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28/08/2011

Autoportraits au pastel

Rosalba carriera.jpg
Rosalba Carriera  (1675-1757)   Italy
 "self-portrait as winter" 
pastel sur papier   1731
Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister
Jean Siméon CHARDIN 1699-1779 - id., pastel sur papier 1771 autoportrait aux bésicles Louvre h46 l38.jpg
Jean Siméon Chardin  (1699-1779)   France
"Autoportrait aux bésicles"     1771  
pastel sur papier  48x38 cm
Paris, musée du Louvre
Jean-Siméon Chardin, Autoportrait a l'abatjour vert 1775 pastel 46x38cm musée du Louvre.jpg
Jean Siméon Chardin 
"Autoportrait a l'abat-jour vert dit aussi L'homme à la visière  1775 
  pastel  46x38 cm 
musée du Louvre
jean-louis-lambert 1698-1742 autoportrait en robe d'intérieur en soie rayée Pastel sur papier marouflé sur toile 60x50,5 cm.jpg
Jean-Louis Lambert  (1699-1742)    France   
"Autoportrait en robe d'intérieur de soie rayée"   1742  
pastel sur papier marouflé sur toile   61 x 51 cm
 collection privée
Jean-Etienne Liotard (1702-1789) Suisse Autoportrait à la toque moldave 1746.jpg
Jean-Etienne Liotard  (1702-1789)    Switzerland
"Autoportrait à la toque moldave"     1746
pastel sur papier    60,5 x 46,5 cm
Jean-Etienne Liotard.jpg
Jean-Etienne Liotard
"Autoportrait à la barbe"   1751-52
pastel sur papier   97 X 71 cm
Genève, musée d'Art et d'Histoire
William Hoare (1707-1792) English pastel 50 x 38 cm 1742.jpg
William Hoare (1707-1792)    England
self-portrait    1742
  pastel 50 x 38 cm   
Jean Huber (1721–1786) Swiss Autoportrait avec Voltaire vers 1770 Musée historique de Lausanne.jpg
Jean Huber  (1721–1786)    Switzerland
 "Autoportrait avec Voltaire"   vers 1770  
Musée historique de Lausanne
Anton Raphael Mengs 1728-1779 pastel sur papier 55,5X42,5 cm 1744 Gemaldegalerie Dresde.jpg
Anton Raphael Mengs  (1728-1779)   Germany
self-portrait    1744
  pastel sur  papier 55,5 x 42,5cm  
Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister
Marie-Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun French 1755-1842) autoportrait en costume de voyage.jpg
Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755–1842)   France
 "Autoportrait en costume de voyage"   1789 
pastel sur papier  50 x 40 cm 
  collection privée

08/08/2011

Joseph Ducreux 1735-1802

Joseph Ducreux, né à Nancy en 1735, est un portraitiste, pastelliste et graveur lorrain.

A Nancy, Il étudie et travaille dans l'atelier de son père, Charles Ducreux qui fut le premier peintre de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne déchu et duc de Lorraine.

Venu à Paris en 1760, Joseph Ducreux sera l'élève de Maurice-Quentin Delatour (1704-1788), spécialiste réputé du portrait au pastel.

Joseph Ducreux Madane Charles Ducreux née Anne Béliard, mère de l'artiste pastel sur papier beige 45,7 x 37,8 cm musée du Louvre.JPG
Joseph Ducreux
 "Madame Charles Ducreux" née Anne Béliard, mère de l'artiste 
   pastel sur papier beige  45,7 x 37,8 cm
  Paris, musée du Louvre

Le nancéien fut l'un des rares élèves connus de Delatour mais il est fort  probable qu'il possédait déjà un bon niveau pictural lors de son arrivée à Paris.

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joseph-ducreux-pierre-ambroise-francois-choderlos-de-laclos-1741-1803.jpg
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Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803)
écrivain
pastel sur papier brun 38 x 28cm, attribué à Joseph Ducreux   
Château de Versailles 
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Ducreux perfectionnera également sa technique dans l'atelier de Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) .

