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28/03/2016

Le siège de Paris... 1870

Dès 1840, le roi Louis-Philippe et le ministre président du Conseil Adolphe Thiers décidaient de la construction d'une ceinture fortifiée entourant la capitale.
Le 19 septembre 1870, la ville de Paris est encerclée par les armées prussiennes. Retranchée derrière les fortifications érigées de 1841 à 1844, la population parisienne, défendue par près de 220 000 hommes, espère encore résister et vaincre. Mais les tentatives de sorties des troupes françaises se soldent toutes par des échecs successifs et de lourdes pertes humaines.

Ernest Meissonier 1815-1891 France  Le siège de Paris 1884 Huile sur toile 53,5 x 70,5 Musée d'Orsay, France..jpg

Ernest Meissonier   1815-1891     France 

"Le siège de Paris"    1884

Huile sur toile 53,5 x 70,5 cm     Musée d'Orsay, France.

Paris compte à l'époque environ 1 830 000 habitants et 200 000 réfugiés venus des proches banlieues.

Les réserves de vivres de la ville, bien qu'abondantes, sont rapidement consommées et l'absence de tout rationnement organisé favorise une spéculation féroce sur les produits alimentaires.

Henri Pille 1844-1897 France Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870 Huile sur toile 65 x 81 cm  Musée Carnavalet, Paris..JPG

Henri Pille  1844-1897       France

"Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870"

Huile sur toile   65 x 81 cm      Musée Carnavalet, Paris.

Début octobre 1870, le gouvernement décide d’ouvrir des boucheries municipales. La pénurie de viande est telle, que très vite, ces boucheries ne pourront distribuer que quelques dizaines de grammes de viande par personne. Fin octobre, elles ne proposerons plus que du suif.
Dès cette période, des commerces de viandes canines et félines s'installent dans la ville assiégée. Ces boucheries proposent du chat, du chien, des moineaux et même des rats.

Siège de Paris,1870, Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain..jpg

Siège de Paris, 1870

"Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain."

Un marché aux rats est organisé sur la place de l’Hôtel de Ville et des marchands de rongeurs montent des étalages improvisés dans les rues de Paris.

Narcisse Chaillou 1835-1916 France Le dépeceur de rats 1870 Huile sur toile  65 cm x 50 cm Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France..jpg

Narcisse Chaillou   1835-1916      France

"Le dépeceur de rats"    1870

Huile sur toile   65 x 50 cm  

Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France.

Signé à Versailles, l’armistice du 28 janvier 1871 mettra un terme officiel à la guerre franco-prussienne.
Le siège de Paris, après avoir duré 133 jours, s'achèvera dès le 29 janvier 1871 mais les troupes de Guillaume I° ne quitteront la ville que le 3 mars suivant.

Plaque humoristique 1870  Musée de l'Armée, Paris.  La famine du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche..jpg

Plaque humoristique   1870     Musée de l'Armée, Paris.

La famine lors du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche.

L'augmentation de la portée des tirs d'artillerie rendent très vite l'enceinte dite de Thiers ou "Fortifs" obsolète. Dès le 5 janvier 1871, Paris est bombardé par les canons prussiens. Le démantèlement de l'enceinte sera envisagé dès 1882.

Déclassées par la loi du 19 avril 1919, les fortifications, progressivement détruites au cours de la décennie suivante, laissent place à des terrains vagues très rapidement couverts d'abris de fortune et de baraques, "La zone" *. A partir de 1930, ces terrains verront la construction de logements sociaux dits HBM - Habitations à Bon Marché-, d’équipements sportifs et l'aménagement de quelques espaces verts. 

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan..JPG

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan.

Les derniers "zoniers" ne quitteront les lieux que dans les années 1970, lors de l’achèvement du boulevard périphérique.

* Le recensement de 1926 dénombrait plus de 13 500 constructions illicites édifiées sur la zone. La population était estimée à 42 400 habitants, dont 8 000 étrangers.     

13/03/2016

Emile Henri Blanchon 1845-?

