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20/11/2006

la postérité

Ce soir,
Si j'écrivais un poème
pour la postérité?
fichtre
la belle idée

je me sens sûr de moi
j'y vas
et à la postérité
j'y dis merde et remerde
et reremerde
drôlement feintée
la postérité
qui attendait son poème

ah mais

Raymond Queneau
1903-1976

26/10/2006

Saltimbanques

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Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage


Guillaume Apollinaire
1880 - 1918
painting: Eugène Chambellan
" Les saltimbanques "
1900- musée des Ursulines
Macon

20/10/2006

Écoutez !

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à
quelqu'un nécessaires?
C'est que quelqu'un désire
qu'elles soient?
C'est que quelqu'un dit perles
ces crachats?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu'à Dieu,
craint d'arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile!
jure qu'il ne peut supporter
son martyre sans étoiles.

Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un :
" Maintenant, tu vas mieux,
n'est-ce pas? T'as plus peur ? Dis ? "

Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
c'est qu'il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile?

Vladimir Maïakovski
1893-1930

14/10/2006

harmonie du soir


podcast



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Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire
1821-1867

12/10/2006

Novalis

Lorsque nombres et figures ne seront plus
La clef de toutes créatures,

Lorsque tous ceux qui s'embrassent et chantent
En sauront plus que les savants profonds,

Lorsque le monde reprendra sa liberté
Et reviendra au monde se donner,

Lorsqu'en une clarté pure et sereine alors
Ombre et lumière de nouveau s'épouseront,

Et lorsque dans les contes et les poésies
On apprendra l'histoire des cosmogonies,

C'est là que s'enfuira devant un mot secret
Le contresens entier de la réalité.

Novalis
Friedrich von Hardenberg
1772-1801

11/10/2006

Madame, ce matin........

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"Madame, ce matin je vous offre une fleur
Qui du sang de Narcis a pris son origine :
Pour vous y comparer Amour vous la destine,
Et vous vient consacrer son tige et sa couleur."

Siméon-Guillaume de LA ROQUE
1551-1611

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"Les fleurs sont immortelles, le ciel d’un seul tenant
Et ce qui adviendra : simple promesse…"

Ossip Mandelstam
1891-1938

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"toutes les roses que je chante
toutes les roses de mon choix
toutes les roses que j'invente
je les vante en vain de ma voix
devant la rose que je vois"

Louis Aragon
1897-1982

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"être pour quelques jours
le contemporain des roses ;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d'autres roses absente"

Rainer Maria Rilke
1875-1926
 

07/10/2006

A la limite de la lumière et de l'ombre

A la limite de la lumière et de l'ombre
Je remue un trésor plus fuyant que le sable
Je cherche ma chanson parmi les bruits du monde
Je cherche mon amour au milieu des miracles

Un poème commence où la voix s'est brisée
Et je fais mon bonheur en dénouant tes mains
Quand nous nous rencontrons au bord d'une journée
Nouvelle, au bord de l'aube où le ciel nous rejoint

Odilon-Jean Périer
1901-1928

06/10/2006

La brume

Si délicate et fine elle apparaît soudain
Endiamantée divine dans le petit matin
Ses longs cheveux dénoués ondulant sur ses reins
Elle irradie la fée et rend le jour serein

Incertaine imprécise elle agite en son sein
Des perles indécises en dentelles de lin
Des trésors des rubis des fontaines de soie
Et des rubans sertis d'émeraudes de choix

Elle se dissipe enfin au lever du soleil
Parsemant son chemin de poussière de ciel
De nuit ensommeillée de rêves d'infini
Issus de contes aimés qui enchantent la vie

Les rideaux écartés discrètement sans bruit
La brume a retiré son voile et s'est enfuie
Le théâtre est ouvert la vie peut commencer
Et c'est sur cette Terre que tout VA se jouer

Yorlane
8/02/06

05/10/2006

Demain

Agé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.


Robert Desnos
1900-1945

04/10/2006

La Passante d'Été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l'heureuse,
Celle que l'on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu'elle soit
Saluée par de beaux messieurs d'autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
Elle exploite la tendre alternative:
S'effaçant un instant à la trop brusque lumière,
Elle ramène l'ombre dont elle s'éclaire.


Rainer Maria Rilke
1875-1926

 
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