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31/08/2006

Remembrance

D' où vient cette aubade câline
Chantée-on eût dit-en bateau,
Où se mêle un pizzicato
De guitare et de mandoline ?
Pourquoi cette chaleur de plomb
Où passent des senteurs d' orange,
Et pourquoi la séquelle étrange
De ces pèlerins à froc blond ?
Et cette dame quelle est-elle,
Cette dame que l' on dirait
Peinte par le vieux Tintoret
Dans sa robe de brocatelle ?
Je me souviens, je me souviens :
Ce sont des défuntes années,
Ce sont des guirlandes fanées
Et ce sont des rêves anciens !

Jean Moréas 1856-1910

30/08/2006

tu porteras ton enfance

medium_en451.2.jpgJusqu'aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance

Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance

Entravant ta marche
Ou te frayant un chemin


Andrée Chédid
Bartolomé Murillo (1617- 1682)

l'aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud

29/08/2006

Edouard Léon CORTES 1882-1969

"Le poète Parisien de la peinture"

Né le 26 août 1882 à Lagny (Seine et Marne). Décédé en 1969.
Après avoir étudié à l’Ecole nationale des Beaux- Art de Paris de 17 à 22 ans il expose pour la première fois au Salon de 1902 où il présente des rues de Paris la nuit ; tableaux qui lui permettent de remporter un immense succès. Il devient membre de la Société des Artistes Français et il y expose ses tableaux tous les ans.
En 1915, il reçoit une médaille d’argent au Salon des Artistes Français et une médaille d’or au Salon des Indépendants Il peint essentiellement des paysages parisiens où il a le plus souvent recherché les effets du moment de la journée ou de la nuit, les effets de la météorologie, des saisons : le matin, le soir, la pluie, la neige, ....
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Toute sa vie, il a cherché à améliorer son style et sa technique.

A l’inverse de ses contemporains, il n’a pas offert ses services de maître, même si de nombreux artistes ont prétendu avoir étudié à ses côtés

28/08/2006

En adieu

Et le soleil a décliné
Sans que j'ai vu le temps qui passe.
Le soir vient de s'illuminer
Des derniers rayons de l'espace,
Je sens mon ombre longue et lasse.

L'air est si tendre et si léger,
Si doux le souffle de la brise,
Que l'on voudrait ne rien changer
Et garder l'éternité prise
Comme au coeur le sanglot se brise.

Mais c'est le soir et c'est la nuit
Et s'engloutit la vie que j'aime.
Ce jour fut beau mais il a fui.
Je te laisse un peu de moi-même
En dernier adieu, ce poème.

Jacques Charpentreau

Seul

On s'en vient seul et on s'en va de même.
On s'endort seul dans un lit partagé.

On mange seul le pain de ses poèmes.
Seul avec soi on se trouve étranger.

Seul à rêver que gravite l'espace,
Seul à sentir son moi de chair, de sang,

Seul à pouvoir garder l'instant qui passe,
Seul à passer sans se vouloir passant.

Liliane Wouters

27/08/2006

florilège.......

Edouart Manet 1832- 1883medium_manet1_.2.jpgmedium_manet12.3.jpgmedium_manet1_.3.jpgmedium_manet11.2.jpgmedium_manet01.3.jpg

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La poussière du jour

La poussière de l'heure et la cendre du jour
En un brouillard léger flottant au crépuscule.
Un lambeau de soleil au lointain du ciel brûlé,
Et l'on voit s'effacer les clochers d'alentour.

La poussière du jour et la cendre de l'heure
Montent, comme au-dessus d'un invisible feu,
Et dans le clair de lune adorablement bleu
Planent au gré du vent dont l'air frais nous effleure.

La poussière de l'heure et la cendre du jour
Retombent sur nos coeurs comme une pluie amère,
Car dans le jour fuyant et dans l'heure éphémère
Combien n'ont-ils pas mis d'espérance et d'amour !

La poussière du jour et la cendre de l'heure
Contiennent nos soupirs, nos voeux et nos chansons ;
À chaque heure envolée, un peu nous périssons,
Et devant cette mort incessante, je pleure

La poussière du jour et la cendre de l'heure...