Emile-Henri Blanchon 1845.jpgEmile Henri Blanchon, né à Paris en 1845, était un peintre français.
Elève du célèbre peintre académique Alexandre Cabanel (1823-1889), il est connu pour avoir remporté, avec Henri Gervex (1852-1929), le concours organisé en 1878 pour décorer les murs, le plafond et le couloir de la salle des mariages de la nouvelle mairie du XIX° arrondissement de Paris.
Les deux peintres, tournés vers la modernité, présentent des projets innovants pour l'époque et des scènes de la vie quotidienne de l'arrondissement succèderont aux scènes allégoriques et mythologiques traditionnelles.
Henry Gervex peindra "Le port de La Villette", "Le mariage civil" et "Le Bureau de bienfaisance" et Emile Blanchon, "Le Marché aux bestiaux", "La déclaration de naissance" et "L'école d'adultes ou cours du soir".


Au Salon de 1884, Emile Blanchon présente "Un Fort de la Vallée* - Halles Centrales".

Un Fort de la Vallée - Halles Centrales 1884   Huile sur toile 275 x 148 cm Collection privée..jpg

"Un Fort de la Vallée - Halles Centrales"    1884  

Huile sur toile  108,27 x 58,58 cm     Collection privée.

* "La vallée de la misère" ou plus simplement "La Vallée" était le nom donné au pavillon IV de la volaille et du gibier des Halles centrales dessinées en 1854 par l’architecte Victor Baltard. Cet ancien marché, jadis situé sur le quai de la Mégisserie et le quai des Grands-Augustins, était connu sous la dénomination de "la Vallée de la misère" en raison du grand nombre d’animaux abattus dans des conditions de travail déplorables. Au fil du temps "la Vallée de la Misère" devint plus simplement "la Vallée" et ce vieux nom s’imposa à la nouvelle construction lorsque, dès 1866, les marchands de volailles et de gibiers se sont installés dans le pavillon IV des Halles centrales.

Dans le roman publié en 1873, "Le ventre de Paris", Emile Zola, fait souvent allusion au pavillon de la volaille en utilisant l’expression "la Vallée".

Victor Gabriel Gilbert  Un coin des Halles  c.1880  Huile sur toile 235 x 331 cm  Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France..jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin des Halles"   c.1881    Huile sur toile  235 x 331 cm

Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France.

Victor-Gabriel Gilbert  Le marché aux poissons, Halles  centrales   1881.jpg

Victor Gabriel Gilbert 

"Le marché aux poissons, Halles centrales"    1881

Léon Lhermitte  Les Halles 1895 - Huile sur toile 404 x 635 cm  Musée du Petit Palais, Paris..jpg

Léon Lhermitte     "Les Halles"   1895  

Huile sur toile  404 x 635 cm     Musée du Petit Palais, Paris.

Les Forts des Halles.  
L’office des porteurs officiels du marché, créé au XIII° siècle par Saint Louis, regroupe les chasse-marée et la communauté des vendeurs de poisson de mer sur le marché parisien. Suite à l’ordonnance de 1415, les porteurs se voient conférer les titres de “jurés-porteurs" et d’officiers de la Ville de Paris. Nommés par le Prévôt des marchands, ils prêtent serment devant lui et demeurent sous sa compétence directe jusqu’au XVIII° siècle.
A l’image de toutes les corporations, l’office des porteurs est supprimé de 1789 à 1799 avant d’être rétabli au XIX° siècle par Napoléon Bonaparte dans le but d’encadrer et de minimiser les pratiques frauduleuses.

Organisés en syndicats, les porteurs gagneront ensuite leur appellation définitive de “Forts des Halles"**.

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Les conditions d’accès au titre de "Fort" étaient fort rigoureuses.
Les "Forts" devaient être de nationalité française, physiquement très robustes, mesurer plus de 1,67 mètre, avoir plus de 21 ans et moins de 30 ans, être libérés des obligations militaires et posséder un casier judiciaire vierge.
Ils devaient de plus réussir des exercices intellectuels et physiques comportant un test écrit et oral du niveau du certificat d'études primaires ainsi qu’une épreuve de portage d’une charge de 200 kg devant être charriée sur les épaules sur une longueur 60 mètres, soit l’équivalent de la longueur d’un pavillon des Halles.

