27/04/2009
Le cloître de Saint-Lizier en Ariège
Au coeur des Pyrénées ariégeoises , se situe un petit bourg au passé prestigieux.
Il est probable que ce bâti très particulier justifie l’existence de deux cathédrales dans cette petite ville de moins de 1700 habitants.
Ce serait l'évêque Lycérius mort en 747, qui, canonisé, devint Saint-Lizier et donna son nom à la ville.
A Saint-Lizier, le passé surgit à chaque pas... ruelles entrecoupées de jardins, maisons anciennes aux vieilles pierres accrochées sur la rive escarpée du Salat,
tuiles rouges du clocher toulousain , granit des murs gris de l'Hôtel Dieu, colossal Palais des évêques qui domine les 12 vallées du pays du Couserans.
Construit de 1655 à 1680 par l’évêque Bernard de Marniesse, le Palais des évêques s’appuie sur le rempart romain.

Dans la ville haute, close d'une enceinte gallo-romaine, des ruelles en galets bordées de demeures du XVIIième siècle ajoutent au charme de la découverte de la cité.
Dans la cité , il convient de visiter, entre autres, le Palais des évêques et le musée des arts et traditions populaires, l' Hôtel Dieu et sa pharmacie musée, cette apothicairerie de l'hôpital restée en l'état depuis le XVIIIe siècle avec ses séries de pots d'orviétan et thériaque, remèdes miraculeux de l'époque ...

Et puis, les deux cathédrales.
Notre-Dame de la Sède, dans la ville haute, se situe dans l'enceinte du Palais des évêques. Edifiée du XIIème au XVIème siècle sur les vestiges d'une ancienne église romane, l'église gothique s'appuie, en partie, sur le rempart romain. Le choeur est orné de belles boiseries et de stalles de noyer clair. Les travaux de réhabilitation réalisés ont révélé des peintures exceptionnelles du XIVième siècle. Du cloître roman disparu, ne subsiste aujourd'hui qu'une très belle salle capitulaire du XIIième siècle.
A mi-pente, vers la ville basse, la cathédrale Saint-Lizier, est la plus ancienne.
De style roman, construite au XIIème siècle, la cathétrale Saint-Lizier est dominée par un clocher octogonal typique du style toulousain. Haut de deux étages, chaque face est percée de deux fenêtres au sommet triangulaire. Ce lourd clocher de brique aux murs épais est couronné d'une dentelure crénelée.
Puis, soudain, on passe de l’ombre à la lumière.....une petite porte dans le mur sud de la nef donne accès au cloître.
Chef-d'oeuvre de l'architecture monastique et de l'art roman, de ce lieu magique inondé de clarté se dégage une impression de légéreté quasi-irréelle ...
De dimension modeste, il ne mesure que 15m sur 10, sa construction est d'une extrême simplicité.
Il comporte deux étages de galeries à arcades, l'une au rez-de-chaussée, en maçonnerie, l'autre au premier, en charpente.
La galerie basse est d’époque romane. La galerie supérieure, ajoutée au XIVe siècle, est couverte d’un toit à une seule pente. Sous les enduits des murs ont été mises à jour des fresques probablement datées du XIVe siècle.
L'étage roman est constitué d'arc en plein cintre reposant sur des colonnettes de marbre alternativement simples et jumelées...
Les 38 chapiteaux des colonnettes sont en pierre et, pour certains, en marbre.
Les motifs ornementaux en sont aussi divers que variés... palmettes, feuilles d’acanthe, tresses, vannerie, palmier,
masques, têtes d’hommes, scènes de chasse,
Les chapiteaux de la galerie nord, la plus ancienne, rappellent par leur style ceux du cloître de l'église toulousaine de la Daurade.
Dans les cloîtres bénédictins ou canoniaux, les chapiteaux des colonnes et des piliers, le plus souvent historiés, constituent des décors remarquables.
Les cloîtres cisterciens sont, quant à eux, dépourvus de chapiteaux historiés, tous décors étant interdits par la règle.

