28/08/2011
Autoportraits au pastel










17:42 Publié dans peintres-autoportraits, peintres-pastellistes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : peintre pastelliste, painter pastellist, pintor pastelliste, maler pastelliste, pittore pastelliste |
Facebook
08/08/2011
Joseph Ducreux 1735-1802
Joseph Ducreux, né à Nancy en 1735, est un portraitiste, pastelliste et graveur lorrain.
A Nancy, Il étudie et travaille dans l'atelier de son père, Charles Ducreux qui fut le premier peintre de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne déchu et duc de Lorraine.
Venu à Paris en 1760, Joseph Ducreux sera l'élève de Maurice-Quentin Delatour (1704-1788), spécialiste réputé du portrait au pastel.
Le nancéien fut l'un des rares élèves connus de Delatour mais il est fort probable qu'il possédait déjà un bon niveau pictural lors de son arrivée à Paris.

.
.
Ducreux perfectionnera également sa technique dans l'atelier de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) .
.Dans ses nombreux autoportraits, le nancéien tout en explorant la traditionnelle "expression des passions", rompt délibérément avec les représentations classiques de l'autoportrait.
Comme son maître Delatour, il se concentre sur le visage humain qu'il veut vivant, très expressif, voire spirituel.

Il se représente silencieux, surpris, grimaçant, baîllant ou ricanant en se montrant du doigt. Il se moque en fait d'un public qui, bien que béotien, ne se gêne en rien pour critiquer la peinture

Dans l'un de ses autoportraits dit "en moqueur" exécuté en 1793, Ducreux semble s'être inspiré de l'autoportrait réalisé par Delatour en 1737 dit "Autoportrait à l'index" ou "L'auteur qui rit".


Joseph Ducreux n’était pas officier de marine. Il est fort probable qu'il se soit déguisé pour réaliser cet autoportrait.
L'artiste a d'autres titres de gloire que ses autoportraits.
En 1769, à l'âge de 34 ans, il sera choisi pour être envoyé à Vienne et y peindre l’archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette, avant qu’elle ne quitte son pays natal pour épouser Louis XVI.

Elevé par la suite au titre de baron pour service rendu, il deviendra le premier peintre de la Reine.
Jusqu'en 1789, Ducreux exécute des portraits de la Cour de France, d’Allemagne et d’Angleterre.

En dépit de ses relations privilégiées avec la famille royale, il parvint à traverser la période révolutionnaire sans être inquiété. Tout d'abord réfugié à Londres, Ducreux revient à Paris en 1793 où il s'associe avec le peintre néoclassique Jacques-Louis David (1748-1825), président du club des Jacobins et ami de Robespierre.
Devenu, par l'entremise de David, l'un des peintres favoris des dirigeants politiques de l'époque, il présente à chaque Salon du Louvre une série de portraits dont ceux de Saint-Just, de Georges Couthon et de Maximilien Robespierre.

Il sera également l'auteur de l'un des derniers portraits connus de Louis XVI.
Il est vraisemblable que ce soit durant le procès du roi, en décembre 1792, que Ducreux eut l’occasion d'en prendre des croquis..

.
.
.
.
.
.
.
.
Louis XVI, fusain avec rehauts de craie sur papier bleuté
Paris, musée Carnavalet.
.
.
.
.
.
En avril 1793, la Convention Nationale lui octroie un logement au Louvre et il exposera au Salon jusqu'en 1801.
Joseph Ducreux est décédé à Paris en juillet 1802.
Les œuvres de l'artiste tomberont ensuite dans une longue période d'oubli. Curieusement, fin 2009, l'artiste connaîtra un regain de célébrité.
Les rappeurs s'étant identifiés dans l'un de ses autoportraits dit "en moqueur", l'image de ce portrait, abondamment commentée, s'est propagée et multipliée sur le Net.
14:42 Publié dans peintres-pastellistes, peintres-portraitistes | Lien permanent | Commentaires (1) |
Facebook
03/08/2011
Maurice-Quentin Delatour 1704-1788

"Le prince des pastellistes".
Maurice-Quentin Delatour - dit aussi Quentin de La Tour, graphie admise par l'usage - était un peintre français spécialisé dans l'art du portrait et dans la technique du pastel.
Né à Saint-Quentin dans l'Aisne en 1704, issu d'une famille bourgeoise et cultivée, il éprouve, dès son enfance, une passion pour le dessin.
Dès l'âge de 15 ans, il se rend à Paris pour y rencontrer et prendre conseil auprès du célèbre Nicolas Henri Tardieu (1674-1749), graveur ordinaire du roi qui le recommandera au peintre flamand Jean-Jacques Spoëde (1680-1757), artiste ami de Jean-Antoine Watteau.
En octobre 1719, Delatour entre en apprentissage dans l'atelier parisien du peintre Claude Dupouch, petit maître et professeur à l'académie de Saint-Luc.