Les épreuves étaient très sélectives : en moyenne, moins de 40 candidats sur 500 étaient retenus à chaque promotion.

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      Porte-bouquet en faïence fine à décor imprimé polychrome d’un fort des halles serrant la main d’un boulanger et, en arrière-plan, les affichettes du syndicat de la boulangerie et du bulletin des Halles. Début du XX° siècle  D:19,5 cm.

Le nombre de "Forts" était d'environ 700 membres. Ils étaient répartis en sections, une par pavillon où l'on distingue les Forts à viandes, les Forts à volailles, les Forts à légumes, les Forts des hauts fruits, les Forts des beurres, œufs et fromages, les Forts à poissons, etc.

Un coin de la Halle aux poissons, le matin 1880  Huile sur toile  Palais des Beaux-Arts, Lille, France.jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin de la Halle aux poissons, le matin"  1880 

Huile sur toile    Palais des Beaux-Arts, Lille, France.

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Organisés hiérarchiquement autour d’un chef qui porte le titre de syndic, chaque membre se voit décerner une médaille, en argent pour le syndic, en cuivre pour le simple "Fort", où figurent les armes de Paris et qui porte au verso le nom et le numéro d’ordre du détenteur.
La tenue traditionnelle du "Fort" se compose d’une blouse de toile bleue et d’un chapeau de feutre à large bord, le coltin, qui, muni d’une calotte de plomb à l’intérieur, permettait de supporter de lourdes charges "coltinées" sur la tête. Le coltin protégeait non seulement la tête mais aussi le cou et les épaules des "Forts".

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Les "Forts" étaient principalement chargés :
  − Du déchargement et du transport des sacs, cageots et colis de marchandises entre les quais de livraison et les stands des grossistes. Rémunérés au tonnage transporté, les "Forts" avaient l’opportunité de changer de secteur au cours de leur carrière en passant de nouvelles épreuves de force. Les secteurs des volailles (pavillon dit de la Vallée*) et des poissons (la Marée), les moins rémunérateurs, étaient les moins convoités.
  − De la surveillance des marchandises, entre le lieu d’arrivage et l’aire de stockage, par les facteurs***.
  − De l’entreposage dans les resserres des denrées non vendues le jour même.
  − Du contrôle du fonctionnement du marché, du respect des poids et des prix.

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913  Porteurs de farine Huile sur toile 1885 Musée du Petit Palais, Paris.jpg

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913    "Porteurs de farine"  1885

Huile sur toile     Musée du Petit Palais, Paris.

"Les Forts à farine" utilisaient une canne qui, tout en assurant l'équilibre, autorisait la répartition du poids de la charge sur trois points d’appui.

Au début du XX° siècle, la disparition du transport à dos d'homme entraîne le déclin de la profession. Le recrutement cesse définitivement à partir de 1952. A cette date, 710 "Forts" sont encore en activité.

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Le 22 février 1969, date du transfert du marché à Rungis, les 279 derniers "Forts", reclassés dans l'administration de la préfecture de police, étaient chargés de la surveillance et du contrôle du marché.    
La corporation ne survivra pas aux nouvelles conditions de travail mises en place sur le site de Rungis, elle est aujourd’hui disparue. La plupart des derniers "Forts" furent affectés au sein de la police municipale de la ville de Paris.

 ** A l'origine, le terme "Fort des Halles" ne qualifiait pas une personne ou une fonction mais un édifice conçu en 1848 par les architectes Victor Baltard et Félix Callet. Construit en pierre, lourd, laid, massif et inadapté à la vente, le bâtiment sera démoli en 1853 sur ordre de Louis Napoléon Bonaparte.

***Facteur des halles : intermédiaire entre le producteur et l'acheteur chargé de la vente en gros à la criée des denrées alimentaires apportées dans les pavillons des halles. La loi de 1896, visant à lutter contre la fraude, instaure le titre de mandataire en lieu et place des facteurs. Intermédiaires agréés et contrôlés par la préfecture de la Seine, les mandataires sont chargés de la vente, en gros ou en demi-gros et exclusivement sous les pavillons, des denrées expédiées par les producteurs.

