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14/09/2014

Bataille de Guise, 29 août 1914.

Le 27 août 1914, après la défaite et la retraite de Charleroi, la V° armée française commandée par le général Lanrezac occupait une ligne allant de Guise à Aubenton, village proche du département des Ardennes.

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Les unités de la V° armée française occupaient Guise et ses environs. Vers 18h30, Guise était évacuée. Sur les 8 200 habitants, il ne restait que 500 personnes dans la ville.
La II° armée allemande commandée par von Bülow faisait face à la V° armée française. Elle était encadrée, à l’ouest, par la I° armée de von Kluck qui progressait en direction de Péronne-Roye, et, à l’est, par la III° armée de von Hausen qui marchait en direction de Rocroi-Rethel.

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Menacé de voir la V° armée débordée par les flancs, Lanrezac prévoyait de poursuivre la retraite sur Laon dans la journée du 28 août. Le colonel Alexandre, officier de liaison du Grand Quartier Général, vint lui porter l’ordre de Joffre d'attaquer à l'ouest sur Saint-Quentin.
Joffre souhaitait soutenir la retraite des Britanniques et permettre la montée en ligne de la VI° armée française qui, sous les ordres du général Maunoury, venait d'être constituée.

La V°armée française faisait face au nord et l'offensive prévue par Joffre devait se dérouler vers l’ouest. De fortes colonnes allemandes étant signalées au nord de la rivière Oise, la gauche de la V° armée française devenait susceptible d’être attaquée de flanc lors de son mouvement.

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Anton Hoffmann   1863-1938     Germany 

Dessin 1916, charbon de bois, avec rehauts de blanc, 53 x 77 cm      Collection privée.

Lanrezac, convaincu d'une attaque allemande sur Guise, soulignait les risques d'une telle offensive et critiquait le plan de Joffre. Ce sera le premier pas vers son limogeage.

28 août.

Le matin du 28 août, Joffre se rendait au Quartier Général de Lanrezac à Marle sur Serre, petite ville de l'Aisne située à 25 km au nord-est de Laon. Une violente dispute éclatait entre les deux généraux. Joffre sommait Lanrezac de donner des ordres d’attaque vers Saint-Quentin.
Sous la pression, Lanrezac réunissait les commandants de Corps d'Armée et préparait l'offensive des 3° et 18° corps, chacun renforcés par une division d'infanterie d’Afrique, en direction de Saint-Quentin. Le 10° Corps, faisant face au nord, restait en flanc-garde derrière la rivière Oise en amont de Guise.
Le général Joffre décidait de remplacer le général Sauret par Hache à la tête du 3° Corps d'Armée. Le général de Mas Latrie conservait le commandement du 18° Corps et le général Defforges celui du 10° Corps.

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Raymond Desvarreux-Larpenteur   1876-1961   France 

Fantassin français, 1914.

Dans la matinée du 28 août, de violents combats de rues opposaient à Guise le 5° bataillon du 228° régiment d'infanterie aux unités de la II° armée allemande du général von Bülow. Submergés par le nombre, les français, après avoir perdu 151 hommes, devaient se replier. 
Les unités du 10° Corps d'Armée du général Defforges, chargées de garder la rivière Oise, était bousculées et les Allemands occupaient Guise.

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Artillerie allemande.

La 35° division du général Exelmans du 18° Corps d'Armée, faisant mouvement vers l’ouest, parvenait à rejeter les Allemands sur la rive nord de la rivière Oise avant de reprendre sa marche vers Saint-Quentin.

Le Quartier Général de Lanrezac s'établissait à Laon.

29 août.

Le matin du 29 août, Lanrezac, en présence de Joffre, modifiait les ordres donnés la veille et organisait la contre attaque sur Guise.

Le 18° Corps du général de Mas Latrie et une division d'Afrique restaient seuls en charge de l'attaque sur Saint-Quentin. Les deux divisions de réserve du 4° groupe du général  Valabrègue devaient protéger l'aile gauche du 18° Corps d'Armée.

Dès 10h, le 3° Corps d'Armée du général Hache, abandonnant l'offensive sur Saint-Quentin, obliquait à droite pour attaquer Guise par l’ouest. Le 10° Corps d'Armée du général Defforges attaquait Guise par le sud.

