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06/03/2016

Paris et le mur des Fermiers généraux

Entre 1726 et 1790, la Ferme générale était une compagnie de financiers privilégiés chargés de la collecte des impôts indirects dans le royaume de France. Construit de 1784 à 1788, le mur des Fermiers généraux fut la sixième des sept enceintes successives de la ville de Paris.

Maçonné en pierre, long de 24 kilomètres, haut de 3,24 mètres et doté d'un chemin de ronde large de 11 mètres 70, le mur comportait 55 passages ou "barrières" aménagés dans le périmètre de l'enceinte.

J.- L. Palaisseau 17..-18..France  La Barrière Blanche  1819 Estampe eau-forte aquarellée 22 x 31,1 cm Bibliothèque Nationale de France, Paris.  Actuellement place Blanche..jpeg

J.- L. Palaisseau   17??-18??         France 

"La Barrière Blanche"   1819      actuellement place Blanche.

Estampe, eau-forte aquarellée  22 x 31,1 cm

Bibliothèque Nationale de France, Paris.

Ces barrières, souvent disposées entre deux pavillons symétriques, les bureaux d'octroi, étaient dites "Propylées de Paris" par leur concepteur, l'architecte néoclassique Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). 

J.-L. Palaisseau  17..-18.. France  Barrière de Bercy  1819  Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

J.-L. Palaisseau     17??-18??       France

"La Barrière de Bercy"    1819 

Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le mur n'était d'aucune utilité défensive. L'unique objectif de la Ferme générale était le contrôle des points de passage et la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville.

Auguste-Xavier Leprince  1799-1826  A la barrière de la Villette c.1820 Huile sur toile 37 x 44 cm Nationalmuseum, Stockholm, Suède..jpg

Auguste-Xavier Leprince    1799-1826      France

"A la barrière de la Villette"     c.1820

Huile sur toile   37 x 44 cm

Nationalmuseum, Stockholm, Suède.

Dès le début de sa construction, le mur fut très impopulaire. Les fermiers généraux, dotés de fortunes souvent colossales, deviendront le symbole d'une société inégalitaire, injuste et pervertie. 

Beaumarchais, témoin du mécontentement des Parisiens, y voyant une des causes de la Révolution, rapportait le fameux alexandrin : "Le mur, murant Paris, rend Paris murmurant".

L'architecture majestueuse des pavillons conçus par Ledoux fut également très mal ressentie par les parisiens et ne fit qu'accentuer la fonction oppressive du mur douanier.

    "Pour augmenter son numéraire

Et raccourcir notre horizon,

La Ferme a jugé nécessaire

De mettre Paris en prison."

J.-L. Palaisseau 17..-18.. France Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis  le bassin de la Villette 1819  Eau-forte aquarellée  22 x 31,5 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.jpg

J.-L. Palaisseau   17??-18??     France

"Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis le bassin de la Villette

1819        Eau-forte aquarellée    22 x 31,5 cm

Bibliothèque nationale de France, Paris.

En septembre 1787, Loménie de Brienne, contrôleur général des finances, effaré du coût des travaux, en décrétait la suspension et Ledoux fut révoqué de ses fonctions. En mai 1789, Claude-Nicolas Ledoux sera définitivement suspendu par Jacques Necker, directeur général des finances, promu ministre d'Etat.

Mur des Fermiers Généraux Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858..jpg

Mur des Fermiers Généraux

Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858.

Le mur sera détruit en 1860, lors de l'extension de Paris jusqu'aux "fortifs" ou enceinte fortifiée de Thiers qui fut érigée de 1841 à 1844. Du mur des Fermiers généraux, ne subsistent de nos jours que quatre propylées :

- La Barrière du Trône, près de la place de la Nation;

- La barrière d'Enfer, place Denfert-Rochereau;  

- La Rotonde du Parc Monceau, à la barrière de Chartres;

- La Rotonde de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad;

Rotonde de la Villette ou barrière Saint-Martin ou barrière de Senlis, Place de la Bataille de Stalingrad, Paris XIX..jpg

Barrière Saint Martin, la Rotonde de la Villette, place de la Bataille-de-Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris.