Marie- François Firmin-Girard 1838-1921   Les Halles Baltard, Paris   Pavillon des fleurs  Huile sur panneau  27 x 38 cm  Collection privée..jpg

Marie-François Firmin-Girard    1838-1921  

"Les Halles Baltard, Paris, Pavillon des fleurs"

Huile sur panneau    27 x 38 cm      Collection privée.

11/03/2016

Paris et l'octroi

L'octroi, connu dès le XII° siècle à Paris, était une contribution indirecte perçue par les municipalités.

Le terme "Octroi" vient d’octroyer qui signifie accorder : La ville octroie ou accorde l'entrée de marchandises moyennant la perception d'une taxe.

Barrière de Clichy Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle..jpg

Barrière de Clichy.

Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle.

Véritable système de "douane locale", l’octroi était une recette particulièrement importante dans les recettes communales. Toutes les denrées, tous les biens, matériaux et produits destinés à la consommation ou aux fabrications locales en provenance de l’extérieur de la commune, taxés par le biais de cette imposition indirecte, venaient grossir les revenus communaux.

Panneau de l'octroi de Colombes, Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France..jpg

Panneau de l'octroi de Colombes

Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France.

Si l'octroi était un prélèvement sur la valeur des marchandises, le péage était un droit perçu sur le passage des personnes. Ressources importantes dans le budget des communes, ces taxes finançaient les travaux d'utilité publique et l'entretien des fortifications.

Conformément au principe d'égalité des citoyens devant l'impôt, l'octroi fut aboli en 1791 sous la Révolution.

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L'octroi supprimé aux portes de Paris, les parisiens s'y précipitent et dansent.

Mais le manque à gagner pour les municipalités fut tel que le Directoire, puis le Consulat et le 1° Empire durent le réinstaurer et le généraliser. L'octroi atteindra son apogée au XIX° siècle.

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Ville d'Etampes, Essonne, France. 

Le terme "octroi" désignait également l'administration, qui, chargée de prélever cette taxe, contrôlait chacune des portes de la ville.

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Le plus célèbre des nombreux employés de l'octroi de la ville de Paris fut certainement le peintre naïf mayennais Henri Rousseau (1844-1910). Recruté après la guerre de 1870 en qualité de commis de deuxième classe, il occupait le poste de "gardien des contrôles et des circulations du vin et de l'alcool". Son ami, l'écrivain Alfred Jarry, lui donna, par dérision, le surnom de "douanier".

Durant la seconde guerre mondiale, l'octroi, accroissant encore les difficultés d'approvisionnement des Parisiens, fut définitivement supprimé sous le gouvernement de Pierre Laval, le 1er août 1943. 

06/03/2016

Paris et le mur des Fermiers généraux

Entre 1726 et 1790, la Ferme générale était une compagnie de financiers privilégiés chargés de la collecte des impôts indirects dans le royaume de France. Construit de 1784 à 1788, le mur des Fermiers généraux fut la sixième des sept enceintes successives de la ville de Paris.

Maçonné en pierre, long de 24 kilomètres, haut de 3,24 mètres et doté d'un chemin de ronde large de 11 mètres 70, le mur comportait 55 passages ou "barrières" aménagés dans le périmètre de l'enceinte.

J.- L. Palaisseau 17..-18..France  La Barrière Blanche  1819 Estampe eau-forte aquarellée 22 x 31,1 cm Bibliothèque Nationale de France, Paris.  Actuellement place Blanche..jpeg

J.- L. Palaisseau   17??-18??         France 

"La Barrière Blanche"   1819      actuellement place Blanche.

Estampe, eau-forte aquarellée  22 x 31,1 cm

Bibliothèque Nationale de France, Paris.

Ces barrières, souvent disposées entre deux pavillons symétriques, les bureaux d'octroi, étaient dites "Propylées de Paris" par leur concepteur, l'architecte néoclassique Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). 