En dépit d'un contrat de six ans passé avec Dupouch, Delatour mène une existence itinérante durant plusieurs années. Son périple le conduit à Reims en octobre 1722 à l'heure même où le sacre de Louis XV y attire une foule de courtisans et des célébrités venue de l'Europe entière. En 1723, il est de retour à Saint-Quentin.
Au début de 1724, Il se rend à Cambrai,où, muni de lettres de recommandation, il assiste au congrès diplomatique qui, organisé par la France et l'Angleterre, visait à régler un différend entre l'Espagne et l'empereur germanique.
De Cambrai datent ses premiers portraits connus. Le dictionnaire des pastellistes avant 1800 - "Dictionary of pastellists before 1800"- de Neil Jeffares mentionne un portrait de la marquise de Beretti-Landi, épouse de l'ambassadeur d'Espagne exécuté à Cambrai en 1725. Il est également fort probable que c'est au congrès de Cambrai que s'établirent des relations amicales entre Voltaire, déjà fort connu à l'époque, et Delatour.
Lors de ce congrès, le talent de Delatour devait être fort apprécié puisque l'ambassadeur d'Angleterre usa de toutes les ressources de la diplomatie pour emmener l'artiste à Londres. Delatour séjournera environ deux ans en Angleterre et ce n'est qu'à l'âge de 23 ans qu'il se fixera définitivement à Paris en 1727.
A Paris, influencé par le succès du pastelliste Joseph Vivien (1657-1734) et surtout par le triomphe de la vénitienne Rosalba Carriera (1675-1757) venue à Paris en 1720 et reçue à l'Académie royale de peinture en 1721, Delatour se consacre à un seul genre, le portrait, et à une unique technique, le pastel.
En 1733, il rencontre Louis de Boullogne fils (1654-1733), premier peintre du roi Louis XV, et Jean Restout le jeune (1692-1768).

"Jean Restout " (1692-1768), étude probablement réalisée pour l'envoi du morceau de réception à l'Académie en 1746 musée Antoine Lécuyer
En 1735, Voltaire sollicitant son portrait, Delatour en réalisera plusieurs dessins préparatoires. Si deux d'entre eux sont connus, l'un se trouve au musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin et le second au National Muséum de Stockholm, l'oeuvre définitive, datée de 1736, sera malheureusement perdue.

Cette commande prestigieuse assure une certaine notoriété à Delatour et Voltaire, enchanté du résultat, en fera son portrait officiel. Le portrait sera gravé et reproduit plusieurs fois au pastel, en miniature et à l'huile.
En 1737, à l'âge de 33 ans, Delatour est agréé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture et, bénéficiant dès lors du droit d'exposer, il présente deux pastels au Salon du Louvre, le "Portrait de Madame François Boucher" et l' "Autoportrait à l'index dit aussi à l'œil de bœuf."

Cette première participation au salon marque le début d'un immense succès auprès de la haute société.
De 1737 à 1773, Delatour, devenu le portraitiste de la Cour, du monde des lettres, des arts et des spectacles, participera -hormis en 1765- à toutes les expositions du Salon du Louvre.
Il achève en 1741 le grand portrait en pied du parlementaire et magistrat Gabriel Bernard de Rieux, Président de la Chambre des Comptes.
En 1742, il expose le portrait de la Présidente de Rieux et celui de son ami l'Abbé Huber.


A 38 ans Delatour prouve que le pastel est digne de rivaliser avec la peinture et les commandes se multiplient. Aristocrates, grands bourgeois, riches fonctionnaires et hauts dignitaires de l'armée sollicitent le portraitiste.
En 1743 commence la série des portraits officiels dont celui du Duc de Villars, maréchal de France, gouverneur de Provence et fils du célèbre maréchal des armées de Louis XIV.

Début 1745 il obtient un brevet de logement aux galeries du Louvre. Il expose au Salon le portrait de Duval de l'Épinoy, géographe et conseiller du roi.

En 1746 Delatour donne deux morceaux de réception à l'Académie : le portrait des peintres Jean Restout et Dumont le Romain. Il est reçu à l'Académie royale de peinture en qualité de "peintre de portraits au pastel". Il participera dès lors régulièrement aux assemblées de l'Académie royale.

