logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

11/11/2017

Prélude à l'Armistice du 11 novembre 1918.

Le sept novembre 1918, à 20 heures 20, dans le département de l'Aisne, sur la route D285, à mi-chemin entre La Capelle et le hameau d'Haudroy, quatre voitures allemandes, tous phares allumés et drapeau blanc en évidence, s'arrêtent sur ordre du capitaine Marius Lhuillier, commandant du 1er bataillon du 171° régiment d’infanterie française.

Dessin de Georges Scott paru dans le journal L'Illustration n° 3950-3951, 16-23 novembre 1918..jpg

Dessin de Georges Scott paru dans le journal L'Illustration n° 3950-3951, 16-23 novembre 1918.

A 20h30, Le caporal-clairon Pierre Sellier remplace le clairon allemand sur le marchepied de la première voiture. Il sonne le "cessez le feu" qui autorise les plénipotentiaires allemands chargés de négocier l’armistice à franchir la ligne de front en direction de La Capelle où, dans la villa Pasques, se tient l'état-major français.

La Capelle, villa Pasques.jpg

La Capelle (Aisne), la villa Pasques, 1918.

Conduite par Matthias Erzberger,représentant du gouvernement allemand, le général Detlof von Winterfeldt, Alfred von Oberndorff, représentant le ministère des Affaires étrangères et le Capitaine de vaisseau Ernst Vanselow, la délégation allemande se présente devant le commandant François de Bourbon Busset, officier chargé par le Maréchal Foch de conduire les plénipotentiaires de La Capelle-en-Thiérache à l'ancienne gare de Rethondes, située sur la commune de Compiègne.
Après avoir convenu que les automobiles du grand quartier impérial demeureraient à La Capelle et que la délégation allemande prendrait place dans des automobiles françaises, une première étape mène les allemands dans le village d'Homblières, près de Saint-Quentin, dans le département de l'Aisne.

La  Delaunay-Belleville immatriculée 48 774  et son conducteur Roussel.jpg

La Delaunay-Belleville immatriculée 48 774  et son conducteur Roussel.

Voiture qui transporta le secrétaire d'Etat Erzberger à Homblières où le général Debeney reçu la délégation allemande dans la nuit du 7 au 8 novembre 1918. Le presbytère, petite maison aux deux cheminées, se trouve derrière la voiture.

Le général Debeney les reçoit dans le presbytère, unique maison encore habitable du village. Le presbytère en partie détruit est sommairement réparé. Du carton bitumé et des bâches sont posés sur le toit, l'électricité installée à la hâte, une grande table est disposée dans la pièce principale.

Le presbytère d'Homblières en 1918.jpg

Le presbytère d'Homblières en 1918

Le général Debeney, après avoir détaillé les conditions de l'Armistice, demande aux allemands de signer un "cessez-le-feu" officiel mais temporaire. Après leur avoir fait servir un rapide repas, il demande au commandant de Bourbon Busset d'accompagner les plénipotentiaires jusqu'à Tergnier où ils prendront le train.
Le 8 novembre 1918, à 1h 30 du matin, les parlementaires allemands partent en voiture en direction de Tergnier, ville complètement dévastée où la gare est éclairée par des torches.

TergnierLa gare en 1917, après la retraite allemande..jpg

Tergnier (Aisne), la gare après la retraite allemande de 1917.

Un train spécial, avec deux wagons transformés en cabinet de travail aux vitres masquées, attend la délégation allemande.
A 3h 45 du matin, le convoi se dirige vers une futaie en forêt de Compiègne, où dans son train de commandement, se trouvent le maréchal Foch et la délégation alliée.
Le 11 novembre 1918, entre 5h 12 et 5h 20 du matin, l'armistice est signé. Il sera effectif sur le front à 11 heures du matin.
A Homblières, le 8 novembre 1925, en présence du général Debeney, une plaque commémorative rappelant cet événement a été posée sur le mur du presbytère . "C'est dans cette maison que le général Debeney, commandant la 1ère Armée, a reçu les parlementaires Allemands qu'il a dirigés sur Rethondes le 8 novembre 1918 à 1 heure du matin".

Homblieres (Aisne)  plaque du presbytère..jpg

Homblières (Aisne)  Plaque du presbytère.

Cette plaque et la table sur laquelle le document a été signé sera brisées par les Allemands en 1940. La plaque fut depuis remplacée.

Il en sera de même pour le monument commémoratif de la Pierre d'Haudroy. Détruit par les Allemands le 14 août 1940, il sera reconstruit et de nouveau inauguré le 14 novembre 1948.