J.-L. Palaisseau  17..-18.. France  Barrière de Bercy  1819  Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

J.-L. Palaisseau     17??-18??       France

"La Barrière de Bercy"    1819 

Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le mur n'était d'aucune utilité défensive. L'unique objectif de la Ferme générale était le contrôle des points de passage et la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville.

Auguste-Xavier Leprince  1799-1826  A la barrière de la Villette c.1820 Huile sur toile 37 x 44 cm Nationalmuseum, Stockholm, Suède..jpg

Auguste-Xavier Leprince    1799-1826      France

"A la barrière de la Villette"     c.1820

Huile sur toile   37 x 44 cm

Nationalmuseum, Stockholm, Suède.

Dès le début de sa construction, le mur fut très impopulaire. Les fermiers généraux, dotés de fortunes souvent colossales, deviendront le symbole d'une société inégalitaire, injuste et pervertie. 

Beaumarchais, témoin du mécontentement des Parisiens, y voyant une des causes de la Révolution, rapportait le fameux alexandrin : "Le mur, murant Paris, rend Paris murmurant".

L'architecture majestueuse des pavillons conçus par Ledoux fut également très mal ressentie par les parisiens et ne fit qu'accentuer la fonction oppressive du mur douanier.

    "Pour augmenter son numéraire

Et raccourcir notre horizon,

La Ferme a jugé nécessaire

De mettre Paris en prison."

J.-L. Palaisseau 17..-18.. France Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis  le bassin de la Villette 1819  Eau-forte aquarellée  22 x 31,5 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.jpg

J.-L. Palaisseau   17??-18??     France

"Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis le bassin de la Villette

1819        Eau-forte aquarellée    22 x 31,5 cm

Bibliothèque nationale de France, Paris.

En septembre 1787, Loménie de Brienne, contrôleur général des finances, effaré du coût des travaux, en décrétait la suspension et Ledoux fut révoqué de ses fonctions. En mai 1789, Claude-Nicolas Ledoux sera définitivement suspendu par Jacques Necker, directeur général des finances, promu ministre d'Etat.

Mur des Fermiers Généraux Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858..jpg

Mur des Fermiers Généraux

Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858.

Le mur sera détruit en 1860, lors de l'extension de Paris jusqu'aux "fortifs" ou enceinte fortifiée de Thiers qui fut érigée de 1841 à 1844. Du mur des Fermiers généraux, ne subsistent de nos jours que quatre propylées :

- La Barrière du Trône, près de la place de la Nation;

- La barrière d'Enfer, place Denfert-Rochereau;  

- La Rotonde du Parc Monceau, à la barrière de Chartres;

- La Rotonde de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad;

Rotonde de la Villette ou barrière Saint-Martin ou barrière de Senlis, Place de la Bataille de Stalingrad, Paris XIX..jpg

Barrière Saint Martin, la Rotonde de la Villette, place de la Bataille-de-Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris.

 
 

16/11/2015

En Alsace, Août 1914 - Novembre 1918

Georges Bertin  Scott 1873-1942, dit Scott de Plagnolles  En Alsace ! 2 Aout 1914  Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan..jpg

Georges Bertin  Scott dit Scott de Plagnolles    1873-1942

"En Alsace !!"      2 Aoùt 1914 

Musée du Souvenir des Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.

François Flameng 1856-1923 France Retour de prisonniers, pont de Kehl, novembre 1918 Aquarelle.jpg

François Flameng     1856-1923      France

"Retour de prisonniers, pont de Kehl"  

Strasbourg, Novembre 1918       Aquarelle.

15/11/2015

Emprunts de guerre

De 1915 à 1918, la France contracta quatre grands emprunts nationaux d'un montant total de 67 milliards de francs. Le premier, lancé le 25 novembre 1915, rapporta 15 milliards de francs, et les trois suivants, émis en octobre 1916, 1917 et 1918, respectivement 11, 14 et 27 milliards.
Le quatrième emprunt national, dit de la Libération, voté le 19 septembre 1918 au taux de 4% exempt d'impôts, fut souscrit du 20 octobre au 24 novembre 1918.

