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27/01/2017

Le Grand Bazar de l’Hôtel de Ville 1856

François Xavier Ruel.jpgLe Grand Bazar de l’Hôtel de Ville, fut fondé en 1856 par François-Xavier Ruel (1823-1900), originaire d’Annonay, établi quincaillier à Lyon.

Venu à Paris en 1853, il achète aux fabricants un stock de bonneterie puis recrute quelques camelots pour vendre les articles dans de vastes parapluies.

Il constate que les meilleures ventes sont toujours réalisées au coin de la rue de Rivoli et de la rue des Deux-Portes-Saint-Jean (actuelle rue des Archives).
En 1856, il décide d'établir son magasin, "le Bazar Napoléon", à cet endroit. Il occupe une petite façade au 54 de la rue de Rivoli.

Eugène Oge 1861-1936 France  Bazar de l'Hôtel de Ville 1910   Lithographie 138 x 198 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

Eugène Ogé  1861-1936       France 

"Bazar de l'Hôtel de Ville"   1910  

Lithographie 138 x 198 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Progressivement, l'activité s'étend à tout un îlot d'immeubles et, en 1866, il prend en bail la plus grande partie de l’immeuble du 54 rue de Rivoli.

Émile Lévy 1826-1890  France Affiche de 1892 Lithographie 106 x 75 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

Émile Lévy  1826-1890      France

Affiche de 1892     Lithographie 106 x 75 cm

Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le magasin consacre trois étages à la vente et la première marque "Bazar de l'Hôtel de Ville" sera officiellement déposée le 17 octobre 1878.

c.1891 Affiches Camis, 58 rue Saint Sabin, Paris..jpg

c.1891    Affiches Camis, 58 rue Saint Sabin, Paris.

Henri Gray 1858-1924  France 1897 Lithographie 141 x 100 cm  Bibliothèque nationale de France, Paris..JPEG

Henri Gray   1858-1924         France

1897  Lithographie 141 x 100 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Xavier Ruel décède en 1900 et laisse derrière lui une enseigne particulièrement prospère comptant 800 employés.
Sa femme et ses enfants reprennent l’entreprise et fondent en 1901 la société "Veuve Ruel et Cie".

Firmin Bouisset 1859-1925 France 1899 Lithographie 150 x 111 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..JPEG

Firmin Bouisset   1859-1925    France

"Bazar de l'Hôtel de Ville"    1899

Lithographie 150 x 111 cm    Bibliothèque nationale de France, Paris.

En 1902, Henri Viguier (1877-1967), petit-fils de François-Xavier Ruel, prend la direction de la société. Il parachève l’œuvre de son aïeul et dirige les vastes travaux qui, réalisés de 1911 à 1913 selon les plans de l'architecte Auguste Roy, donnent au bâtiment sa célèbre rotonde et l'essentiel de sa structure moderne.

1913 Construction de la charpente métallique et de la rotonde..jpg

1913   Construction de la charpente métallique et de la rotonde.

Le magasin couvre 1 300 mètres de galeries bâties sur six étages, il devient l'un des grands magasins parisiens de la mode.

Editeur Verneau Charles, Paris 1890 Lithographie 139 x 95 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..JPEG

Editeur Charles Verneau, Paris 1890

Lithographie 139 x 95 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.

Henri Viguier fut l'homme de toutes les grandes réalisations du magasin.
En 1924, l’enseigne change de nom et devient "Bazar de l’Hôtel de Ville".

Eugène  Ogé  1861-1936 France Bazar de l'Hôtel de  Ville 1899 Lithographie 137 x 100 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..JPEG

Eugène Ogé   1861-1936     France

"Bazar de l'Hôtel de  Ville"    1899

Lithographie 137 x 100 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.

En 1931, le BHV devient une société anonyme. En 1954, un premier escalateur est inauguré. En 1960, Le BHV est introduit en bourse.