Si vos pas vous portent jour à travers l'Ariège, il vous faut visiter cette petite ville, la cathédrale Saint Lizier et son cloître roman...ce petit espace de verdure et de lumière qui semble comme suspendu entre ciel et terre...
Et pour en savoir beaucoup plus : http://www.histariege.com/saint_lizier.htm
12:11 Publié dans architecture | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : Saint-Lizier, cloître, art roman, cathédrale, Ariège, Couserans
09/09/2006
la sainte chapelle.... Paris Ier
1246-1248 : Pierre de Montreuil
La Sainte-Chapelle a été bâtie, en un temps record, à la demande de Saint Louis. Elle fut conçue comme une chasse précieuse devant abriter et mettre en valeur les reliques du Bois de la Croix et de la Couronne d'Épines du Christ , chèrement acquises auprès de Baudoin II, empereur de Constantinople.
La première pierre de ce bijou gothique, attribué à Pierre de Montreuil, fut posée en janvier 1246 et elle fut consacrée le 25 avril 1248. Reconstruite au XVIIème siècle, suite à un incendie, elle fut pieusement restaurée par Duban et Lassus : la flèche, haute de 75 m, a été élevée en 1857. Ce chef d'oeuvre du gothique rayonnant allie légèreté, élégance et équilibre. Certains auteurs considérent qu'il marque l'apogée de cet art.
La Sainte-Chapelle présente deux étages : la chapelle haute réservée au roi et à sa famille, la chapelle basse pour les gens du commun, selon un usage courant dans la construction des palais royaux du moyen age. A l'origine, la chapelle haute n'était accessible que par les galeries supérieures du palais, Saint Louis n'ayant pas fait construire d'escalier public.
La chapelle basse, dédiée à la Vierge et superbement décorée, était accessible aux gens de service.
Désormais accessible par un escalier, la chapelle haute est une pure merveille avec une hauteur sous voûte de 20 m, ses dorures et ses statues et, surtout, ses 15 verrières (15,4 m sur 4,25 m) ornées des plus beaux vitraux (618 m²) : les deux tiers des 1 134 scènes présentées dateraient du XIIIème siècle.
Les vitraux représentent des scènes religieuses choisies en fonction de l'emplacement des personnages royaux lors des offices. Près du roi, ont été placés des scènes évoquant le roi David et le roi Salomon.
Ces vitraux constituent un ensemble homogène, leurs dominantes rouge et bleue donnent à la chapelle haute un éclat incomparable.
Ornée d'un ensemble unique de quinze verrières et d'une grande rose formant de véritables murs de lumière, la Sainte-Chapelle constitue le joyau du gothique français.
Outre ses somptueuses verrières, la Sainte-Chapelle est ornée de peintures murales, fidèlement restituées au XIX e siècle et d'un décor sculpté remarquable par sa finesse et sa variété. Le faste de son architecture et de sa décoration , le cérémonial attaché au culte de ses reliques ont influencé toute la création artistique et liturgique jusqu'au XVI e siècle.
Cette chapelle est à visiter, si possible, par beau temps, quand les rayons du soleil frappent les verrières et générent des éclairages quasi-surnaturels.

19:00 Publié dans architecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11/07/2006
Eglise Saint-Louis-en-l'Ile..Paris IV
construction : entre 1664 et 1726 - Architectes: François Le Vau, puis Gabriel Le Duc et Jacques Doucet.

