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10/11/2014

Le culte de l'offensive à outrance...

Après les défaites françaises de 1870-1871, imputées à l'esprit défensif de l'armée impériale, le culte de l'offensive à outrance deviendra essentiel pour nombre de politiques et de chefs militaires. Inspirée des "Etudes sur le combat" publiées en 1880 de Charles Ardent du Picq (1821-1870), cette doctrine reposait sur la prépondérance du facteur moral devant nécessairement engendrer la volonté de vaincre au combat.

Louis Charles Bombled 1862-1927  France  Le Petit Journal, 16 mai 1915. Comme à Valmy, la charge à la baïonnette au chant de la Marseillaise..jpg

 Louis Charles Bombled   1862-1927     France 

 "Comme à Valmy, la charge à la baïonnette au chant de la Marseillaise."

Le Petit Journal Illustré, 16 mai 1915. 

Le lieutenant-colonel Louis de Grandmaison, chef du 3° bureau chargé des opérations de l'état-major de l'armée, développait le concept de l'offensive à outrance dans "Dressage de l'infanterie en vue du combat offensif" publié en 1908.

Charge infanterie française.jpg

Charge d'infanterie française, 1914.

En février 1911, Louis de Grandmaison exposait sa théorie lors des deux conférences prononcées devant des officiers de haut rang de l’état-major de l’armée : "Il faut impérativement avoir l'initiative, quitte à prendre des risques : le choc rapide d'une attaque frontale doit être recherché, les manœuvres et les préparations  sont critiquables."

A la baïonnette !!  Georges Bertin Scott 1873-1943 France.jpg

 "A la baïonnette !! "  Offensive d'infanterie française, 1914.

Georges Bertin Scott de Plagnolle   1873-1943     France.

Cette doctrine était également enseignée très tôt à l'École de Guerre, notamment par le général Ferdinand Foch, qui en fut le directeur de 1907 à 1911. Foch écrivait dans "Des principes de la guerre" : "Pas de victoire sans bataille : la victoire est le prix du sang [...] La guerre n'est que sauvagerie et cruauté et ne reconnaît qu'un moyen d'arriver à ses fins, l'effusion sanglante".

Damblans Numéro 1283, 25 juillet 1915..jpg

Eugène Damblanc, dit Damblans   1865-1945      France 

"Le Petit Journal Illustré"  numéro 1283, 25 juillet 1915.

Une infime minorité d'officiers supérieurs émettaient certaines réserves sur la tactique préconisée tels le colonel Estienne, "le père des chars", le général Lanrezac : "Attaquons, attaquons... comme la lune" et le colonel Pétain : "Le feu tue".

Assaut français dans la plaine de Champagne, septembre 1915..jpg

"Assaut français lors de la bataille de la Marne, 8 septembre 1914."

Autochrome extrait de "The Great World War a history"

Nommé à la tête du Conseil supérieur de la guerre en juillet 1911, le général Joffre confirmait et préconisait cette attitude offensive dans le "Règlement de manœuvre d'infanterie" du 20 avril 1914 : "L'attaque implique de la part de tous les combattants la volonté de mettre l'ennemi hors de combat en l'abordant corps à corps à la baïonnette. Marcher sans tirer le plus longtemps possible, progresser ensuite par la combinaison du mouvement et du feu jusqu'à distance d'assaut, donner l'assaut à la baïonnette et poursuivre le vaincu, tels sont les actes successifs d'une attaque d'infanterie".

Damblans   Pendant la bataille de la Meuse. Une charge à la baïonnette  Le Petit Journal supplément illustré, n° 1318, 26 mars 1916..jpg

Eugène Damblanc, dit Damblans   1865-1945      France

Le Petit Journal Illustré, n° 1318, 26 mars 1916.

Le général Charles Mangin exprimait parfaitement le culte de l'offensive à outrance: "Faire la guerre, c’est attaquer".

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La charge, 1915.

L'assaut de l’éperon sud-est de Notre-Dame-de-Lorette, 15 avril 1915..jpg

L'assaut de l’éperon sud-est de Notre-Dame-de-Lorette, 15 avril 1915.

Pas-de-Calais, France.

Dès le début de la première guerre mondiale, le haut commandement français était partisan d’une offensive généralisée. Il prévoyait de mener une guerre de mouvement ne devant pas excéder quelques mois. L’artillerie appuierait de ses feux les attaques de l’infanterie jusqu’à 400 mètres des lignes ennemies qui seraient alors prises à la baïonnette.

Georges Bertin Scott 1873-1943 France  Offensive française en Champagne, hiver 1914-15..jpg

Georges Bertin Scott de Plagnolle   1873-1943      France

"Offensive française en Champagne, hiver 1914-1915."

Les tenants de "l'offensive à tout prix" qui commandèrent l’armée française durant les  premiers mois de la guerre mirent en pratique le concept de la fameuse supériorité des forces morales et de la volonté de vaincre. Ils avaient toutefois complètement occulté un aspect primordial de la théorie de Charles Ardant du Picq :  "Le feu tue et le combat moderne est un combat à distance qui refuse le corps à corps".

Jan Styka 1858 -1925  Poland  29 novembre 1914,  Mort de Władysław Szujski à la bataille de Sillery, Marne  Musée de Lublin, Poland..jpg

Jan Styka   1858 -1925      Poland 

 "Mort de Władysław Szujski à la bataille de Sillery, Marne, 29 novembre 1914.

Musée de Lublin, Poland.

Entre le 6 août et le 13 septembre 1914, l’armée française dénombrait plus de 320 000 morts, prisonniers ou disparus. De ces 40 jours de combat résultèrent, à durée équivalente, le taux de perte le plus élevé de toute la première guerre mondiale. Les officiers subalternes, entraînant les soldats au combat, seront proportionnellement les plus nombreux à tomber. 

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