A. Malassinet France 1918 Lithographie 80 x 60 cm..jpg

A. Malassinet           France       1918

Lithographie   80 x 60 cm.

Les emprunts de guerre étaient dits "perpétuels". Ils ne devaient pas être remboursés, mais servir une rente aux souscripteurs, à un taux fixe avantageux de 5% en 1915 et 1916 puis de 4% en 1917 et 1918.

La récupération des provinces d'Alsace et de Lorraine était l'un des objectifs essentiels de la France.

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Auguste Leroux    1871-1954          France.

L'illustration des thèmes majeurs du patriotisme devait inciter les Français à souscrire à ces emprunts de guerre.

03/06/2015

Le Moulin de la Galette

Le "Moulin de la Galette" était à l'origine constitué de deux moulins, le "Blute-fin" et le "Radet", tous deux implantés sur le terrain de la ferme de la famille Debray.

Maurice Utrillo 1883-1955 France Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray c.1923 Huile sur toile 163 x 130 cm Collection privée..jpg

Maurice Utrillo   1883-1955     France

"Les anciens moulins de Montmartre et la ferme Debray"   c.1923

Huile sur toile  163 x 130 cm           Collection privée.

La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 puis le "Radet" en 1812  pour y produire de la farine. Les moulins concassaient également les matériaux les plus divers à l'usage des manufactures comme ils pressaient les raisins des vignes de Montmartre. 
En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. L'un des fils Debray, Nicolas-Charles, héritier des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet".

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Le moulin de la galette en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm 1957 Collection privée..jpg

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Le moulin de la galette en 1850"

Aquarelle 18 x 14 cm     1957       Collection privée.

Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.
Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. Vers 1886, "La Goulue" et "Valentin le Désossé" y feront leurs débuts en y dansant le "cancan" et le "grand-écart".

En 1895, le bal Debray prit officiellement le nom de "Moulin de la Galette". enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

Auguste Roedel 1859-1900  France Affiche c.1895.jpg

Auguste Roedel    1859-1900       France 

Affiche   c.1895

La galette était un petit pain de seigle que les meuniers Debray servaient, accompagné d'un verre de lait ou de vin, aux danseurs et promeneurs du dimanche.
Au fil des années, on dansera, au bal du moulin, la polka, le quadrille, le chahut puis le cancan.

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Moulins le "Radet" et au second plan le "Blute-Fin" vers 1915.

De 1900 à 1914, le bal était ouvert au public quatre jours par semaine. Au tout début du XX° siècle, Auguste Bosc, fondateur du "Bal Tabarin" en 1904, fut le chef d'orchestre du "Moulin de la Galette".

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Durant la première guerre mondiale, la salle de bal du moulin de la Galette devint un  atelier de camouflage pour l’armée américaine. L’armistice signé, le bal fut de nouveau ouvert le 17 mai 1919.

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Entrée du moulin de la Galette    c.1924.

Après 1925, la construction d’une seconde salle absorbait ce qui demeurait du jardin.
Dans les années 30, la salle de bal abritera un cabaret puis un Music-hall avant de devenir une salle d'émissions publiques de radio et de télévision. Fermée en 1966, la salle devint ensuite un studio d'enregistrement de l'ORTF. Ce studio disparaîtra avec l'Office en 1974.
Un restaurant occupe aujourd'hui le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

Pierre-Auguste Renoir en 1876, Henri de Toulouse-Lautrec en 1889, Pablo Picasso en 1900, Kees Van Dongen en 1904 et Eugène Paul en 1925 ont, entre autres peintres, réalisés des scènes du bal du "Moulin de la Galette".

Eugène Paul dit gen paul 1895-1975   France Bal du moulin de la galette c.1925 Huile sur toile 65 x 81 cm  Collection Galerie Roussard,75018, Paris..jpg

Eugène Paul dit Gen Paul   1895-1975       France

"Bal du moulin de la galette"   c.1925

Huile sur toile 65 x 81 cm   Collection Galerie Roussard, 75018, Paris.