L'église est bordée par la rue Poulletier et un étroit passage. Sa façade, orientée sur la rue Saint-Louis-en-l'Ile, est ornée d'une horloge suspendue à une potence en fer et dominée par une tour-clocher d'un architecte inconnu, dont la flèche est ajourée d'ouvertures ovales et circulaires.
La première chapelle de l'Ile Saint-Louis ne sera construite qu'en 1622. Dédiée à l'origine à Notre-Dame de l'Isle, puis à saint Louis en 1634, elle servira de salle de réunion et de bureau de charité à saint Vincent de Paul. La signature du marché pour la construction d'une nouvelle église décidée en 1642 et conçue par François Le Vau, frère cadet de Louis Le Vau, n'interviendra qu'en 1656.
Retardé pour des raisons financières, le chantier débutera en 1664, date à laquelle Monseigneur de Péréfixe de Beaumont, archevêque de Paris, posera la première pierre. Une expertise conduite en 1675 par les architectes Daniel Gittard et Libéral Bruand, critiquera le plan de la construction et mettra en doute de la solidité de l'édifice.
Gabriel Le Duc, collaborateur de Le Muet au Val-de-Grâce, reprendra le chantier à la mort de ce dernier en 1670. Il achèvera le choeur et le transept reliés à l'ancienne chapelle conservée à titre provisoire, qui s'effondrera à la suite d'un orage en février 1701. L'architecte dessinera les plans de la nouvelle nef qui sera construite par son successeur, Jacques Doucet, en 1723.
L'église fut consacrée en 1726, sa construction demanda 62 ans de travaux.
Longue de 60m et large de 30m , l'église, de style jésuite, est le parfait exemple du baroque religieux français du XVIIème siècle.

Le grand portail d’entrée dessiné par Le Duc ne fut jamais exécuté. Un portail ouvrant dans la rue le remplace à titre provisoire depuis 1726 : Œuvre en chêne exécutée par Nicolas Legendre.
La tour clocher, originalité charmante de cette église, point remarquable de l’Ile Saint Louis, ne date que de 1765.
À l’origine, un campanile avait été construit au centre du transept, mais un orage le foudroya en 1740. Le clocher actuel le remplace depuis 1765, il est haut de 30 m. Ajouré, il est dit « à la polonaise ». On remarque son l’horloge à chiffres dorés accrochée à une potence en fer travaillé qui rappelle les enseignes de l’époque.

L'édifice comporte un vestibule suivi d'une nef de trois travées, bordée de bas-côtés qui donnent accès aux chapelles latérales.


Le transept, non saillant, est surmonté d'une coupole surbaissée supportée par quatre arcades. Les armes de France entourées du collier de l'Ordre du Saint-Esprit ornent sa clef. Le choeur à deux travées est entouré d'un déambulatoire à chapelles rayonnantes.

Jean-Baptiste de Champaigne, neveu de Philippe, semble avoir assuré la décoration intérieur de l'édifice.

Le buffet d'orgue, financé par l'abbé Bossuet en 1888, sera complété en 1923. Aujourd'hui déposé, il a été remplacé par un nouvel instrument en 2005.
L'église , transformée en dépôts de livres sous la révolution, sera en partie dépouillée à partir de 1791. Vendue comme bien national en 1798, elle ne sera rendue au culte qu'en 1817 par la ville de Paris qui en assure depuis l’entretien.
L'abbé Louis Bossuet, curé de la paroisse entre 1864 et 1888 , entreprendra un important programme de restauration et procédera à l'acquisition de nombreuses oeuvres d'art. La ville de Paris commandera 28 tableaux destinés au décor des chapelles latérales.
La ferveur des paroissiens du XIXe siècle ainsi que certains abbés – comme Bossuet – permit de constituer une extraordinaire collection d’œuvres d’art : huit peintures flamandes du XVIe siècle, les Disciples d’Emmaüs de Coypel , de nombreuses peintures italiennes du XVIIe et XVIIIe siècle ainsi que de magnifiques broderies à l’aiguille d’ornements liturgiques des XIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles.
L’église Saint Louis en l’Ile, aux riches décors intérieurs, reste un des meilleurs exemples du classicisme religieux français au XVIIème siècle. Conçue à l’image d’un petit salon aristocratique, elle est aujourd’hui un petit « musée » d’œuvres d'art originales et variées.

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