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Modification de l'ordre de marche du 3° Corps d'Armée.

Le 1° Corps d'Armée du général Franchet d’Espèrey appuyait le 10° Corps. Mais, devant l’écrasante supériorité numérique des Allemands, le 10° Corps d'armée ne pouvant maintenir ses positions, reculait et, dès 10h du matin, la II° armée allemande était maître des ponts sur la rivière Oise.

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Infanterie allemande.

Les bataillons allemands franchissaient l’Oise mais l’artillerie française prenait à partie les troupes d’assaut et les renforts allemands.

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Batterie française de 75 mm.

A Etréaupont, la résistance des Bretons du 10° Corps, bloquant l’avance allemande, faisait reculer la Garde prussienne.
A 15h30, le général Franchet d’Espèrey, après une forte préparation d’artillerie, jetait ses régiments en avant. Sur un front de 20 km, de Jonqueuse à Vervins, l’attaque se développait et les Allemands, décontenancés, reculaient.

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Assaut d'infanterie française.

Le 1° Corps d'Armée française enlevait Jonqueuse, Bertaignemont, Chanlieu, Puisieux et refoulait le 10° Corps d'Armée allemand sur Guise.

Georges Bertin Scott 1873–1943 Le 48 régiment d'infanterie à Guise L'illustration, 1914.jpg

Georges Bertin Scott   1873–1943      France

"Le 48° régiment d'infanterie à Guise."

Le général Defforges, à la tête du 10e Corps d'Armée, reprenait Sains-Richaumont,  Colonfay et le Sourd. A l'ouest de Guise, la 51° division de réserve du général Boutegourd s’emparait de Voulpaix et les cavaliers de la 4° division du général Abonneau menaçaient le flanc de la II° armée allemande.

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Escadron de dragons, 1914.

Les deux Corps d'Armée allemands, repassant la rivière Oise, battaient en retraite vers le nord.
Neuf mille soldats allemands étaient tombés dans cette bataille.

Près de Saint-Quentin, le 18e corps du général de Mas Latrie, confronté à des forces supérieures en nombre, devait, dans la soirée, se replier vers la rivière Oise.

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Cuirassier blessé près de Saint-Quentin.

La V° armée risquant d'être débordée sur l'aile gauche, le général Lanrezac, le soir du 29 août, alertait le Grand Quartier Général des périls de cette situation. 

Averti de la situation par von Bülow, von Kluck tentait de combler la brèche entre la I° et la II° armée allemande. Renonçant à contourner Paris par l'ouest, il décidait d'infléchir la marche de la I° armée vers l'est et de prendre à revers la V° armée française.

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Cette nouvelle orientation marquait l'abandon définitif du plan Schlieffen.

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Plan Schlieffen initial.  

Les jours suivants, les mouvements des unités allemandes et le nouvel ordre de marche de la I° armée laissaient l'aile droite étirée et dégarnie. La VI° armée française du général Maunoury, cantonnée sur la rivière Ourcq, saisissait l'opportunité d'une offensive. Le 6 septembre débutait la  première bataille de la Marne.

30 août.

Vers 8h00, Lanrezac recevait un message de Joffre. Cet ordre, sensé lui avoir été remis la veille, lui intimait de décrocher et de reculer en deçà de la rivière Serre. La V° armée française, échappant de peu à l'encerclement, se repliait en bon ordre sur Laon. 

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14-18 magazine n°56 (fev-mars-avril 2012) 

Charles Louis Marie Lanrezac  1852-1925

Si la bataille à l'ouest de l’Oise fut qualifiée de victoire de Saint-Quentin par les Allemands, la bataille au sud de Guise fut incontestablement une victoire française. 
Il n'en reste pas moins que, le soir du 3 septembre, le général Lanrezac sera "limogé"* par Joffre aux raisons de "son esprit critique et sa mésentente avec le maréchal French". Le général Franchet d’Espèrey prenait le commandement de la V° armée française.

* Selon le livre de Pierre Rocolle, Joffre aurait relevé de leur commandement plus de 151 généraux au cours du seul premier mois de guerre.
Pierre Rocolle "L'hécatombe des généraux" ed.Lavauzelle, 1980.

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