30/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Blute-fin.

Le "Boute-à-fin", devenu ensuite "le Blute-fin", était à l'origine un moulin qui, construit en 1622, portait le nom de "moulin du palais".
Le nom de "Blute-fin" vient du verbe "bluter", verbe signifiant tamiser la farine pour la séparer du son.
Dans les années 1780, le meunier Jacques-Baptiste Menessier était le propriétaire du "Blute-fin".
La famille Debray acheta le "Blute-fin" en 1809 pour y produire de la farine et pour y concasser les matériaux les plus divers.
En 1884, le "Blute-Fin" cessa de moudre du grain. C’était le dernier moulin de Montmartre à produire de la farine.
Bâtie sur un socle de maçonnerie, la charpente des moulins de Montmartre, montée sur pivot, tournait en fonction du vent.
Dès 1885, le "Blute-fin" fut reconverti en guinguette. Fixé et aménagé en un point de vue sur Paris, il reçut une terrasse accessible par un escalier.

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Le Blute-Fin, Point de vue

 Vincent Van Gogh 1853-1890  Netherlands Terrasse du moulin blute-fin   1886  Huile sur toile 44 x 33,5 cm  The Art Institute of Chicago, United States..jpeg

Vincent Van Gogh    1853-1890        Netherlands

"Terrasse du moulin Blute-fin"    1886 

Huile sur toile   44 x 33,5 cm 

The Art Institute of Chicago, United States.

Au début du XX° siècle, une grande porte en treillis de bois signalait l’entrée du "Point-de-vue", depuis la rue Lepic.
De nombreux tableaux exécutés par Eugène Cicéri, Maurice Utrillo ou Vincent Van Gogh, prirent le "Blute-fin" ou "Moulin du Point de vue" pour thème principal.

Vincent van Gogh 1853-1890 Netherlands Le Moulin Blute-Fin 1886 Huile sur toile   55,2 x 38 cm  Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.jpg

Vincent van Gogh    1853-1890       Netherlands

"Le Moulin Blute-Fin"     1886

Huile sur toile   55,2 x 38 cm      Fundatie museum, Zwolle, Netherlands.

Le  "Blute-Fin" est aujourd'hui situé au 75, rue Lepic, sur un monticule, sans accès ouvert au public.

Le Blute-fin.jpg

Le moulin a conservé son mécanisme intérieur, son escalier et ses meules. Propriété privée, le "Blute-fin" domine la rue Lepic et ne se visite pas.

25/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, le Radet.

Dès la seconde moitié du XIX° siècle, les minoteries industrielles remplacèrent les moulins à vent d'autrefois.

Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige 1892-1972 France Les Moulins de Montmartre en 1850 Aquarelle 18 x 14 cm  1957  Collection privée..jpg

 Joseph-Marie Le Tournier dit La Brige  1892-1972    France

"Les Moulins de Montmartre en 1850" 

Aquarelle 18 x 14 cm    1957       Collection privée.

Sur les quinze moulins qui existaient autrefois à Montmartre, les moulins dits "le Blute-Fin" situés au  75-77 rue Lepic et "le Radet" au 83 rue Lepic, sont aujourd'hui les seuls conservés.
Le "Radet" fut érigé en 1717 sur un terrain acquis par le meunier François Chapon. Dans les années 1760, le moulin fut entièrement reconstruit. Vendu au XVIII° siècle, le moulin-Chapon prit le nom de "Radet". En 1787, "le Radet" fut acheté par le propriétaire du moulin voisin, "le Boute-à-fin" puis "Blute-fin", le meunier Jacques-Baptiste Menessier.
En 1809, Nicolas-Charles, l'un des fils de  la famille Debray, achetait "le Blute-Fin", puis, en 1812, "le Radet". Si les moulins produisaient de la farine et pressaient les raisins des vignes de Montmartre, ils concassaient également les matériaux des plus divers.
En 1834, Nicolas-Charles Debray décidait de déplacer "le Radet" à côté du "Blute-Fin". On le fit glisser sur des madriers sur environ 130 mètres.