 
 

16/11/2015

En Alsace, Août 1914 - Novembre 1918

Georges Bertin  Scott 1873-1942, dit Scott de Plagnolles  En Alsace ! 2 Aout 1914  Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan..jpg

Georges Bertin  Scott dit Scott de Plagnolles    1873-1942

"En Alsace !!"      2 Aoùt 1914 

Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.

François Flameng 1856-1923 France Retour de prisonniers, pont de Kehl, novembre 1918 Aquarelle.jpg

François Flameng     1856-1923      France

"Retour de prisonniers, pont de Kehl"  

Strasbourg, Novembre 1918       Aquarelle.

15/11/2015

Emprunts de guerre

De 1915 à 1918, la France contracta quatre grands emprunts nationaux d'un montant total de 67 milliards de francs. Le premier, lancé le 25 novembre 1915, rapporta 15 milliards de francs, et les trois suivants, émis en octobre 1916, 1917 et 1918, respectivement 11, 14 et 27 milliards.
Le quatrième emprunt national, dit de la Libération, voté le 19 septembre 1918 au taux de 4% exempt d'impôts, fut souscrit du 20 octobre au 24 novembre 1918.

A. Malassinet France 1918 Lithographie 80 x 60 cm..jpg

A. Malassinet           France       1918

Lithographie   80 x 60 cm.

Les emprunts de guerre étaient dits "perpétuels". Ils ne devaient pas être remboursés, mais servir une rente aux souscripteurs, à un taux fixe avantageux de 5% en 1915 et 1916 puis de 4% en 1917 et 1918.

La récupération des provinces d'Alsace et de Lorraine était l'un des objectifs essentiels de la France.

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Auguste Leroux    1871-1954          France.

L'illustration des thèmes majeurs du patriotisme devait inciter les Français à souscrire à ces emprunts de guerre.

03/06/2015

Le Moulin de la Galette

Le "Moulin de la Galette" était à l'origine constitué de deux moulins, le "Blute-fin" et le "Radet", tous deux implantés sur le terrain de la ferme de la famille Debray.

Maurice Utrillo 1883-1955 France Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray c.1923 Huile sur toile 163 x 130 cm Collection privée..jpg

Maurice Utrillo   1883-1955     France

"Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray"   c.1923

Huile sur toile  163 x 130 cm           Collection privée.

La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 puis le "Radet" en 1812  pour y produire de la farine. Les moulins concassaient également les matériaux les plus divers à l'usage des manufactures comme ils pressaient les raisins des vignes de Montmartre. 
En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. L'un des fils Debray, Nicolas-Charles, héritier des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet".

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Le moulin de la galette en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm 1957 Collection privée..jpg

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Le moulin de la galette en 1850"

Aquarelle 18 x 14 cm     1957       Collection privée.

Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.
Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. Vers 1886, "La Goulue" et "Valentin le Désossé" y feront leurs débuts en y dansant le "cancan" et le "grand-écart".

En 1895, le bal Debray prit officiellement le nom de "Moulin de la Galette". enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

Auguste Roedel 1859-1900  France Affiche c.1895.jpg

Auguste Roedel    1859-1900       France 

Affiche   c.1895

La galette était un petit pain de seigle que les meuniers Debray servaient, accompagné d'un verre de lait ou de vin, aux danseurs et promeneurs du dimanche.
Au fil des années, on dansera, au bal du moulin, la polka, le quadrille, le chahut puis le cancan.

Moulins le Radet et au second plan le Blute-Fin vers 1915..jpg

Moulins le "Radet" et au second plan le "Blute-Fin" vers 1915.

De 1900 à 1914, le bal était ouvert au public quatre jours par semaine. Au tout début du XX° siècle, Auguste Bosc, fondateur du "Bal Tabarin" en 1904, fut le chef d'orchestre du "Moulin de la Galette".

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Durant la première guerre mondiale, la salle de bal du moulin de la Galette devint un  atelier de camouflage pour l’armée américaine. L’armistice signé, le bal fut de nouveau ouvert le 17 mai 1919.

Entrée du moulin de la Galette  1924..jpg

Entrée du moulin de la Galette    c.1924.