En 1966, le BHV, surélevé d'un étage, dispose de l’air conditionné.

Bazar de l'Hôtel de Ville  1890  Imprimerie Charles Verneau, Paris  Lithographie 120 x 80 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..JPEG

"Bazar de l'Hôtel de Ville"    1890 

Imprimerie Charles Verneau, Paris 

Lithographie 120 x 80 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

En 1971, un parking, doté d’un accès direct au magasin, est ouvert au public.
En 1991, le groupe "Galeries Lafayette" se porte acquéreur du BHV.

Imprimerie Hermet rue de Rennes, Paris18.. Lithographie 94 x 131 cm  Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

Imprimerie Hermet, rue de Rennes, Paris

"Bazar de l'Hôtel de Ville"  18..?

Lithographie 94 x 131 cm     Bibliothèque nationale de France, Paris.

En 2013, Le Bazar de l'Hôtel de Ville, rénové, devient officiellement Le "BHV Marais", grand magasin généraliste propriété du groupe "Galeries Lafayette".

28/03/2016

Le siège de Paris... 1870

Dès 1840, le roi Louis-Philippe et le ministre président du Conseil Adolphe Thiers décidaient de la construction d'une ceinture fortifiée entourant la capitale.
Le 19 septembre 1870, la ville de Paris est encerclée par les armées prussiennes. Retranchée derrière les fortifications érigées de 1841 à 1844, la population parisienne, défendue par près de 220 000 hommes, espère encore résister et vaincre. Mais les tentatives de sorties des troupes françaises se soldent toutes par des échecs successifs et de lourdes pertes humaines.

Ernest Meissonier 1815-1891 France  Le siège de Paris 1884 Huile sur toile 53,5 x 70,5 Musée d'Orsay, France..jpg

Ernest Meissonier   1815-1891     France 

"Le siège de Paris"    1884

Huile sur toile 53,5 x 70,5 cm     Musée d'Orsay, France.

Paris compte à l'époque environ 1 830 000 habitants et 200 000 réfugiés venus des proches banlieues.

Les réserves de vivres de la ville, bien qu'abondantes, sont rapidement consommées et l'absence de tout rationnement organisé favorise une spéculation féroce sur les produits alimentaires.

Henri Pille 1844-1897 France Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870 Huile sur toile 65 x 81 cm  Musée Carnavalet, Paris..JPG

Henri Pille  1844-1897       France

"Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870"

Huile sur toile   65 x 81 cm      Musée Carnavalet, Paris.

Début octobre 1870, le gouvernement décide d’ouvrir des boucheries municipales. La pénurie de viande est telle, que très vite, ces boucheries ne pourront distribuer que quelques dizaines de grammes de viande par personne. Fin octobre, elles ne proposerons plus que du suif.
Dès cette période, des commerces de viandes canines et félines s'installent dans la ville assiégée. Ces boucheries proposent du chat, du chien, des moineaux et même des rats.

Siège de Paris,1870, Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain..jpg

Siège de Paris, 1870

"Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain."

Un marché aux rats est organisé sur la place de l’Hôtel de Ville et des marchands de rongeurs montent des étalages improvisés dans les rues de Paris.

Narcisse Chaillou 1835-1916 France Le dépeceur de rats 1870 Huile sur toile  65 cm x 50 cm Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France..jpg

Narcisse Chaillou   1835-1916      France

"Le dépeceur de rats"    1870

Huile sur toile   65 x 50 cm  

Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France.

Signé à Versailles, l’armistice du 28 janvier 1871 mettra un terme officiel à la guerre franco-prussienne.
Le siège de Paris, après avoir duré 133 jours, s'achèvera dès le 29 janvier 1871 mais les troupes de Guillaume I° ne quitteront la ville que le 3 mars suivant.

Plaque humoristique 1870  Musée de l'Armée, Paris.  La famine du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche..jpg

Plaque humoristique   1870     Musée de l'Armée, Paris.

