou réduite à l'état de pictogramme . L'artiste a su rendre avec sensibilité l'atmosphère de la saison dans cette scène où l'on distingue, à droite, le dôme de l'Institut de France et, au fond, les tours de Notre-Dame. L'absence quasi totale d'agitation illustre, tout autant que la palette nuancée, la délicatesse des paysages de Lépine.
Observateur attentif des conditions et des changements atmosphèriques , Lépine aimait à jouer de tons gris délicats qui lui suffisaient pour noter avec exactitude la qualité de la lumière. Sa palette est ainsi plus claire que celle des peintres de l'école de Barbizon et l'on considère souvent Lépine, avec Boudin et Cals, comme un de ceux qui, avec à peine quelques années d'avance, préparèrent la voie aux paysages impressionnistes.
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Lépine ......la rue saint vincent ..montmartre
Stanislas Lépine choisit comme thème de ses compositions les rives de la Seine, le bassin de la Villette, la proche banlieue. La rue Saint-Vincent suggère le décor quotidien familier au peintre qui vécut à Montmartre, vieux village englobé par Paris lors de la réforme administrative de 1859 (création de huit nouveaux arrondissements à Paris). Longée de bâtisses aux façades irrégulières, inclinées, aux toits pentus découpant le ciel, se mêlant aux frondaisons, tortueuse, étroite, accidentée, la rue évoque ici la ville "d'Ancien Régime". Visage du Paris pré-hausmmannien, la rue Saint-Vincent s'anime au premier plan de figures pittoresques. Cette toile évoque le Paris de Balzac : rues étroites, sales, mal éclairées ou encore celui décrit par Zola dans L'Assommoir (1877) : " La maison paraissait d'autant plus colossale qu'elle s'élevait entre deux petites constructions basses, chétives, collées contre elle ; et, carrée, pareille à un bloc de mortier gâché grossièrement, se pourrissant et s'émiettant sous la pluie, elle profilait, sur le ciel clair, au-dessus des toits voisins, son énorme cube brut, ses flancs non crépis, couleur de boue, d'une nudité interminable de murs de prison. Les fenêtres sans persiennes montraient des vitres nues, d'un vert glauque d'eau trouble... Du haut en bas, les logements trop petits crevaient au-dehors, lâchaient des bouts de leur misère par toutes les fentes...".
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Stanislas Lépine



























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