.Dans ses nombreux autoportraits, le nancéien tout en explorant la traditionnelle "expression des passions", rompt délibérément avec les représentations classiques de l'autoportrait.

Comme son maître Delatour, il se concentre sur le visage humain qu'il veut vivant, très expressif, voire spirituel.

Joseph Ducreux Le Discret 1791 huile sur panneau d'aluminium 91.6 x 79.9 cm Spencer Museum of Art at the University of Kansas.jpg
Autoportrait dit  "Le Discret"     1791  
 huile sur panneau d'aluminium   91.6 x 79.9 cm
Spencer Museum of Art at the University of Kansas

Il se représente silencieux, surpris, grimaçant, baîllant ou ricanant en se montrant du doigt. Il se moque en fait d'un public qui, bien que béotien, ne se gêne en rien pour critiquer la peinture

joseph ducreux vers 1783 huile sur toile 45x35 in Los Angeles, J.Paul Getty museum.jpg
Autoportrait dit "Le Baîlleur"   avant 1783   
  huile sur toile    114,3 x 88,9cm  
exposée au Salon du Louvre en 1791
 Los Angeles, J.Paul Getty museum

Dans l'un de ses autoportraits dit "en moqueur" exécuté en 1793, Ducreux semble s'être inspiré de l'autoportrait réalisé par Delatour en 1737 dit "Autoportrait à l'index" ou "L'auteur qui rit".

joseph ducreux autoportrait sous les traits d'un moqueur vers 1793 h 0,91m l 0,72m musée du Louvre.jpg
"Autoportrait sous les traits d'un moqueur"  vers 1793  
h: 0,91m    l: 0,72m 
Paris, musée du Louvre
Joseph Ducreux 1735-1802 autoportrait en officier de marine huile sur toile 62x78cm vers 1795 Rouen, musée des Beaux-Arts.jpg
"Autoportrait en officier de marine"   vers 1795 
huile sur toile  62 x 78cm  
Rouen, musée des Beaux-Arts

Joseph Ducreux n’était pas officier de marine. Il est fort probable qu'il se soit déguisé pour réaliser cet autoportrait.


L'artiste a d'autres titres de gloire que ses autoportraits.
En 1769, à l'âge de 34 ans, il sera choisi pour être envoyé à Vienne et y peindre l’archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette, avant qu’elle ne quitte son pays natal pour épouser Louis XVI.

Joseph Ducreux Marie Antoinette Habsbourg-Lorraine 1769, pastel, Versailles.jpg
"Marie-Antoinette de Habsbourg"    1769 
    pastel   64,8 × 49,5 cm   
 Château de Versailles


Elevé par la suite au titre de baron pour service rendu, il deviendra le premier peintre de la Reine.
Jusqu'en 1789, Ducreux exécute des portraits de la Cour de France, d’Allemagne et d’Angleterre.

Vieille dame à la coiffure blanche 1783 dite pastel sur papier 73x58,5 cm.jpg
"Vieille dame à la coiffure blanche"  dite  Madame Poisson, mère de Madame de¨Pompadour    1783   
 pastel sur papier  73 x 58,5 cm

En dépit de ses relations privilégiées avec la famille royale, il parvint à traverser la période révolutionnaire sans être inquiété. Tout d'abord réfugié à Londres, Ducreux revient à Paris en 1793 où il s'associe avec le peintre néoclassique Jacques-Louis David (1748-1825), président du club des Jacobins et ami de Robespierre. 

Devenu, par l'entremise de David, l'un des peintres favoris des dirigeants politiques de l'époque, il présente à chaque Salon du Louvre une série de portraits dont ceux de Saint-Just, de Georges Couthon et de Maximilien Robespierre.

Joseph Ducreux Maximilien Robespierre huile sur toile 48.3x36.2 cm.jpeg
"Maximilien Robespierre"    (1758-1794) 
huile sur toile  48.3 x 36.2 cm 

Il sera également l'auteur de l'un des derniers portraits connus de Louis XVI.