Après 1925, la construction d’une seconde salle absorbait ce qui demeurait du jardin.
Dans les années 30, la salle de bal abritera un cabaret puis un Music-hall avant de devenir une salle d'émissions publiques de radio et de télévision. Fermée en 1966, la salle devint ensuite un studio d'enregistrement de l'ORTF. Ce studio disparaîtra avec l'Office en 1974.
Un restaurant occupe aujourd'hui le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

Pierre-Auguste Renoir en 1876, Henri de Toulouse-Lautrec en 1889, Pablo Picasso en 1900, Kees Van Dongen en 1904 et Eugène Paul en 1925 ont, entre autres peintres, réalisés des scènes du bal du "Moulin de la Galette".

Eugène Paul dit gen paul 1895-1975   France Bal du moulin de la galette c.1925 Huile sur toile 65 x 81 cm  Collection Galerie Roussard,75018, Paris..jpg

Eugène Paul dit Gen Paul   1895-1975       France

"Bal du moulin de la galette"   c.1925

Huile sur toile 65 x 81 cm   Collection Galerie Roussard, 75018, Paris.

30/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Blute-fin.

Le "Boute-à-fin", devenu ensuite "le Blute-fin", était à l'origine un moulin qui, construit en 1622, portait le nom de "moulin du palais".
Le nom de "Blute-fin" vient du verbe "bluter", verbe signifiant tamiser la farine pour la séparer du son.
Dans les années 1780, le meunier Jacques-Baptiste Menessier était le propriétaire du "Blute-fin".
La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 pour y produire de la farine et pour y concasser les matériaux les plus divers.
En 1884, le "Blute-Fin" cessa de moudre du grain. C’était le dernier moulin de Montmartre à produire de la farine.
Bâtie sur un socle de maçonnerie, la charpente des moulins de Montmartre, montée sur pivot, tournait en fonction du vent.
Dès 1885, le "Blute-fin" fut reconverti en guinguette. Fixé et aménagé en un point de vue sur Paris, il reçut une terrasse accessible par un escalier.

Le Blute- Fin, point de vue.jpg

Le Blute-Fin, Point de vue

 Vincent Van Gogh 1853-1890  Netherlands Terrasse du moulin blute-fin   1886  Huile sur toile 44 x 33,5 cm  The Art Institute of Chicago, United States..jpeg

Vincent Van Gogh    1853-1890        Netherlands

"Terrasse du moulin Blute-fin"    1886 

Huile sur toile   44 x 33,5 cm 

The Art Institute of Chicago, United States.

Au début du XX° siècle, une grande porte en treillis de bois signalait l’entrée du "Point-de-vue", depuis la rue Lepic.
De nombreux tableaux exécutés par Eugène Cicéri, Maurice Utrillo ou Vincent Van Gogh, prirent le "Blute-fin" ou "Moulin du Point de vue" pour thème principal.

Vincent van Gogh 1853-1890 Netherlands Le Moulin Blute-Fin 1886 Huile sur toile   55,2 x 38 cm  Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.jpg

Vincent van Gogh    1853-1890       Netherlands

"Le Moulin Blute-Fin"     1886

Huile sur toile   55,2 x 38 cm      Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.

Le  "Blute-Fin" est aujourd'hui situé au 75, rue Lepic, sur un monticule, sans accès ouvert au public.

Le Blute-fin.jpg

Le moulin a conservé son mécanisme intérieur, son escalier et ses meules. Propriété privée, le "Blute-fin" domine la rue Lepic et ne se visite pas.

25/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Radet.

Dès la seconde moitié du XIX° siècle, les minoteries industrielles remplacèrent les moulins à vent d'autrefois.

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Les Moulins de Montmartre en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm  1957  Collection privée..jpg

 Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Les Moulins de Montmartre en 1850" 

Aquarelle 18 x 14 cm    1957       Collection privée.