La famine lors du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche.

L'augmentation de la portée des tirs d'artillerie rendent très vite l'enceinte dite de Thiers ou "Fortifs" obsolète. Dès le 5 janvier 1871, Paris est bombardé par les canons prussiens. Le démantèlement de l'enceinte sera envisagé dès 1882.

Déclassées par la loi du 19 avril 1919, les fortifications, progressivement détruites au cours de la décennie suivante, laissent place à des terrains vagues très rapidement couverts d'abris de fortune et de baraques, "La zone" *. A partir de 1930, ces terrains verront la construction de logements sociaux dits HBM - Habitations à Bon Marché-, d’équipements sportifs et l'aménagement de quelques espaces verts. 

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan..JPG

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan.

Les derniers "zoniers" ne quitteront les lieux que dans les années 1970, lors de l’achèvement du boulevard périphérique.

* Le recensement de 1926 dénombrait plus de 13 500 constructions illicites édifiées sur la zone. La population était estimée à 42 400 habitants, dont 8 000 étrangers.     

11/03/2016

Paris et l'octroi

L'octroi, connu dès le XII° siècle à Paris, était une contribution indirecte perçue par les municipalités.

Le terme "Octroi" vient d’octroyer qui signifie accorder : La ville octroie ou accorde l'entrée de marchandises moyennant la perception d'une taxe.

Barrière de Clichy Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle..jpg

Barrière de Clichy.

Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle.

Véritable système de "douane locale", l’octroi était une recette particulièrement importante dans les recettes communales. Toutes les denrées, tous les biens, matériaux et produits destinés à la consommation ou aux fabrications locales en provenance de l’extérieur de la commune, taxés par le biais de cette imposition indirecte, venaient grossir les revenus communaux.

Panneau de l'octroi de Colombes, Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France..jpg

Panneau de l'octroi de Colombes

Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France.

Si l'octroi était un prélèvement sur la valeur des marchandises, le péage était un droit perçu sur le passage des personnes. Ressources importantes dans le budget des communes, ces taxes finançaient les travaux d'utilité publique et l'entretien des fortifications.

Conformément au principe d'égalité des citoyens devant l'impôt, l'octroi fut aboli en 1791 sous la Révolution.

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L'octroi supprimé aux portes de Paris, les parisiens s'y précipitent et dansent.

Mais le manque à gagner pour les municipalités fut tel que le Directoire, puis le Consulat et le 1° Empire durent le réinstaurer et le généraliser. L'octroi atteindra son apogée au XIX° siècle.

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Ville d'Etampes, Essonne, France. 

Le terme "octroi" désignait également l'administration, qui, chargée de prélever cette taxe, contrôlait chacune des portes de la ville.

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Le plus célèbre des nombreux employés de l'octroi de la ville de Paris fut certainement le peintre naïf mayennais Henri Rousseau (1844-1910). Recruté après la guerre de 1870 en qualité de commis de deuxième classe, il occupait le poste de "gardien des contrôles et des circulations du vin et de l'alcool". Son ami, l'écrivain Alfred Jarry, lui donna, par dérision, le surnom de "douanier".

Durant la seconde guerre mondiale, l'octroi, accroissant encore les difficultés d'approvisionnement des Parisiens, fut définitivement supprimé sous le gouvernement de Pierre Laval, le 1er août 1943. 

06/03/2016

Paris et le mur des Fermiers généraux

Entre 1726 et 1790, la Ferme générale était une compagnie de financiers privilégiés chargés de la collecte des impôts indirects dans le royaume de France. Construit de 1784 à 1788, le mur des Fermiers généraux fut la sixième des sept enceintes successives de la ville de Paris.

Maçonné en pierre, long de 24 kilomètres, haut de 3,24 mètres et doté d'un chemin de ronde large de 11 mètres 70, le mur comportait 55 passages ou "barrières" aménagés dans le périmètre de l'enceinte.