Il est vraisemblable que ce soit durant le procès du roi, en décembre 1792, que Ducreux eut l’occasion d'en prendre des croquis..

Fusain avec rehauts de craie sur papier bleuté.jpg

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Louis XVI, fusain avec rehauts de craie sur papier bleuté 

Paris, musée Carnavalet

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En avril 1793, la Convention Nationale lui octroie un logement au Louvre et il exposera au Salon jusqu'en 1801.

Joseph Ducreux est décédé à Paris en juillet 1802.

Les œuvres de l'artiste tomberont ensuite dans une longue période d'oubli. Curieusement, fin 2009, l'artiste connaîtra  un regain de célébrité.

Les rappeurs s'étant identifiés dans l'un de ses autoportraits dit "en moqueur", l'image de ce portrait, abondamment commentée, s'est propagée et multipliée sur le Net.

03/08/2011

Maurice-Quentin Delatour 1704-1788



podcast



Quentin La Tour 7.jpg

"Le prince des pastellistes".

Maurice-Quentin Delatour - dit aussi Quentin de La Tour, graphie admise par l'usage - était un peintre français spécialisé dans l'art du portrait et dans la technique du pastel.

Né à Saint-Quentin dans l'Aisne en 1704, issu d'une famille bourgeoise et cultivée, il éprouve, dès son enfance, une passion pour le dessin. 

Dès l'âge de 15 ans, il se rend à Paris pour y rencontrer et prendre conseil auprès du célèbre Nicolas Henri Tardieu (1674-1749), graveur ordinaire du roi qui le recommandera au peintre flamand Jean-Jacques Spoëde (1680-1757), artiste ami de Jean-Antoine Watteau.

En octobre 1719, Delatour entre en apprentissage dans l'atelier parisien du peintre Claude Dupouch, petit maître et professeur à l'académie de Saint-Luc.

claude-dupouch- (-1747) peintre du roi de Pologne 1739.jpg
"Claude Dupouch"   (?-1747)    peintre du roi de Pologne
Salon de 1739
musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin

En dépit d'un contrat de six ans passé avec Dupouch, Delatour mène une existence itinérante durant plusieurs années. Son périple le conduit à Reims en octobre 1722 à l'heure même où le sacre de Louis XV y attire une foule de courtisans et des célébrités venue de l'Europe entière. En 1723, il est de retour à Saint-Quentin. 

la-tour autoportrait 1735.jpgAu début de 1724, Il se rend à Cambrai,où, muni de lettres de recommandation, il assiste au congrès diplomatique qui, organisé par la France et l'Angleterre, visait à régler un différend entre l'Espagne et l'empereur germanique.

De Cambrai datent ses premiers portraits connus. Le dictionnaire des pastellistes avant 1800 - "Dictionary of pastellists before 1800"- de Neil Jeffares mentionne un portrait de la marquise de Beretti-Landi, épouse de l'ambassadeur d'Espagne exécuté à Cambrai en 1725. Il est également fort probable que c'est au congrès de Cambrai que s'établirent des relations amicales entre Voltaire, déjà fort connu à l'époque, et Delatour.

Lors de ce congrès, le talent de Delatour devait être fort apprécié puisque l'ambassadeur d'Angleterre usa de toutes les ressources de la diplomatie pour emmener l'artiste à Londres. Delatour séjournera environ deux ans en Angleterre et ce n'est qu'à l'âge de 23 ans qu'il se fixera définitivement à Paris en 1727.

A Paris, influencé par le succès du pastelliste Joseph Vivien (1657-1734) et surtout par le triomphe de la vénitienne Rosalba Carriera (1675-1757) venue à Paris en 1720 et reçue à l'Académie royale de peinture en 1721, Delatour se consacre à un seul genre, le portrait, et à une unique technique, le pastel.