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Le "Radet"et le "Blute-fin"  vers 1845.

En 1834, victime du progrès et de la concurrence, "le Radet" perdit sa fonction de moulin. Nicolas-Charles Debray, propriétaire des moulins "Radet" et "Blute-Fin", ouvrait une guinguette près du "Radet". Ouvert les dimanches et les jours fériés de 15 heures à la tombée de la nuit, le "Bal Debray", bien que payant, devint vite très populaire.

Le moulin Radet et le bal du Moulin de la Galette, rue Lepic, Paris XVIIIe  Août 1899..jpg

Le moulin "Radet" et le bal du Moulin de la Galette, rue Lepic, Paris XVIIIe 

Août 1899.

Au fil des années, une grande salle fermée, entourée d'un jardin doté d'escarpolettes, succédera au bal de plein-air. En 1895, le bal Debray prit le nom de "Moulin de la Galette", enseigne qui sera ensuite transférée vers son proche voisin "le Blute-Fin".

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Le "Radet" et la salle de bal du Moulin de la Galette vers 1900.

En 1915, le vieux moulin "Radet", menacé de démolition, fut sauvé par la mobilisation des parisiens. Son propriétaire, Pierre-Auguste Debray, l'offrit à la "Société du Vieux Montmartre" à la condition qu'il soit transféré dans un autre endroit. En 1925, la carcasse du "Radet" fut déplacée à l'angle de la rue Lepic et de la rue Girardon.
Le moulin et les terrains qui l'entourent ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du 5 juillet 1958. "Le Radet" fut restauré en 1978 et, en octobre 2001, Lucien Poupeau, charpentier, bénéficiant des conseils de Marcel Charron, charpentier-amoulangeur en retraite, fut chargé de la rénovation des ailes.

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"Le Radet" et le restaurant du "Moulin de la galette".

"Le Radet" domine le restaurant , "Le Moulin de la Galette", qui occupe actuellement le rez-de-chaussée du 83 rue Lepic.

18/05/2015

Les derniers moulins de Montmartre, la Poivrière.

Au milieu du XVIII° siècle, la butte Montmartre abritait encore une bonne quinzaine de moulins.

Moulins à Montmartre  Petite Tour, Blute-fin, Moulin Vieux, Moulin Neuf  Photographie 1845.jpg

Moulins à Montmartre 

Petite Tour, Blute-fin, Moulin Vieux, Moulin Neuf.   Photographie 1845.

De destruction en destruction, la butte n'en comptait plus que trois en 1857.
- Le "Blute-fin", bâti en 1622.
- Le "Radet", érigé en 1717.
- Le "Moulin à Poivre", construit en 1830.
 
Le Moulin à Poivre, ou "Poivrière", construit en 1830, était, comme son nom l’indique, dévolu à la mouture du poivre.

Vincent Van Gogh 1853-1890 Netherlands Un coin de Montmartre, le moulin à poivre 1887 Huile sur toile 34.5 x 64.5 cm Van Gogh Museum, Amsterdam, Netherlands..jpg

Vincent Van Gogh     1853-1890     Netherlands

"Un coin de Montmartre, le moulin à poivre"    1887

Huile sur toile   34.5 x 64.5 cm  

Van Gogh Museum, Amsterdam, Netherlands.

En 1880, la "Poivrière" fut vendue à un parfumeur pour y broyer des iris.

Le petit "Moulin de la Poivrière" sera démoli en 1911, lors du percement de l'avenue Junot.

Alfred Renaudin  1866-1946  Montmartre, percement de l'avenue Junot  c.1913  Huile sur toile  Musée de Montmartre, Paris.jpg

Alfred Renaudin   1866-1946      France

"Montmartre, percement de l'avenue Junot"    c.1913 

Huile sur toile     Musée de Montmartre, Paris.

Le dimanche 17 décembre 1911, la démolition de la "Poivrière" fit la une du supplément illustré du "Petit Journal".

Le Petit Journal 17-12-1911 Démolition de la Poivrière..jpg

"Le Petit Journal"   17-12-1911       Démolition de "la Poivrière".

 
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