J.- L. Palaisseau 17..-18..France  La Barrière Blanche  1819 Estampe eau-forte aquarellée 22 x 31,1 cm Bibliothèque Nationale de France, Paris.  Actuellement place Blanche..jpeg

J.- L. Palaisseau   17??-18??         France 

"La Barrière Blanche"   1819      actuellement place Blanche.

Estampe, eau-forte aquarellée  22 x 31,1 cm

Bibliothèque Nationale de France, Paris.

Ces barrières, souvent disposées entre deux pavillons symétriques, les bureaux d'octroi, étaient dites "Propylées de Paris" par leur concepteur, l'architecte néoclassique Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). 

J.-L. Palaisseau  17..-18.. France  Barrière de Bercy  1819  Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

J.-L. Palaisseau     17??-18??       France

"La Barrière de Bercy"    1819 

Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le mur n'était d'aucune utilité défensive. L'unique objectif de la Ferme générale était le contrôle des points de passage et la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville.

Auguste-Xavier Leprince  1799-1826  A la barrière de la Villette c.1820 Huile sur toile 37 x 44 cm Nationalmuseum, Stockholm, Suède..jpg

Auguste-Xavier Leprince    1799-1826      France

"A la barrière de la Villette"     c.1820

Huile sur toile   37 x 44 cm

Nationalmuseum, Stockholm, Suède.

Dès le début de sa construction, le mur fut très impopulaire. Les fermiers généraux, dotés de fortunes souvent colossales, deviendront le symbole d'une société inégalitaire, injuste et pervertie. 

Beaumarchais, témoin du mécontentement des Parisiens, y voyant une des causes de la Révolution, rapportait le fameux alexandrin : "Le mur, murant Paris, rend Paris murmurant".

L'architecture majestueuse des pavillons conçus par Ledoux fut également très mal ressentie par les parisiens et ne fit qu'accentuer la fonction oppressive du mur douanier.

    "Pour augmenter son numéraire

Et raccourcir notre horizon,

La Ferme a jugé nécessaire

De mettre Paris en prison."

J.-L. Palaisseau 17..-18.. France Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis  le bassin de la Villette 1819  Eau-forte aquarellée  22 x 31,5 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.jpg

J.-L. Palaisseau   17??-18??     France

"Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis le bassin de la Villette

1819        Eau-forte aquarellée    22 x 31,5 cm

Bibliothèque nationale de France, Paris.

En septembre 1787, Loménie de Brienne, contrôleur général des finances, effaré du coût des travaux, en décrétait la suspension et Ledoux fut révoqué de ses fonctions. En mai 1789, Claude-Nicolas Ledoux sera définitivement suspendu par Jacques Necker, directeur général des finances, promu ministre d'Etat.

Mur des Fermiers Généraux Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858..jpg

Mur des Fermiers Généraux

Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858.

Le mur sera détruit en 1860, lors de l'extension de Paris jusqu'aux "fortifs" ou enceinte fortifiée de Thiers qui fut érigée de 1841 à 1844. Du mur des Fermiers généraux, ne subsistent de nos jours que quatre propylées :

- La Barrière du Trône, près de la place de la Nation;

- La barrière d'Enfer, place Denfert-Rochereau;  

- La Rotonde du Parc Monceau, à la barrière de Chartres;

- La Rotonde de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad;

Rotonde de la Villette ou barrière Saint-Martin ou barrière de Senlis, Place de la Bataille de Stalingrad, Paris XIX..jpg

Barrière Saint Martin, la Rotonde de la Villette, place de la Bataille-de-Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris.

 
 

16/11/2015

En Alsace, Août 1914 - Novembre 1918

Georges Bertin  Scott 1873-1942, dit Scott de Plagnolles  En Alsace ! 2 Aout 1914  Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan..jpg

Georges Bertin  Scott dit Scott de Plagnolles    1873-1942

"En Alsace !!"      2 Aoùt 1914 

Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.