En 1733, il rencontre Louis de Boullogne fils (1654-1733), premier peintre du roi Louis XV, et Jean Restout le jeune (1692-1768).

Jean Restout peintre 1692-1768 1769.jpg

"Jean Restout " (1692-1768), étude probablement réalisée pour l'envoi du morceau de réception à l'Académie en 1746    musée Antoine Lécuyer

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Conseillé et encouragé par ces peintres de grande renommée, Delatour n'aura de cesse de perfectionner sa technique.

En 1735, Voltaire sollicitant son portrait, Delatour en réalisera plusieurs dessins préparatoires. Si deux d'entre eux sont connus, l'un se trouve au musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin et le second au National Muséum de Stockholm, l'oeuvre définitive, datée de 1736, sera malheureusement perdue.

Voltaire (1694–1778) 1736.jpg
"Voltaire" (1694–1778)   Salon de 1736, l'original n'est connu que par des copies anciennes et une gravure de Pierre Gabriel Langlois. 

Cette commande prestigieuse assure une certaine notoriété à Delatour et Voltaire, enchanté du résultat, en fera son portrait officiel. Le portrait sera gravé et reproduit plusieurs fois au pastel, en miniature et à l'huile.

En 1737, à l'âge de 33 ans, Delatour est agréé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture et, bénéficiant dès lors du droit d'exposer, il présente deux pastels au Salon du Louvre, le "Portrait de Madame François Boucher" et l' "Autoportrait à l'index dit aussi à l'œil de bœuf."

Autoportrait dit à l’oeil de boeuf.1737.jpg
"Autoportrait à l'index" exposé au Salon de 1737 sous le titre : 
"L’auteur qui rit"
Genève, musée d'Art et d'Histoire 
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Cette première participation au salon marque le début d'un immense succès auprès de la haute société.

De 1737 à 1773, Delatour, devenu le portraitiste de la Cour, du monde des lettres, des arts et des spectacles, participera -hormis en 1765- à toutes les expositions du Salon du Louvre.

Il achève en 1741 le grand portrait en pied du parlementaire et magistrat Gabriel Bernard de Rieux, Président de la Chambre des Comptes.
Le président Gabriel Bernard, comte de Rieux (1687–1745) 1739-41.jpg
"Le président Gabriel Bernard, comte de Rieux" (1687–1745)
1739-41     Los Angeles, musée J. Paul Getty 
 
De par ses dimensions peu courantes (210x150cm) et de part son exceptionnelle qualité, ce portrait en pied, l'un des rares de Delatour, fut, à l'époque, l'objet de tous les éloges.

En 1742, il expose le portrait de la Présidente de Rieux et celui de son ami l'Abbé Huber.

La présidente de Rieux en habit de bal 1742.jpg
" La présidente de Rieux en habit de bal "  1742
Paris, musée Cognacq-Jay
L'Abbé Jean-Jacques Huber lisant (1699 –1747) 1742.jpg
"L'Abbé Jean-Jacques Huber lisant aux chandelles" (1699 –1747)   1742
musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin

A 38 ans Delatour prouve que le pastel est digne de rivaliser avec la peinture et les commandes se multiplient. Aristocrates, grands bourgeois, riches fonctionnaires et hauts dignitaires de l'armée sollicitent le portraitiste.

En 1743 commence la série des portraits officiels dont celui du Duc de Villars, maréchal de France, gouverneur de Provence et fils du célèbre maréchal des armées de Louis XIV.

honoré.jpg
"Honoré-Armand de Villars" (1702-1770) 
Duc et maréchal de France, gouverneur de Provence
Aix en Provence, musée Granet  

Début 1745 il obtient un brevet de logement aux galeries du Louvre. Il expose au Salon le portrait de Duval de l'Épinoy, géographe et conseiller du roi.