En 1748, il présente 14 pastels au Salon, parmi lesquels les portraits du roi Louis XV, de la Reine, du Dauphin et du Maréchal de Saxe, célèbre vainqueur de la bataille de Fontenoy en 1745.




En 1750, âgé de 46 ans, il est nommé peintre attitré du roi et l'académie royale lui confère en 1751 le titre de conseiller, la plus haute dignité à laqelle pouvait alors prétendre un peintre de portraits.

Rivalisant de virtuosité avec Jean-Baptiste Perronneau, autre pastelliste de talent que les critiques se plaisent à lui opposer, il exécute en 1751 probablement le plus "fini" de ses autoportraits. Ce pastel dit "Autoportrait au jabot de dentelle" est actuellement visible au musée de Picardie d'Amiens.

En 1749 Madame de Pompadour sollicite son portrait en pied. Delatour est âgé de 45 ans, la marquise de 28 ans et le règne de Louis XV est à son apogée. Le portrait de grande dimension (175x128cm) ne sera terminé que cinq ans plus tard pour être exposé au salon de 1755.
Delatour en avait fixé le prix à 48 000 livres. La somme étant exorbitante, il ne lui sera remis, à son grand mécontentement, que 24 000 livres, somme pourtant considérable à l'époque.

Avec ce somptueux portrait de la marquise de Pompadour, représentée en allégorie des Arts et des Sciences, Delatour tire la quintessence de l'art du pastel. L'un des stratagèmes invisibles employés par l'artiste fut la tête du modèle, qui, travaillée à part, sera ensuite délicatement reportée sur la composition d'ensemble.
En 1752, Delatour, inventeur d'un fixatif, bénéficie d'une pension royale annuelle de 4 000 livres.
Très en vogue à la Cour, il n'en garde pas moins son indépendance d'esprit et rétorque au roi qui souhaite le gratifier du cordon de l'ordre de Saint-Michel : "Je ne connais que la noblesse des sentiments et de prééminence que celle des talents; telle est ma devise et c'est avec mes crayons que je signe mes parchemins".

Les philosophes et les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, Diderot et d'Alembert font partie de ses intimes.
En 1753, il expose 17 pastels au Salon dont les portraits de Jean-Jacques Rousseau et de l'encyclopédiste Jean le Rond d'Alembert.

En 1757 seront exposés le Père Emmanuel, capucin et Mademoiselle Fel, cantatrice, l'une des nombreuses actrices portraiturées par Delatour.


La petite toque orientale portée par Marie Fel pourrait être celle d'Amélite dans "Zoroastre", tragédie lyrique créée en 1749 par Rameau dont elle était l'une des interprètes favorites.

Depuis 1750, Delatour entretenait une liaison avec la chanteuse qui sera sa compagne durant plus de 30 ans.
En 1761, il expose le portrait de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe.

En 1762, Delatour réalise le portrait du duc de Berry, le futur Louis XVI, puis, l'année suivante, il achève le portrait en pied du dauphin commandé par Marie-Christine de Saxe.
En 1763, il expose le portrait du jeune comte de ¨Provence, futur Louis XVIII.

Eternel perfectionniste, Delatour retouche sans cesse ses œuvres. Il s'acharne à en reprendre un détail, s'entête et s'épuise à en corriger le trait allant jusqu'à gâter des oeuvres admirables. Denis Diderot, inconditionnel du peintre écrivit : "Maurice Quentin de la Tour a travaillé durant 30 ans sur le portrait de son maître, il l'a gâché à force de rechercher la perfection ".
Ce souci permanent de perfection deviendra, avec les années, quasi-obsessionnel, mais, comme le peintre le reconnaissait lui-même en 1770, "la perfection que je cherche est au-dessus de l’humanité".

Ses portraits sont sans complaisance et sans hypocrisie. Il ne cherche pas à mettre en valeur ses modèles en gommant leurs défauts.
Il expose pour la dernière fois au Salon de 1773 avant de consacrer sa fortune à la fondation d'oeuvres philanthropiques et caritatives.
Avec la famille royale, l'aristocratie, le clergé mais aussi les philosophes, les écrivains et les artistes, c'est une véritable anthologie des personnalités du siècle des Lumières que l'artiste laissera derrière lui.
11:36 Publié dans peintres-pastellistes | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : peintre pastelliste, painter pastellist, pintor pastelliste, maler pastelliste, pittore pastelliste |
Facebook
30/07/2011
L'artiste et l'humaniste
Un artiste humaniste.
Maurice-Quentin Delatour consacrera les dernières années de sa vie à la fondation d’œuvres philanthropiques.


Des modifications seront ensuite apportées au règlement interne de l'Académie et deux de ces prix seront supprimés. En 1784, ne subsistera que le seul "Prix De La Tour d'une figure peinte avec deux mains, de grandeur naturelle".

Artiste généreux, il propose au mayeur de sa ville natale de Saint-Quentin, l'attribution d'une rente pour les femmes indigentes en couches, projet qui sera accepté en 1777.
Delatour fait également don de 6 000 livres en faveur des artisans hors d'état de gagner leur vie et des vieillards infirmes.

En 1778, il souhaite la création d'une école gratuite de dessin à Saint-Quentin. Cette école royale, officiellement ouverte par lettres de patente accordées par Louis XVI en 1782, existe toujours de nos jours. Elle porte naturellement le nom du peintre.

"Portrait d'un jeune noir" 1741
Orléans, musée des Beaux-Arts
En 1783, auprès de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts d'Amiens, il crée un prix annuel de cinq cents livres au profit du "citoyen de la province de Picardie qui aura fait la plus belle action d'humanité de quelque manière qu'elle s'entende".

En 1784, après cinquante ans de gloire, Delatour, atteint de troubles de démence sénile, quittait bien malgré lui la scène parisienne pour rejoindre son demi-frère Jean-Fançois Delatour (1723-1807) à Saint-Quentin. Le 21 juin 1784, Delatour fit une entrée solennelle dans sa ville natale. La population réservera un accueil des plus enthousiastes à l'artiste bienfaiteur.

Le pastelliste, ayant définitivement perdu la raison, décédera à Saint-Quentin moins de quatre ans plus tard, en février 1788.


L'artiste mourut intestat. Héritier des 87 pastels, tant esquissés qu'achevés, constitutifs du fonds d'atelier de son demi-frère, Jean-Fançois Delatour décédera en 1807.
Par testament établi en 1806, ce dernier souhaitait qu'une vente publique soit organisée et que le fonds d'atelier de son demi-frère soit soumis aux enchères.

Le produit de cette vente devait augmenter les ressources de l'école de dessin et des bureaux de charité fondés par Maurice-Quentin.

La vente fut organisée à Paris en 1812 à l'hôtel Bullion. Mais, comme l'écrit Albert Besnard dans la monographie publiée en 1928 sur De La Tour, la vogue des portraits au pastel s’était peu à peu éteinte avec les dernières années du XVIII° siècle et la vente fut un échec complet.
Les tableaux seront remis au conseil d'administration de l'école de dessin.

En 1877, le banquier Antoine Lécuyer (1793-1878) lègue à la ville de Saint-Quentin un hôtel particulier, futur musée de la ville et lieu d'exposition de la collection de pastels de Delatour.

"Jean-Charles Garnier d'Isle" (1697-1755)
architecte et paysagiste français, contrôleur des bâtiments du roi
Salon de 1751
En 1917, lors de la première guerre mondiale, alors que les pastels avaient été transportés puis exposés à Maubeuge par l'armée allemande, le musée sera bombardé. La totalité des archives ainsi qu'une partie des collections seront perdues.

La reconstruction du musée, entre 1928 et 1931, fut confiée à l'architecte Paul Bigot (1870-1942), grand prix de Rome en 1900.

Le nouvel édifice fut inauguré le 3 juillet 1932. Loin de son architecture d'origine, le nouveau bâtiment est entouré d'un jardin clos d'une grille en fer forgé. Le musée, d'un unique étage avec toiture en terrasse couronnée d'une balustrade, agrémenté d'une rotonde d'angle à larges baies et d'un portique d'entrée à six colonnes ioniques, est la déclinaison d’un édifice parisien du XVIIIe siècle, le pavillon de Hanovre construit entre 1758 et 1760 par l'architecte Jean-Michel Chevotet à l'usage du maréchal de Richelieu.



Trois des salons du musée Antoine Lécuyer abritent aujourd'hui les pastels du fonds d'atelier de Maurice-Quentin Delatour.
http://www.museeantoinelecuyer.fr/



Consacrés au peintre, les livres de Christine Debrie et de Xavier Salmon constituent d'excellentes références.
Christine Debrie : "Maurice-Quentin de La Tour, Peintre de portraits au pastel, 1704-1788", Editions de l'Albaron, 1991.
Christine Debrie, Xavier Salmon : "Maurice-Quentin de La Tour, prince des pastellistes" , Somogy, 2001.
19:06 Publié dans peintres-pastellistes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : peintre pastelliste, painter pastellist, pintor pastelliste, maler pastelliste, pittore pastelliste |
Facebook