François Flameng 1856-1923 France Retour de prisonniers, pont de Kehl, novembre 1918 Aquarelle.jpg

François Flameng     1856-1923      France

"Retour de prisonniers, pont de Kehl"  

Strasbourg, Novembre 1918       Aquarelle.

15/11/2015

Emprunts de guerre

De 1915 à 1918, la France contracta quatre grands emprunts nationaux d'un montant total de 67 milliards de francs. Le premier, lancé le 25 novembre 1915, rapporta 15 milliards de francs, et les trois suivants, émis en octobre 1916, 1917 et 1918, respectivement 11, 14 et 27 milliards.
Le quatrième emprunt national, dit de la Libération, voté le 19 septembre 1918 au taux de 4% exempt d'impôts, fut souscrit du 20 octobre au 24 novembre 1918.

A. Malassinet France 1918 Lithographie 80 x 60 cm..jpg

A. Malassinet           France       1918

Lithographie   80 x 60 cm.

Les emprunts de guerre étaient dits "perpétuels". Ils ne devaient pas être remboursés, mais servir une rente aux souscripteurs, à un taux fixe avantageux de 5% en 1915 et 1916 puis de 4% en 1917 et 1918.

La récupération des provinces d'Alsace et de Lorraine était l'un des objectifs essentiels de la France.

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Auguste Leroux    1871-1954          France.

L'illustration des thèmes majeurs du patriotisme devait inciter les Français à souscrire à ces emprunts de guerre.

03/06/2015

Le Moulin de la Galette

Le "Moulin de la Galette" était à l'origine constitué de deux moulins, le "Blute-fin" et le "Radet", tous deux implantés sur le terrain de la ferme de la famille Debray.

Maurice Utrillo 1883-1955 France Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray c.1923 Huile sur toile 163 x 130 cm Collection privée..jpg

Maurice Utrillo   1883-1955     France

"Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray"   c.1923

Huile sur toile  163 x 130 cm           Collection privée.

La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 puis le "Radet" en 1812  pour y produire de la farine. Les moulins concassaient également les matériaux les plus divers à l'usage des manufactures comme ils pressaient les raisins des vignes de Montmartre. 
En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. L'un des fils Debray, Nicolas-Charles, héritier des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet".

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Le moulin de la galette en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm 1957 Collection privée..jpg

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Le moulin de la galette en 1850"

Aquarelle 18 x 14 cm     1957       Collection privée.

Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.
Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. Vers 1886, "La Goulue" et "Valentin le Désossé" y feront leurs débuts en y dansant le "cancan" et le "grand-écart".

En 1895, le bal Debray prit officiellement le nom de "Moulin de la Galette". enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

Auguste Roedel 1859-1900  France Affiche c.1895.jpg

Auguste Roedel    1859-1900       France 

Affiche   c.1895

La galette était un petit pain de seigle que les meuniers Debray servaient, accompagné d'un verre de lait ou de vin, aux danseurs et promeneurs du dimanche.
Au fil des années, on dansera, au bal du moulin, la polka, le quadrille, le chahut puis le cancan.

Moulins le Radet et au second plan le Blute-Fin vers 1915..jpg

Moulins le "Radet" et au second plan le "Blute-Fin" vers 1915.

De 1900 à 1914, le bal était ouvert au public quatre jours par semaine. Au tout début du XX° siècle, Auguste Bosc, fondateur du "Bal Tabarin" en 1904, fut le chef d'orchestre du "Moulin de la Galette".

moulin de la galette.jpg

Durant la première guerre mondiale, la salle de bal du moulin de la Galette devint un  atelier de camouflage pour l’armée américaine. L’armistice signé, le bal fut de nouveau ouvert le 17 mai 1919.

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Entrée du moulin de la Galette    c.1924.