Louis Duval de L'Epinoy 1696–1778 secrétaire du roi Louis XV 1745.jpg
"Louis Duval de L'Epinoy" (1696–1778), secrétaire du roi Louis XV.      Lisbonne, musée Calouste Gulbenkian

En 1746 Delatour donne deux morceaux de réception à l'Académie : le portrait des peintres Jean Restout et Dumont le Romain. Il est reçu à l'Académie royale de peinture en qualité de "peintre de portraits au pastel". Il participera dès lors régulièrement aux assemblées de l'Académie royale.

Jean Restout, peintre morceau de réception 1746.jpg
"Jean Restout"   morceau de réception
Ce portrait, qu'il retoucha durant des années, sera, selon ses dires, le malheur de sa vie.
Jacques Dumont dit Le Romain peintre (1701–1781) le joueur de guitare 1742.JPG
"Jacques Dumont dit Le Romain", peintre (1701–1781)
le joueur de guitare  1742
collection particulière

En 1748, il présente 14 pastels au Salon, parmi lesquels les portraits du roi Louis XV, de la Reine, du Dauphin et du Maréchal de Saxe, célèbre vainqueur de la bataille de Fontenoy en 1745.

Louis XV 1748.jpg
"Louis XV"  (1710-1774)    musée du Louvre
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"Marie Leczinska, reine de France"  (1703-1768)    musée du Louvre
Louis de France dauphin (1745) 1729–1765.JPG
"Louis-Ferdinand de France", dauphin (1729–1765)   1745
musée du Louvre
marechal Maurice de Saxe 1696–1750 1748.jpg
"Le Maréchal Maurice de Saxe"  (1696–1750)
Dresde, Staatliche Kunstsammlugen, Gemäldegalerie Alte Meister
prince Xavier de Saxe (1730-1806) 1760.jpg
"Prince Charles Edward Stuart" (1720-1788)
1748  Edimburg, Scottish National Gallery

En 1750, âgé de 46 ans, il est nommé peintre attitré du roi et l'académie royale lui confère en 1751 le titre de conseiller, la plus haute dignité à laqelle pouvait alors prétendre un peintre de portraits.

Henry Dawkins 1728-1814 député de Southampton 1750.jpg
"Henry Dawkins" (1728-1814)  député de Southampton   1750

Rivalisant de virtuosité avec Jean-Baptiste Perronneau, autre pastelliste de talent que les critiques se plaisent à lui opposer, il exécute en 1751 probablement le plus "fini" de ses autoportraits. Ce pastel dit "Autoportrait au jabot de dentelle" est actuellement visible au musée de Picardie d'Amiens. 

Autoportrait au jabot de den telle 1750 pastel sur papier 64,5 x 53,5cm.jpg
"Autoportrait au jabot de dentelle"   1750 
pastel sur papier  64,5x53,5cm

En 1749 Madame de Pompadour sollicite son portrait en pied. Delatour est âgé de 45 ans, la marquise de 28 ans et le règne de Louis XV est à son apogée. Le portrait de grande dimension (175x128cm) ne sera terminé que cinq ans plus tard pour être exposé au salon de 1755.

Delatour en avait fixé le prix à 48 000 livres. La somme étant exorbitante, il ne lui sera remis, à son grand mécontentement, que 24 000 livres, somme pourtant considérable à l'époque.

La Marquise de Pompadour née Jeanne-Antoinette Poisson (1721–1764) pastel sur papier bleu, rehauts de gouage 1755.jpg
"La Marquise de Pompadour" née Jeanne-Antoinette Poisson (1721–1764) 
pastel sur papier bleu, rehauts de gouache (177×130cm)  1755   musée du Louvre

Avec ce somptueux portrait de la marquise de Pompadour, représentée en allégorie des Arts et des Sciences, Delatour tire la quintessence de l'art du pastel. L'un des stratagèmes invisibles employés par l'artiste fut la tête du modèle, qui, travaillée à part, sera ensuite délicatement reportée sur la composition d'ensemble.

En 1752, Delatour, inventeur d'un fixatif, bénéficie d'une pension royale annuelle de 4 000 livres.