Monument de la Pierre d'Haudroy.jpg

Monument commémoratif de la Pierre d'Haudroy (Aisne)

"1918   7 Novembre    20 Heures 20"

"Ici Triompha La Ténacité Du Poilu"

Dans la forêt de Compiègne, près de Rethondes, la voiture n° 2419 D, utilisée pour la signature de l'armistice, avait été aménagée en bureau pour le Maréchal Foch par la Société des Wagons-Lits. Devenu ensuite propriété de l'Etat, le wagon fut placé dans la cour d'honneur des Invalides de 1921 à 1927.

Wagon où fut signé l'armistice exposé dans la cour des Invalides..JPEG

Wagon où fut signé l'armistice exposé dans la cour des Invalides de 1921 à 1927.

Restauré, le wagon sera ensuite convoyé jusqu'à la clairière de Rethondes où il fut exposé dans un bâtiment conçu pour l'abriter. Il sera inauguré lors des commémorations du 11 novembre 1927 en présence du maréchal Foch et et des officiers alliés présents lors de la signature de l'Armistice.
Après la défaite des troupes alliées lors de la campagne de France, Hitler exige que le wagon soit sorti de son abri et que l'armistice du 22 juin 1940 soit signé sur le lieu exact de la signature de l'armistice de 1918.

Le 21 juin 1940, Ribbentrop, Keitel (de profil), Göring, Hess, Hitler, Raeder (caché par Hitler) et Brauchitsch, devant le wagon de l'Armistice en forêt de Compiègne..jpg

Le 21 juin 1940, Ribbentrop, Keitel (de profil), Göring, Hess, Hitler, Raeder (caché par Hitler) et Brauchitsch, devant le wagon de l'Armistice en forêt de Compiègne.

Sur ordre de Hitler, le wagon est ensuite convoyé jusqu'à Berlin. La statue de Foch étant la seule épargnée, l'ensemble des édifices et monuments de la clairière fut dynamité et le terrain sera aménagé pour être labouré et planté.
Exposé à Berlin, le wagon sera évacué en forêt de Thuringe en 1944, puis, sur ordre d'Hitler, brûlé par les SS en avril 1945.
Inauguré le 11 novembre 1950, un wagon-restaurant de la même série de 1913, aménagé à l'identique, remplace aujourd'hui la voiture de l'armistice dans un bâtiment reconstitué dans la clairière de Rethondes.

Rethondes, le wagon de l'armistice du 11 11 1918.jpg

Clairière de Rethondes, le wagon de l'armistice du 11 novembre 1918.

En 1993, un musée de l’Armistice a vu le jour entre les murs du bâtiment accueillant le wagon. Une salle d’exposition est consacrée à chacun des deux Armistices.
A la Pierre d'Haudroy, le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin, Pierre Sellier, comme tous les autres clairons régimentaires sur l'ensemble du front, sonnait à nouveau le "cessez-le-feu". Refusant toutes les propositions d'achat faites par les américains, Pierre Sellier fera don de son clairon au musée de l'Armée en 1926.

Clairon de Pierre Sellier, musée de l'Armée, Paris..jpg

Clairon de Pierre Sellier, musée de l'Armée, Paris.

La maison d’instruments de musique Couesnon lui ayant fait cadeau d’une réplique de son clairon, Pierre Sellier continuera de sonner le "cessez-le-feu" au cours de différentes cérémonies, à travers toute la France.

Un monument commémoratif étant inauguré à la Pierre d'Haudroy le 5 novembre 1925, Pierre Sellier y sonnera un "cessez-le-feu".

Pierre Sellier le 5 novembre 1925. Carte postale..JPG

Pierre Sellier, le 5 novembre 1925 (carte postale).

De 1925 à 1939, Pierre Sellier reviendra chaque année à la Pierre d'Haudroy pour y jouer un "cessez-le-feu" lors des cérémonies commémoratives du 11 novembre.
En 1927, il joue son propre rôle dans le film "La grande épreuve" réalisé par le français Alexandre Ryder.

Ce film fut distribué dans le monde entier par la firme Paramount sous le titre "The soul of France".

la grande epreuve.jpg

"La grande épreuve"

En 1935, Pierre Sellier figure à l'affiche du film documentaire "Les Hommes Oubliés" lui aussi réalisé en 1934 par Alexandre Ryder.

Les hommes oubliés.JPG

"Les hommes oubliés"

En novembre 2006, une stèle en l’honneur du caporal Pierre Sellier fut inaugurée près du monument de la Pierre d'Haudroy.

Stèle Pierre Sellier.jpg

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique