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18/08/2006

Rondel

Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!
Il n'est plus de nuits, il n'est plus de jours;medium_a2_.4.jpg
Dors... en attendant venir toutes celles
Qui disaient: Jamais! Qui disaient: Toujours!

Entends-tu leurs pas? Ils ne sont pas lourds:
Oh! Les pieds légers! - l'Amour a des ailes...
Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!
Entends-tu leurs voix?... Les caveaux sont sourds.

Dors: il pèse peu, ton faix d'immortelles:
Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
Jeter leur pavé sur tes demoiselles:
Il fait noir, enfant, voleur d'étincelles!

Tristan Corbière 1845-1875
Bartolomé Murillo 1617-1682

17/08/2006

le monde n'est rien ........

Le monde n'est rien sauf une histoire...
Une histoire de déception, de ruse, de sang.
Regarde ! Cette nuit est enceinte d'un enfant !

Toi et moi ne savons pas
Personne ne sait qui sera cet enfant...
Cet enfant, l'enfant de cette nuit,
C'est demain !

Personne ne sait ce qu'il sera...
Comment il sera !

HAFEZ , poète persan 1310?-1380?

Marine

Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume, -
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt, -
Vers les fûts de la jetée
Dont l'angle est heurté par les tourbillons de lumière

A.R 1854-1891

16/08/2006

Espoir.......

Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores

Étonnons-nous des soirs mais vivons les matins

Méprisons l'immuable comme la pierre ou l'or

Sources qui tariront Que je trempe mes mains

En l'onde heureuse


Guillaume Apollinaire

15/08/2006

Parmi les fleurs........

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Li Po, poète chinois , 701-762.

14/08/2006

Moi, je vis la vie à côté..

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c'est la fête.
Les gens disent : « Comme il est bête ! »
En somme, je suis mal coté.
J'allume du feu dans l'été,
Dans l'usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête,
Qu'importe ! J'aime la beauté.
Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.
J'ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d'un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !

Charles Cros 1842-1888

lorsque viendra le printemps

Lorsque viendra le printemps,
si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas mois verts qu'au printemps passé.

...Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu'il soit pour après-demain.

...On peut, si l'on veut, prier en latin sur mon cercueil;
On peut, si l'on veut, danser et chanter tout autour.
Je n'ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrais plus avoir de préférences.
Ce qui sera, ... sera...

Fernando Pessoa 1888-1935

13/08/2006

je prends congé , je rentre chez moi

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :
dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises...

Pablo Neruda 1904-1973

11/08/2006

Saisons

Si je dis
Les corbeaux font la ronde
Au dessus du silence
Tu me dis c’est l’hiver.

Si je dis
Les rivières se font blanches
En descendant chez nous
Tu me dis le printemps.

Si je dis
Les arbres ont poussé
Leurs millions de soleils
Tu me dis c’est l’été.

Si je dis
Les fontaines sont rousses
Et les chemins profonds
Tu me diras l’automne.

Mais si je dis
Le bonheur est à tous
Et tous sont heureux
Quelle saison diras-tu
Quelle saison des hommes ?

Jean-Pierre Siméon

10/08/2006

je te donne ces vers

Je te donne ces vers afin que si mon nom
Aborde heureusement aux époques lointaines,
Et fait rêver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favorisé par un grand aquilon,

Ta mémoire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon,
Et par un fraternel et mystique chaînon
Reste comme pendue à mes rimes hautaines ;

Etre maudit à qui, de l'abîme profond
Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne répond !
- Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère,

Foules d'un pied léger et d'un regard serein
Les stupides mortels qui t'ont jugée amère,
Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !

C.B.

 
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