Sur les quinze moulins qui existaient autrefois à Montmartre, les moulins dits "le Blute-Fin" situés au  75-77 rue Lepic et "le Radet" au 83 rue Lepic, sont aujourd'hui les seuls conservés.
Le "Radet" fut érigé en 1717 sur un terrain acquis par le meunier François Chapon. Dans les années 1760, le moulin fut entièrement reconstruit. Vendu au XVIII° siècle, le moulin-Chapon prit le nom de "Radet". En 1787, "le Radet" fut acheté par le propriétaire du moulin voisin, "le Boute-à-fin" puis "Blute-fin", le meunier Jacques-Baptiste Menessier.
En 1809, Nicolas-Charles, l'un des fils de  la famille Debray, achetait "le Blute-Fin", puis, en 1812, "le Radet". Si les moulins produisaient de la farine et pressaient les raisins des vignes de Montmartre, ils concassaient également les matériaux des plus divers.
En 1834, Nicolas-Charles Debray décidait de déplacer "le Radet" à côté du "Blute-Fin". On le fit glisser sur des madriers sur environ 130 mètres.

Le Radet et le Blute-fin vers 1845..jpg

Le "Radet"et le "Blute-fin"  vers 1845.

En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. Nicolas-Charles Debray, propriétaire des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet". Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.

Le moulin Radet et le bal du Moulin de la Galette, rue Lepic, Paris XVIIIe  Août 1899..jpg

Le moulin "Radet" et le bal du Moulin de la Galette, rue Lepic, Paris XVIIIe 

Août 1899.

Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. En 1895, le bal Debray prit le nom de "Moulin de la Galette", enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

Le Radet et la salle de bal du Moulin de la Galette vers 1900.JPG

Le "Radet" et la salle de bal du Moulin de la Galette vers 1900.

En 1915, le vieux moulin "Radet", menacé de démolition, fut sauvé par la mobilisation des parisiens. Son propriétaire, Pierre-Auguste Debray, l'offrit à la "Société du Vieux Montmartre" à la condition qu'il soit transféré dans un autre endroit. En 1925, la carcasse du "Radet" fut déplacée à l'angle de la rue Lepic et de la rue Girardon.
Le moulin et les terrains qui l'entourent ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du 5 juillet 1958. "Le Radet" fut restauré en 1978 et, en octobre 2001, Lucien Poupeau, charpentier, bénéficiant des conseils de Marcel Charron, charpentier-amoulangeur en retraite, fut chargé de la rénovation des ailes.

Le Radet et le restaurant du  Moulin de la galette..jpg

"Le Radet" et le restaurant du "Moulin de la galette".

"Le Radet" domine le restaurant , "Le Moulin de la Galette", qui occupe actuellement le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

18/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, la Poivrière.

Au milieu du XVIII° siècle, la butte Montmartre abritait encore une bonne quinzaine de moulins.

Moulins à Montmartre  Petite Tour, Blute-fin, Moulin Vieux, Moulin Neuf  Photographie 1845.jpg

Moulins à Montmartre 

Petite Tour, Blute-fin, Moulin Vieux, Moulin Neuf.   Photographie 1845.

De destruction en destruction, la butte n'en comptait plus que trois en 1857.
- Le "Blute-fin", bâti en 1622.
- Le "Radet", érigé en 1717.
- Le "Moulin à Poivre", construit en 1830.
 
Le Moulin à Poivre, ou "Poivrière", construit en 1830, était, comme son nom l’indique, dévolu à la mouture du poivre.

Vincent Van Gogh 1853-1890 Netherlands Un coin de Montmartre, le moulin à poivre 1887 Huile sur toile 34.5 x 64.5 cm Van Gogh Museum, Amsterdam, Netherlands..jpg

Vincent Van Gogh     1853-1890     Netherlands

"Un coin de Montmartre, le moulin à poivre"    1887

Huile sur toile   34.5 x 64.5 cm  

Van Gogh Museum, Amsterdam, Netherlands.

En 1880, la "Poivrière" fut vendue à un parfumeur pour y broyer des iris.

Le petit "Moulin de la Poivrière" sera démoli en 1911, lors du percement de l'avenue Junot.

Alfred Renaudin  1866-1946  Montmartre, percement de l'avenue Junot  c.1913  Huile sur toile  Musée de Montmartre, Paris.jpg

Alfred Renaudin   1866-1946      France

"Montmartre, percement de l'avenue Junot"    c.1913 

Huile sur toile     Musée de Montmartre, Paris.