Albert Lozeau 1878-1924

Mon âme a son secret.......

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Hélas! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
" Quelle est donc cette femme ? " Et ne comprendra pas !

Félix ARVERS 1806-1850

26/08/2006

Antoine Chintreuil...1814-1873

Peintre français né en 1814 à Pont-de-Vaux (Ain) , décédé à la Tournelle en 1873.
Issu d'une famille modeste, Antoine Chintreuil, attiré très jeune par la peinture , arrive à Paris en 1838.
Il y intègre très vite le groupe des "Buveurs d’eau", groupe qui rassemble de jeunes artistes bohèmes, écrivains, peintres, sculpteurs....
En 1843, il rencontre Corot et, sur les encouragements et les conseils éclairés de ce dernier, décide de se consacrer exclusivement à la peinture de paysage. Passant de longues heures dans les prés et les sous-bois humides, il s’engage dans la voie ouverte par Corot mais il n’imite pas son maître et entame une démarche toute personnelle.
Chintreuil ne s’intéresse pas à l’anecdotique ou au pittoresque, il peint la nature pour elle-même. Plaines, clairières, sous-bois, sentiers bordés d’arbres, marines, constituent en effet le principal sujet de ses peintures.
Il peint en plein air des paysages imprégnés de douce mélancolie. Son œuvre se caractérise par une sensibilité proche de l’Ecole de Barbizon, inspirée des paysagistes hollandais du XVIIe siècle, une étape artistique essentielle avant l’impressionnisme.








Admis pour la première fois au Salon en 1847 après dix ans d'efforts et de misère , il trouve ses sujets à Igny dans la vallée de la Bièvre, puis à La Tournelle près de Septeuil dans la vallée de Vaucouleurs où il s'établit à la belle saison avec le peintre Jean Desbrosses.
En 1850, il part à Igny dans l' Essonne où il retrouve Camille Corot et Odilon Redon. Chintreuil rencontre aussi Daubigny et partage sa conception et sa vision de la peinture, conception pouvant être qualifiée de "pré-impressionniste".
Son goût pour les verts tendres et veloutés, les gris délicats et les bleus célestes se révèle et dans la vallée de la Bièvre, Chintreuil peint de longues heures à l’orée du jour ou de la nuit, dans les prés humides où il capte la lumière de ces instants précieux.







Il effectue également des séjours dans la Manche où il peint quelques bords de mer.









Malgré les premiers succès du salon de 1850, et les expositions successives en France les années suivantes, c’est en 1863 que se produit un changement dans sa carrière. Ses œuvres refusées par le jury du salon, il prend la tête du comité des refusés et organise un salon parallèle où il expose aux côtés de Corot, Manet, Cézanne et Pissarro.
En 1870, il reçoit la Légion d'Honneur, consécration de son talent. Il meurt à la Tournelle le 8 août 1873 après avoir achevé "Pluie et soleil" aujourd'hui au musée d'Orsay.

Dans l’histoire de la peinture de paysages du XIXe siècle, Antoine Chintreuil demeure une figure originale, singulière, et encore largement méconnue.
Le choix du titre de ses peintures, «Les ruines au soleil couchant», «Le soleil chasse le brouillard», «Le lever de l’aurore après une nuit d’orage», «Les vapeurs du soir», «Brumes matinales» et l’attention portée aux effets atmosphériques résultant de l’apparition ou la disparition de la lumière du jour, témoignent de cette sensibilité qui amena son ami Champfleury, éminent critique artistique, à le nommer peintre des «brumes et rosées».

L’héritage et l'influence de Corot se ressentent dans la recherche d’un équilibre et d’un certain réalisme, décrivant la nature pour elle-même, dans un lyrisme profond et original.
Mais Chintreuil a refusé le côté pittoresque ou anecdotique du paysage et il n’a pas imité ou pastiché l’œuvre de Corot. Il a entrepris une démarche très personnelle pour définir et appréhender "sa" relation entre la nature et la peinture.
Chintreuil ,s’éloignant peu à peu du naturalisme, a révèlé une sensibilité picturale proche de l’impressionnisme et du symbolisme futurs.

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