17/05/2010
Roberto Matta...le succès ..
En 1940, Matta donne des conférences à la New School for Social Research et reçoit de nombreux jeunes artistes américains dans son atelier, dont Robert Motherwell et Jackson Pollock.
Il sera l'un des artistes les plus influents sur la formation de la future école de New York et du mouvement dit de "l'expressionnisme abstrait".
En 1941, Matta se rend au Mexique. Il y redécouvre avec le plus grand intérêt la culture précolombienne et ce voyage sera déterminant pour la suite de son oeuvre picturale.

En 1946, Matta revient à Paris où il participe à l'exposition surréaliste de la galerie Maeght.

En 1948, un de ses amis, Arshile Gorky, peintre surréaliste arménien établi à New York, gravement malade, se suicide.
André Breton, très mal renseigné, croit Roberto Matta responsable de ce suicide et Matta est exclu du groupe des surréalistes.
André Breton 1896-1966
Matta repart pour le Chili où il affirme ses convictions politiques et publie un article sur le "Rôle de l'artiste révolutionnaire, qui doit redécouvrir de nouvelles relations affectives entre les hommes".
Puis, la même année de 1948, il s'installe en Italie, près de Rome, à Civitavecchia, ville portuaire sur les bords de la mer Tyrrhénienne. Il y entreprend la construction d'un immense atelier.

"L'aurore" 1953
Son engagement politique influe de plus en plus sur ses œuvres et, en 1951, le procès new-yorkais des époux Ethel et Julius Rosenberg lui inspire "Les roses sont belles".

En 1958, après avoir lu le livre d'Henri Alleg sur la torture en Algérie, il peint "La Question, Djamila".

En 1959, il est réintégré au groupe des surréalistes.


Sans jamais renier ses racines surréalistes, Matta s'oriente de plus en plus vers des thèmes socio-politiques contemporains.
En 1964, en hommage au dirigeant communiste Julián Grimau, exécuté en Espagne l'année précédente, il peint "Les Puissances du désordre", immense composition de 9 mètres de long.

En 1965-66, les bombardements du Vietnam par l’armée américaine lui inspire le monumental "Burn, Baby, Burn".

huile sur toile, 298 x 981 cm.
Au même titre que "Guernica" , "Burn, Baby, Burn" , acte d'accusation de la destruction de l'humanité, est un manifeste pour la paix.


En France, il participe activement aux événements de mai 1968 et dessine des affiches pour l'atelier populaire des Beaux-Arts.

En 1970-72, invité au Chili par le Président Salvador Allende, il y travaille à la réalisation de fresques en collaboration avec la brigade murale "Ramona Parra".
L'une d'entre elles, peinte sur 24X4 mètres en 1971, "El primer gol del pueblo chileno" ou "Le premier but du peuple chilien", célébrait la victoire du président socialiste Salvador Allende. Dès la prise de pouvoir de Pinochet, cette fresque fut recouverte de 16 couches de peinture. Restaurée, elle est aujourd'hui visible à La Granja, dans la proche banlieue de Santiago.

En 1973, prenant clairement position contre le coup d'État au Chili du général Pinochet, Matta coupe tout lien avec son pays natal .

Un nouvel exil, qui, 40 ans après le premier de 1933, lui fit dire : "C'est cet exil qui a déterminé toute ma vie, entre deux cultures. Mon travail est un travail de séparation." "De l'exil, je suis passé à l'"Ex-il", quelque part entre le connu et l'inconnu, entre la réalité et l'imaginaire. Là où commence la poésie."

Matta ne cessera jamais de dénoncer les atrocités commises par la junte militaire sous les ordres du général Pinochet, il sera déchu de sa nationalité chilienne en 1974.

En 1983, une exposition rétrospective des œuvres de Matta "Une parole pour la Méditerranée" est organisée en Espagne dans les villes de Madrid, Valence et Barcelone.

"Le Vitreur, 40 ans après" 1983
Considéré comme l'un des meilleurs peintres d'avant-garde du monde, Roberto Matta a reçu de nombreux prix et distinctions au cours de sa vie.

En 1990, le Chili lui décerne le prix National de L'Art et une exposition rétrospective de ses œuvres est réalisée par le musée des Beaux-Arts de Santiago.

En 1992, il est lauréat du prix de la fondation "Prince des Asturies" et, en 1995 au Japon, du non moins prestigieux "Praemium Imperiale" attribué par la Japan Art Association.
"Je ne sais pas si j’attends qu’on se souvienne de moi, j’aspire seulement à ce que quelqu’un, quelque part dans ce monde, ressente du plaisir avec une de mes œuvres ; c’est ma seule aspiration".

En 2002, Roberto Matta décède en Italie, à San Paolo de Civitavecchia, près de Rome.
17 jours avant sa mort, lors de sa dernière apparition publique à Rome, Matta affirmait encore : "La mort n’existe pas. Ce sont les autres qui meurent. Je ne peux pas dire que je suis mort"

Ses œuvres sont régulièrement exposées à travers l'Europe, le Japon et les Etats-Unis et son travail figure aujourd'hui dans les plus importants musées du monde.
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"Les Placets de Paracelse" 1980
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Pour en savoir beaucoup plus :



Commentaires
Moi, qui n'aime pas la peinture moderne, il faut que je reconnaise, que ce peintre a quelque chose d'extraordinaire.
Incape et surtout L'Aurore ont un colori et des reflet merveilleux.
En passant je te dire que je n'aime pas Guernica et le plupart des oeuvres modernes de Picasso.
Bises MARU
Écrit par : mbouillon | 18/05/2010
J'ai un peu du mal avec ce genre de peinture, néanmoins, j'en aime les couleurs surtout dans la première
Écrit par : Mahina | 19/05/2010
l'abstrait est le type même de peinture qui semble facile, que ceux qui pensent en fairre autant avec la queue de leur chien ou de leur bourricot , même s'il se nomme aliboron...essaient d'ateindre ce sommet de recherche de travail sur la couleur, c'est très travaillé et pas tombé du tube!
un très bon artiste
Écrit par : josette | 20/05/2010
Ce pinceau comme une arme au profond des colères
Et le ciel qui se blesse où se blesse la terre,
Entre le trait qui dit et celui qui suggère,
Le regard est saisi et se brûle en l'éclair.
@mnémosyne
Extraordinaire Roberto Matta.
merci Bernard.
Écrit par : Mnémosyne | 06/06/2010
cher ami ,
je suis tres heureuse de lire votre perception de matta ... bravo .... un abrazo federica
Écrit par : federica matta | 09/03/2011
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