Le dimanche 17 décembre 1911, la démolition de la "Poivrière" fit la une du supplément illustré du "Petit Journal".

Le Petit Journal 17-12-1911 Démolition de la Poivrière..jpg

"Le Petit Journal"   17-12-1911       Démolition de "la Poivrière".

03/05/2015

Montmartre et ses moulins

 Georges Michel 1763-1843  France  Aux environs de Montmartre  c.1820 Huile sur toile  64.5 x 80 cm Musée du Louvre, Paris..jpg

Georges Michel    1763-1843       France 

"Aux environs de Montmartre"     c.1820

Huile sur toile  64,5 x 80 cm         Musée du Louvre, Paris.

Construit de 1786 à 1788 le mur de l'octroi, ou mur des Fermiers Généraux, séparait le territoire de l'ancienne paroisse de Montmartre en deux parties, le "Bas-Montmartre" et  le "Haut-Montmartre" où la butte abritait encore une quinzaine de moulins.

J.-L.Palaisseau 17..-18..France  La Barrière Montmartre 1819 Estampe eau-forte aquarellée 21,7 x 31 cm Bibliothèque Nationale de France..jpg

J.-L. Palaisseau   17..-18..      France 

"La Barrière Montmartre"    1819  (actuellement place Pigalle)

Estampe eau-forte aquarellée  21,7 x 31 cm    Bibliothèque Nationale de France.

En mars 1790, Paris annexait le territoire du "Bas-Montmartre" au sein de l'actuel IX° arrondissement. Le "Haut-Montmartre" devint, quant à lui, une commune indépendante du département de la Seine. En 1793, la population de  la commune de Montmartre s'élevait à 1 146 habitants et il ne restait qu’une dizaine de moulins sur la butte.

Louis Jacques Mandé Daguerre 1787-1851  France Vue de la Butte Montmartre c.1830  Huile sur toile.jpg

Louis Jacques Mandé Daguerre   1787-1851     France

"Vue de la Butte Montmartre"   c.1830

  Huile sur toile     Musée Carnavalet, Paris.

La loi du 16 juin 1859 portait le nombre d'arrondissements de Paris de douze à vingt. Le 1er janvier 1860, lors de l'extension de Paris au delà du mur des Fermiers généraux, la commune de Montmartre fut dissoute. La majeure partie de son territoire, dont la butte et ses moulins, située à l'intérieur de l'enceinte de Thiers ou "Fortifs" érigée de 1841 à 1844, fut rattachée au 18° arrondissement de Paris. La petite partie résiduelle du territoire de Montmartre, située au delà des fortifications de l'enceinte de Thiers, fut rattachée à la commune de Saint-Ouen.

Hippolyte Bayard 1801–1887  Moulins, Montmartre c.1842.jpg

Hippolyte Bayard      1801-1887     France

"Moulins, Montmartre"     Photographie   c.1842

Charles Emile Jacque 1813-1894 France  Moulins de Montmartre 1846.jpg

Charles Emile Jacque      1813-1894        France 

"Moulins de Montmartre"     1846

D’autres moulins montmartrois ayant été détruits sous la Restauration, la butte n'en comptait plus que trois en 1857. Le "Blute-fin", bâti en 1622, Le "Radet", érigé en 1717 et le "Moulin à Poivre", construit en 1830.

Moulins  Radet et Blute-fin  c.1885.jpg

Moulins  "Radet"   et  "Blute-fin"     c.1885

16/02/2015

La Belle Epoque..La Vachalcade

"La Promenade de la Vache enragée" ou "Vachalcade" était le cortège carnavalesque de Montmartre organisé en 1896 et 1897 par les artistes et les Montmartrois en réponse aux grands cortèges du "Bœuf Gras" qui défilaient durant trois jours à travers Paris.
"La Promenade de la vache enragée" fut organisée comme une riposte charivarique aux  cortèges du "Bœuf Gras", défilé principal du carnaval officiel parisien interrompu en 1871 puis rétabli en 1896 sous une forme fastueuse.