Après 1925, la construction d’une seconde salle absorbait ce qui demeurait du jardin.
Dans les années 30, la salle de bal abritera un cabaret puis un Music-hall avant de devenir une salle d'émissions publiques de radio et de télévision. Fermée en 1966, la salle devint ensuite un studio d'enregistrement de l'ORTF. Ce studio disparaîtra avec l'Office en 1974.
Un restaurant occupe aujourd'hui le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

Pierre-Auguste Renoir en 1876, Henri de Toulouse-Lautrec en 1889, Pablo Picasso en 1900, Kees Van Dongen en 1904 et Eugène Paul en 1925 ont, entre autres peintres, réalisés des scènes du bal du "Moulin de la Galette".

Eugène Paul dit gen paul 1895-1975   France Bal du moulin de la galette c.1925 Huile sur toile 65 x 81 cm  Collection Galerie Roussard,75018, Paris..jpg

Eugène Paul dit Gen Paul   1895-1975       France

"Bal du moulin de la galette"   c.1925

Huile sur toile 65 x 81 cm   Collection Galerie Roussard, 75018, Paris.

30/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Blute-fin.

Le "Boute-à-fin", devenu ensuite "le Blute-fin", était à l'origine un moulin qui, construit en 1622, portait le nom de "moulin du palais".
Le nom de "Blute-fin" vient du verbe "bluter", verbe signifiant tamiser la farine pour la séparer du son.
Dans les années 1780, le meunier Jacques-Baptiste Menessier était le propriétaire du "Blute-fin".
La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 pour y produire de la farine et pour y concasser les matériaux les plus divers.
En 1884, le "Blute-Fin" cessa de moudre du grain. C’était le dernier moulin de Montmartre à produire de la farine.
Bâtie sur un socle de maçonnerie, la charpente des moulins de Montmartre, montée sur pivot, tournait en fonction du vent.
Dès 1885, le "Blute-fin" fut reconverti en guinguette. Fixé et aménagé en un point de vue sur Paris, il reçut une terrasse accessible par un escalier.

Le Blute- Fin, point de vue.jpg

Le Blute-Fin, Point de vue

 Vincent Van Gogh 1853-1890  Netherlands Terrasse du moulin blute-fin   1886  Huile sur toile 44 x 33,5 cm  The Art Institute of Chicago, United States..jpeg

Vincent Van Gogh    1853-1890        Netherlands

"Terrasse du moulin Blute-fin"    1886 

Huile sur toile   44 x 33,5 cm 

The Art Institute of Chicago, United States.

Au début du XX° siècle, une grande porte en treillis de bois signalait l’entrée du "Point-de-vue", depuis la rue Lepic.
De nombreux tableaux exécutés par Eugène Cicéri, Maurice Utrillo ou Vincent Van Gogh, prirent le "Blute-fin" ou "Moulin du Point de vue" pour thème principal.

Vincent van Gogh 1853-1890 Netherlands Le Moulin Blute-Fin 1886 Huile sur toile   55,2 x 38 cm  Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.jpg

Vincent van Gogh    1853-1890       Netherlands

"Le Moulin Blute-Fin"     1886

Huile sur toile   55,2 x 38 cm      Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.

Le  "Blute-Fin" est aujourd'hui situé au 75, rue Lepic, sur un monticule, sans accès ouvert au public.

Le Blute-fin.jpg

Le moulin a conservé son mécanisme intérieur, son escalier et ses meules. Propriété privée, le "Blute-fin" domine la rue Lepic et ne se visite pas.

25/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Radet.

Dès la seconde moitié du XIX° siècle, les minoteries industrielles remplacèrent les moulins à vent d'autrefois.

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Les Moulins de Montmartre en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm  1957  Collection privée..jpg

 Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Les Moulins de Montmartre en 1850" 

Aquarelle 18 x 14 cm    1957       Collection privée.

