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05/09/2006

J'ai vu le soleil se lever

J'ai vu le soleil se lever
dans tant et tant de pays
je ne savais plus lequel
était le mien
le jour oscillait
lampe incertaine dans ma nuit
le rif le souk le môle
la vallée millénaire
bergers de l'Atlas
boutre coutre Seychelles
je l'ai vu se coucher
le jour passait comme une flèche
et chaque soir me frappait en plein cœur
comme le dernier

Gérald Godin

04/09/2006

Dernier orfèvre de la nuit

Dernier orfèvre de la nuit
Au matin nu des souvenances
Espoir vaincu serrant l'oubli
Dans le grain bleu de sa naissance

Au fer bleui de l'aventure
J'ai mis le cri j'ai mille forges
Le feu strident de sa blessure
Cautérise toutes mes gorges

Un oeil ouvert face à la mort
Cristal ennui gercé de peur
Un oeil fermé devant l'amour
Pétale rouge de sa fleur

Dernier coron des solitudes
Dans la veine d'un grand charbon
Frère d'éclipse ô négritude
Quand vient gémir l'accordéon

Un acrostiche hume la fête
Mentor de bruit coureur de jour
Rosace-accord sacre de tête
Mon initiale attend son tour

Sous le grand pin de nos aiguilles
Revient l'écume y buissonner
Et dans un verbe sans coquille
Nous conjuguons le temps aimer

Dernier coron des solitudes
Dernier orfèvre de la nuit

Bernard Flucha

l'Eternité

Ellle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

A.R 1854-1891

02/09/2006

La Tzigane

La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Esperance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé

On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane

Guillaume Apollinaire

01/09/2006

Les étoiles éteintes

A l'heure où sur la mer le soir silencieux
Efface les lointaines voiles,
Où, lente, se déploie, en marche dans les cieux,
L'armée immense des étoiles,

Ne songes-tu jamais que ce clair firmament,
Comme la mer a ses désastres ?
Que, vaisseaux envahis par l'ombre, à tout moment
Naufragent et meurent des astres ?

Auguste Dorchain 1857-1930

Courir sur un cheval de mer

Courir sur un cheval de mer
S'allonger sur le sable
Cueillir des fleurs d'écume
Partir sur un voilier
S'éclabousser de joie
Suivre le soleil
Boire à la fontaine
Se brûler à un regard.

Offrir un parfum
Des flocons de neige
Atteindre les sommets
De l'amour partagé
Voir quelque sorcier
Dans la forêt des songes.

Le soir venu
S'étendre
Dans un rayon de lune
Et terminer sa course
Sur le cheval de mer
Le cœur ardant
Plus large que l'océan.

Esquisser un sourire.
Si la mort ose venir
S'en aller doucement
Avec le petit matin
En robe de dentelles.

Vénérer l'instant :
Il est éternel

Françoise Germain

31/08/2006

Remembrance

D' où vient cette aubade câline
Chantée-on eût dit-en bateau,
Où se mêle un pizzicato
De guitare et de mandoline ?
Pourquoi cette chaleur de plomb
Où passent des senteurs d' orange,
Et pourquoi la séquelle étrange
De ces pèlerins à froc blond ?
Et cette dame quelle est-elle,
Cette dame que l' on dirait
Peinte par le vieux Tintoret
Dans sa robe de brocatelle ?
Je me souviens, je me souviens :
Ce sont des défuntes années,
Ce sont des guirlandes fanées
Et ce sont des rêves anciens !

Jean Moréas 1856-1910

30/08/2006

tu porteras ton enfance

medium_en451.2.jpgJusqu'aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance

Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance

Entravant ta marche
Ou te frayant un chemin


Andrée Chédid
Bartolomé Murillo (1617- 1682)

l'aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud

28/08/2006

En adieu

Et le soleil a décliné
Sans que j'ai vu le temps qui passe.
Le soir vient de s'illuminer
Des derniers rayons de l'espace,
Je sens mon ombre longue et lasse.

L'air est si tendre et si léger,
Si doux le souffle de la brise,
Que l'on voudrait ne rien changer
Et garder l'éternité prise
Comme au coeur le sanglot se brise.

Mais c'est le soir et c'est la nuit
Et s'engloutit la vie que j'aime.
Ce jour fut beau mais il a fui.
Je te laisse un peu de moi-même
En dernier adieu, ce poème.

Jacques Charpentreau

 
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