Couverture du supplément illustré  Le Petit Journal  Fête de Montmartre La Promenade de la Vache enragée  22 mars 1896..jpg

Couverture du supplément illustré "Le Petit Journal"  22 mars 1896

Fête de Montmartre, La Promenade de la Vache enragée.

"La Vachalcade", dans l'esprit de ses promoteurs, devait être, par dérision, le défilé des artistes dans la dèche et des pauvres de Montmartre. Elle fut organisée à deux reprises, le 21 mars 1896 et le 20 juin 1897.

Fernand Pelez  1848-1913  France La Vachalcade 1896-1900  Huile sur toile 188 x145 cm  Musée du Petit Palais, Paris..jpg

Fernand Pelez    1848-1913      France

"La Vachalcade"    1896-1900 

Huile sur toile 188 x145 cm     Musée du Petit Palais, Paris.

En 1895, Rodolphe Salis, propriétaire et animateur du cabaret parisien "Le Chat noir", proposait, en réponse à l'opulente "Promenade du Bœuf Gras" qui devait défiler sur les Grands Boulevards en février 1896, d'organiser à Montmartre la "Promenade de la Vache enragée".
Le peintre Adolphe Willette, brouillé avec Rodolphe Salis, avait déserté le Chat noir pour s'établir avec quelques amis peintres, dessinateurs satiriques et écrivains, au cabaret montmartrois des Quat’z'Arts.

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Le cabaret des Quat'z'Arts    62, Bld de Clichy.

Willette, créateur du mensuel "La Vache enragée"* en 1896, participera à l'organisation du 1er défilé carnavalesque de Montmartre. C’est au cabaret des Quat’z'Arts que furent conçues les deux "Vachalcades" qui enflammèrent Montmartre.

Henri de Toulouse-Lautrec 1864-1901 France La vache enragée n°1, mars1896..jpg

Henri de Toulouse-Lautrec   1864-1901     France

"La vache enragée" n°1, mars 1896.**

Le responsable de la première "Promenade de la vache enragée" fut Joseph Oller, l'un des créateurs du music-hall et cofondateur avec Charles Zidler du bal du Moulin rouge.

Jean De Paléologue dit Pal 1855-1942 Romania  Affiche pour la vachalcade de Montmartre 1896..jpg

Jean De Paléologue dit Pal   1855-1942      Romania 

Affiche pour "La vache enragée" de Montmartre, 1896.

Organisée pour la création d’une caisse de secours au profit des artistes nécessiteux de Montmartre, la fête proposait un cortège, une tombola et un concert au Moulin Rouge
Cette première "Promenade de la Vache Enragée", liée à la célébrité internationale de Montmartre, connu à l'époque un grand retentissement.vachalcade (2).jpg

"La Vachalcade sur la place du Tertre à Montmartre"

En juin 1897, "La promenade de la Vache Enragée", devenue désormais "La Vachalcade", eut pour président Émile Goudeau, auteur du roman "La Vache enragée" publié en 1885.  Le peintre Adolphe Willette, assisté d'Auguste Roedel, en furent les organisateurs.

Fernand Pelez  1848-1913  France Gare, Voilà la Vache enragée 20 juin 1897 Affiche lithographiée  couleurs, 160 x 110 cm..jpg

Fernand Pelez   1848-1913     France

"Gare, Voilà la Vache enragée"   20 juin 1897

Affiche lithographiée couleurs   160 x 110 cm.

C'est à cette occasion que Gustave Charpentier composa sa cantate "Le Couronnement de la Muse".

Auguste Roedel 1859-1900 France Vache enragée 1897.jpg

Auguste Roedel   1859-1900     France

"La Vache enragée"   1897

Mademoiselle Marguerite Stumpp, lingère de 18 ans, ayant été élue muse de Montmartre par un jury d’ouvrières sur la place du Tertre, sera la reine carnavalesque de la "Vachalcade" de l'an 1897.