Sur les quinze moulins qui existaient autrefois à Montmartre, les moulins dits "le Blute-Fin" situés au  75-77 rue Lepic et "le Radet" au 83 rue Lepic, sont aujourd'hui les seuls conservés.
Le "Radet" fut érigé en 1717 sur un terrain acquis par le meunier François Chapon. Dans les années 1760, le moulin fut entièrement reconstruit. Vendu au XVIII° siècle, le moulin-Chapon prit le nom de "Radet". En 1787, "le Radet" fut acheté par le propriétaire du moulin voisin, "le Boute-à-fin" puis "Blute-fin", le meunier Jacques-Baptiste Menessier.
En 1809, Nicolas-Charles, l'un des fils de  la famille Debray, achetait "le Blute-Fin", puis, en 1812, "le Radet". Si les moulins produisaient de la farine et pressaient les raisins des vignes de Montmartre, ils concassaient également les matériaux des plus divers.
En 1834, Nicolas-Charles Debray décidait de déplacer "le Radet" à côté du "Blute-Fin". On le fit glisser sur des madriers sur environ 130 mètres.

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Le "Radet"et le "Blute-fin"  vers 1845.

En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. Nicolas-Charles Debray, propriétaire des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet". Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.

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Le moulin "Radet" et le bal du Moulin de la Galette, rue Lepic, Paris XVIIIe 

Août 1899.

Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. En 1895, le bal Debray prit le nom de "Moulin de la Galette", enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

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Le "Radet" et la salle de bal du Moulin de la Galette vers 1900.

En 1915, le vieux moulin "Radet", menacé de démolition, fut sauvé par la mobilisation des parisiens. Son propriétaire, Pierre-Auguste Debray, l'offrit à la "Société du Vieux Montmartre" à la condition qu'il soit transféré dans un autre endroit. En 1925, la carcasse du "Radet" fut déplacée à l'angle de la rue Lepic et de la rue Girardon.
Le moulin et les terrains qui l'entourent ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du 5 juillet 1958. "Le Radet" fut restauré en 1978 et, en octobre 2001, Lucien Poupeau, charpentier, bénéficiant des conseils de Marcel Charron, charpentier-amoulangeur en retraite, fut chargé de la rénovation des ailes.

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"Le Radet" et le restaurant du "Moulin de la galette".

"Le Radet" domine le restaurant , "Le Moulin de la Galette", qui occupe actuellement le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

18/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, la Poivrière.

Au milieu du XVIII° siècle, la butte Montmartre abritait encore une bonne quinzaine de moulins.

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Moulins à Montmartre 

Petite Tour, Blute-fin, Moulin Vieux, Moulin Neuf.   Photographie 1845.

De destruction en destruction, la butte n'en comptait plus que trois en 1857.
- Le "Blute-fin", bâti en 1622.
- Le "Radet", érigé en 1717.
- Le "Moulin à Poivre", construit en 1830.
 
Le Moulin à Poivre, ou "Poivrière", construit en 1830, était, comme son nom l’indique, dévolu à la mouture du poivre.

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Vincent Van Gogh     1853-1890     Netherlands

"Un coin de Montmartre, le moulin à poivre"    1887

Huile sur toile   34.5 x 64.5 cm  

Van Gogh Museum, Amsterdam, Netherlands.

En 1880, la "Poivrière" fut vendue à un parfumeur pour y broyer des iris.

Le petit "Moulin de la Poivrière" sera démoli en 1911, lors du percement de l'avenue Junot.

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Alfred Renaudin   1866-1946      France

"Montmartre, percement de l'avenue Junot"    c.1913 

Huile sur toile     Musée de Montmartre, Paris.

Le dimanche 17 décembre 1911, la démolition de la "Poivrière" fit la une du supplément illustré du "Petit Journal".

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"Le Petit Journal"   17-12-1911       Démolition de "la Poivrière".

 
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