Très en vogue à la Cour, il n'en garde pas moins son indépendance d'esprit et rétorque au roi qui souhaite le gratifier du cordon de l'ordre de Saint-Michel : "Je ne connais que la noblesse des sentiments et de prééminence que celle des talents; telle est ma devise et c'est avec mes crayons que je signe mes parchemins".

Maria Gunning comtesse de Coventry (1733-1760) 1752.jpg
"Maria Gunning", comtesse de Coventry (1733-1760)  1752

Les philosophes et les encyclopédistes, Voltaire, Rousseau, Diderot et d'Alembert font partie de ses intimes.

En 1753, il expose 17 pastels au Salon dont les portraits de Jean-Jacques Rousseau et de l'encyclopédiste Jean le Rond d'Alembert.

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"Jean-Jacques Rousseau"  (1712–1778) 
musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin
 
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"Jean Le Rond d'Alembert"  (1717–1783)
 encyclopédiste, secrétaire perpétuel de l'Académie française 
musée du Louvre 

En 1757 seront exposés le Père Emmanuel, capucin et Mademoiselle Fel, cantatrice, l'une des nombreuses actrices portraiturées par Delatour.

Marie Sallé (1707-1756) 1741 danseuse d'opéra et chorégraphe.jpg
"Marie Sallé" (1707-1756)    Salon de 1741 
                 danseuse d'opéra et chorégraphe.                   
Lisbonne, musée Calouste Gulbenkian  
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"Marie Fel"   étude 
musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin

La petite toque orientale portée par Marie Fel pourrait être celle d'Amélite dans "Zoroastre", tragédie lyrique créée en 1749 par Rameau dont elle était l'une des interprètes favorites.

Marie Fel 1713-1794 cantatrice 1757.jpg
"Marie Fel" (1713-1794)   cantatrice   1757
collection particulière

Depuis 1750, Delatour entretenait une liaison avec la chanteuse qui sera sa compagne durant plus de 30 ans.

En 1761, il expose le portrait de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe.

Dauphine Marie-Josèphe de Saxe. 1731-1767.jpg
"Marie-Josèphe de Saxe"   (1731-1767)
musée du Louvre

En 1762, Delatour réalise le portrait du duc de Berry, le futur Louis XVI, puis, l'année suivante, il achève le portrait en pied du dauphin commandé par Marie-Christine de Saxe.

En 1763, il expose le portrait du jeune comte de ¨Provence, futur Louis XVIII.     

Duc de Berry, futur Louis XVI (1754,1793).jpg
"Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence"
 futur Louis XVIII  (1755-1824)
Salon de 1763   musée du Louvre

Eternel perfectionniste, Delatour retouche sans cesse ses œuvres. Il s'acharne à en reprendre un détail, s'entête et s'épuise à en corriger le trait allant jusqu'à gâter des oeuvres admirables. Denis Diderot, inconditionnel du peintre écrivit : "Maurice Quentin de la Tour a travaillé durant 30 ans sur le portrait de son maître, il l'a gâché à force de rechercher la perfection ".

Ce souci permanent de perfection deviendra, avec les années, quasi-obsessionnel, mais, comme le peintre le reconnaissait lui-même en 1770, "la perfection que je cherche est au-dessus de l’humanité".

François Dachery,historien et ami d'enfance du peintre (1704-1776) entre 1765 et 1775.jpg
"François Dachery"  (1704-1776)     entre 1765 et 1775
historien et ami d'enfance du peintre. 
musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin
 

Ses portraits sont sans complaisance et sans hypocrisie. Il ne cherche pas à mettre en valeur ses modèles en gommant leurs défauts.

Il expose pour la dernière fois au Salon de 1773 avant de consacrer sa fortune à la fondation d'oeuvres philanthropiques et caritatives.

Avec la famille royale, l'aristocratie, le clergé mais aussi les philosophes, les écrivains et les artistes, c'est une véritable anthologie des personnalités du siècle des Lumières que l'artiste laissera derrière lui.
  

 
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