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 "La Vachalcade, Montmartre, Bld de Clichy"

Cette seconde "Vachalcade", en dépit d'un grand succès populaire, fut victime d'un énorme déficit et la plupart des artistes sortirent ruinés de l’entreprise. Le 16 décembre 1897, pour combler ce déficit, une fête, baptisée ironiquement "Fête du Déficit", sera organisée dans l’enceinte du Moulin Rouge.

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Jules Grün   1868-1938      France

Affiche pour le "Bal du Déficit au Moulin-Rouge"  16.12.1897.

Ce qui fut une très belle fête fut aussi un nouvel échec financier et la "Vachalcade" ne connaîtra plus de nouvelles éditions.

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"La Vachalcade"   Bld Rochechouart

CPA, Collection du musée de Montmartre.

Le 26 juin 2010, à l'initiative de l'association "Montmartre à la Une", la "Vachalcade" renaissait. Le 25 juin 2011, une seconde "Vachalcade", rassemblant une participation et un public beaucoup plus important, connaissait un grand succès.

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La "Vachalcade", absente des rues de Montmartre en 2012, est revenue en 2013.

*Journal mensuel humoristique et satirique publié en 1896 et 1897 par Adolphe Willette.

**La vache poursuit René Bérenger, sénateur élu à vie en 1875. Président de "la Ligue de Défense de la Morale" il fut l'instigateur d’une campagne sévère en faveur de la répression des outrages aux mœurs, et, en 1894, le fondateur de la "Ligue contre la licence des rues", qui lui valut le sobriquet de "Père la Pudeur".

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Léonce Burret   1866-1915      France 

Journal  mensuel  "La Vache enragée"   1897

Le titre, "La Vache enragée", repris par le chansonnier Maurice Hallé le 18 mai 1917, réunira de nombreux artistes libertaires et soutiendra le groupe "Les Compagnons" fondé par le peintre Germain Delatousche. Ce journal bimensuel cessera de paraître en 1933.

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"La Vache enragée"

"Organe officiel de la commune libre de Montmartre"  15 février 1921.

05/02/2015

La Belle Epoque.. Eleonora Duse 1858-1924

eleonora duse.jpgEleonora Duse, née en Lombardie à Vigevano en 1858, était une comédienne italienne. Rivale de Sarah Bernhardt, elle est considérée comme l'une des plus grandes comédiennes de son temps.

Née dans une famille de comédiens amateurs, Eleonora Duse passe son enfance au sein de la troupe itinérante de ses parents.

Dès l'âge de quatre ans, elle joue, en 1862, le rôle de "Cosette" dans une version théâtrale des Misérables.

En 1878, âgée de vingt ans, elle dirige une troupe de comédiens. En 1879, le rôle de "Thérèse Raquin", pièce de théâtre adaptée du roman éponyme d'Émile Zola, lui vaudra son premier grand succès.

En 1885, elle effectue une tournée en Amérique du Sud.

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Franz von Lenbach   1836-1904     Germany 

"Eleonora Duse"    1885

Fondation Giorgio Cini, Venise, Italie.

Edoardo Gordigiani 1866-1961 Italy  Eleonora Duse c.1890 Fondation Giorgio Cini, Venise, Italie..jpg

Michele Gordigiani    1835-1909      Italy 

"Eleonora Duse"    c.1885

Fondation Giorgio Cini, Venise, Italie.

En 1886, de retour en Italie, elle fonde sa propre troupe, "La Compagnie théâtrale de Rome", avec laquelle elle sillonnera l'Europe et les États-Unis.

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Franz von Lenbach  1836-1904     Germany  

"Eleonora Duse"   1886       Huile sur toile 76,2 x 69,85 cm

Frye Art Museum, Seattle, United States.

Elle porte sur les scènes italiennes les drames d'Henrik Ibsen, dont elle interprète "Une Maison de poupée", "Hedda Gabler", "La Dame de la mer" et "Rosmersholm".
A partir de 1890, elle joue principalement hors d'Italie, notamment à Paris.

Michele Gordigiani 1835-1909 Italy  Portrait d'Eleonora Duse.jpg

Michele Gordigiani   1835-1909    Italy 

"Portrait d'Eleonora Duse"      c.1890

Huile sur toile     Musée du théâtre Burcardo, Rome.

Comédienne et tragédienne de grand talent, Eleonora Duse est particulièrement attirée par les pièces de théâtre d'écrivains contemporains français tels Alexandre Dumas fils et Victorien Sardou. Interprète superbe de "La Dame aux Camélias", elle défie Sarah Bernhardt sur son propre terrain.

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"Eleanora Duse"

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"Eleonora Duse"   1893

En 1894, elle rencontre à Venise l'écrivain Gabriele D'Annunzio. Il s'ensuivra, durant une dizaine d'années, une liaison tumultueuse doublée d'une étroite collaboration artistique.

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Alexander Wolkoff - Mouromtzoff    1844-1928     Russia 

"Eleonora Duse"   1894 

Musée du théatre de la Scala, Milan, Italie.

Eleonora Duse, déjà célèbre et acclamée en Europe comme outre-atlantique, jouera un rôle déterminant dans la renommée de Gabriele D'Annunzio. Finançant souvent elle-même les productions et leur assurant le succès et l'attention de la critique en et hors l'Italie, elle portera  sur toutes les scènes les drames de l'écrivain tels "La Gioconda", "La Ville morte" en 1898 ou "Francesca da Rimini" en 1901.

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Ilya Repin   1844-1930     Russia

"Eleonora Duse"  1891    Dessin, fusain 108 x 139 cm

Tretyakov Gallery, Moscow.

En 1897, elle connaît la consécration à Paris. "Rosmersholm" d'Henrik Ibsen sera repris au Théâtre de l'Œuvre en 1898 puis en 1906.Edoardo Gordigiani 1866-1961 Italy    Eleonora Duse  1896.jpg

Edoardo Gordigiani    1866-1961     Italy   

"Eleonora Duse"  1896

Délaissant le théâtre en 1909 pour des raisons de santé, elle ne jouera que dans un unique film, "Cenere", "Les cendres du passé", réalisé en 1916 par Febo Mari et Arturo Ambrosio.
Edouardo Kaulbach Eleonora Duse Huile sur toile Musée du théâtre de la Scala, Milan..jpg

Edouardo Kaulbach       "Eleonora Duse"

Huile sur toile         Musée du théâtre de la Scala, Milan.

De retour au théâtre en 1921, Eleonora Duse décédera en 1924 d'une pneumonie, à Pittsburgh, au cours d'une ultime tournée aux Etats-Unis.

Vittorio Matteo Corcos 1859-1933 Italy Eleonora Duse  miniature ovale peinte sur vélin 8 x 6 cm Collection privée..jpg

Vittorio Matteo Corcos  1859-1933  Italy      "Eleonora Duse

Miniature ovale peinte sur vélin 8 x 6 cm      Collection privée.

Par la modernité de son jeu, "La Divina" a montré le chemin aux artistes du théâtre du XXe siècle.

Michele Gordigiani 1835-1909 Italy Eleonora Duse c.1890  Musée du théâtre Burcardo, Rome..jpg

Michele Gordigiani   1835-1909    Italy 

"Eleonora Duse" c.1890     Musée du théâtre Burcardo, Rome.

Après sa mort, de nombreux théâtres, écoles et autres toponymes de villes italiennes seront baptisés de son nom.

John Singer Sargent 1856-1925 United States  Eleanora Duse c.1893 Huile sur toile 58,4 x 48,3 cm Collection privée..jpg

John Singer Sargent   1856-1925     United States 

"Eleanora Duse"    c.1893  

Huile sur toile 58,4 x 48,3 cm       Collection privée.

Ses costumes de scène, restaurés par le styliste italien Fausto Sarli, sont exposés dans les musées du monde entier.

Friedrich August von Kaulbach 1850-1920 Germany  Eleonora Duse Musée de la Scala, Milan..jpg

Friedrich August von Kaulbach   1850-1920     Germany 

"Eleonora Duse"       Musée du théâtre de la Scala, Milan.

Le 30 juillet 1923, le magazine "Time" publiait Eleonora Duse en page de couverture. 

Un cratère de 30 km de diamètre sur la planète Vénus lui fut dédié en 1974.

 
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