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30/04/2016

Fausto Pacheco 1899-1966

Fausto Pacheco.jpgFausto Hernández Pacheco était un artiste peintre, graveur et photographe costaricien.
Né à Heredia en 1899, il effectue ses études dans le lycée de cette ville. Le peintre Ezequiel Jimenez Rojas (1869-1957), l'initiateur de la peinture de paysage au Costa Rica, y fut l'un de ses professeurs.

Dès l'âge de 18 ans, Fausto Pacheco donne durant deux ans des cours de dessin à l'école normale de Heredia, centre de formation des professeurs d’université.

Maisons paysannes.jpg

"Maisons paysannes"

En 1919, Pacheco s'installe dans la capitale, San José, où il continue d'enseigner et de peindre.

Maison de campagne non datée  Huile sur toile 81 x 97 cm  Banque Improsa, San josé..jpg

"Maison de campagne"

Non datée     Huile sur toile  81 x 97 cm 

Banque Improsa, San josé, Costa Rica.

En 1924, auteur de caricatures politiques sous le gouvernement de Ricardo Jiménez Oreamuno, il effectue un bref séjour en prison.
En 1928, il travaille comme photographe et photograveur pour le journal "Diario" de Costa Rica. Ses dessins et ses lithographies, publiés dans les journaux quotidiens du Panama "La Estrella" et "Panama américaine", connaissent un franc succès.

Paysage  Costa Rica Art Museum (MAC),  San Jose, Costa Rica.jpg

"Paysage

Costa Rica Art Museum (MAC), San Jose, Costa Rica.

Fausto Pacheco participe durant plusieurs années à l'Exposition Nationale des Beaux-Arts du Costa Rica.
En 1942, il est nommé professeur à l'Académie des Beaux-Arts de l'Université du Costa Rica.

Aquarelle Sans titre, non datée.jpg

Aquarelle    Sans titre, non datée

Aux États-Unis, Fausto Pacheco a participé à l'exposition collective des artistes costariciens dans le musée Charles Hosmer Morse de Winter Park, en Floride.

Bord de mer Collection du Fonds de sécurité sociale du Costa Rica  (CCSS)..jpg

"Bord de mer"

Collection du Fonds de sécurité sociale du Costa Rica  (CCSS).

En 1955, il donne des cours à "La Casa del Artista" de San José.

Maison paysanne c.1955  Huile sur toile..jpg

"Maison paysanne"     c.1955       Huile sur toile.

Fausto Pacheco est décédé en 1966 à l'hôpital San Juan de Dios de San José. Il était âgé de 67 ans.

Maison en pisé Collection du Fonds de sécurité sociale du Costa Rica (CCSS)..JPG

"Maison en pisé"

Collection du Fonds de sécurité sociale du Costa Rica (CCSS).

Fausto Pacheco fut l'un des premiers peintres costariciens qui réussit à vivre de son travail.

Paysage de Escazu Musée Calderon Guardia, San José, Costa Rica.  Collection du Fonds de sécurité sociale (CCSS)..jpg

"Paysage de Escazu"

Musée Calderon Guardia, San José, Costa Rica. 

Collection du Fonds de sécurité sociale (CCSS).

Au Costa Rica, ses peintures de paysages sont considérées comme autant de symboles de l'identité nationale.

07/04/2016

Henrique Pousão 1859-1884

henrique.jpgHenrique Cesar de Araujo Pousão, né en 1859 dans la petite ville de Vila Viçosa, était un peintre portugais.
En 1872, il prend des leçons auprès du peintre José António da Costa. Sur les conseils de ce dernier, il intègre l'Académie des Beaux-Arts de Porto où il suit les cours de Tadeu de Almeida Maria Furtado (1813-1901) et de João António Correia (1822-1896) jusqu'en 1879.
En Juin 1880, lauréat du concours de peinture de paysage, il obtient une bourse lui permettant d'étudier à l'étranger.

Paysage de Porto 1880  huile sur toile 68,8 x 122,4 cm.jpg

"Paysage de Porto"        1880

Huile sur toile    88,8 x 122,4 cm

Musée National Soares dos Reis, Porto.

En Novembre 1880, il part pour Paris où il est admis à l'École des Beaux-Arts. Elève d'Adolphe Yvon (1817-1893) et d'Alexandre Cabanel (1823-1889) durant trois mois, il est victime d'une bronchite aiguë qui l'oblige à quitter Paris pour suivre un traitement médical dans la station thermale de La Bourboule.

Saint-Sauves d'Auvergne 1881 Huile sur toile 46 x  65,5 cm Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Saint-Sauves d'Auvergne"     1881

Huile sur toile  46 x 65,5 cm

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Village de Saint-Sauves 1881 Huile sur bois 46 x 37,8 cm Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Village de Saint-Sauves"       1881

Huile sur bois    46 x 37,8 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Quelques mois plus tard, de retour à Paris, les médecins lui conseillent de se rendre en Italie. A Rome, délaissant le style naturaliste des années 1880, il peint des rues, des maisons, des chemins. Il effectue quelques séjours à Naples, à Capri et à Anacapri où il peint également des paysages et plusieurs portraits.

Jeune garçon napolitain 1882  Huile sur bois 44,5 x 33,5 cm Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Jeune garçon napolitain"     1882 

Huile sur bois    44,5 x 33,5 cm

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Maisons blanches de Capri 1882 Huile sur toile 70 x 140 cm  Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Maisons blanches de Capri"     1882

Huile sur toile    70 x 140 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Casanda  1882 Huile sur toile 130,5 x 81,5 cm  Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Casanda"       1882

Huile sur toile  130,5 x 81,5 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Napolitaine 1882 Huile sur toile 40,3 x 32 cm Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Napolitaine"    1882

Huile sur toile   40,3 x 32 cm

Musée national Soares dos Reis, Porto.

La détérioration de son état de santé l'oblige à rentrer au Portugal en octobre 1883.
Henrique Pousão, victime de la tuberculose, est décédé en 1884, à l'âge de 25 ans, à Vila Viçosa.

Cecilia 1882 Huile sur toile 82 x 57,5 cm  Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Cecilia"    1882

Huile sur toile 82 x 57,5 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

En 1888, le père de l'artiste déposa le travail de son fils à l’Académie des Beaux-Arts du Porto.

Dame vêtue de noir 1882  Huile sur bois 28,3 x 18,4 cm Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Dame vêtue de noir"      1882 

Huile sur bois    28,3 x 18,4 cm

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Henrique Pousão est considéré comme l'un des plus grands peintres portugais de la seconde moitié du XIXe siècle.

L'espérance du succès 1882 Huile sur toile 131,5 x 83,5 cm  Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"L'espérance du succès"       1882

Huile sur toile    131,5 x 83,5 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Un bon nombre de ses toiles figurent au Musée National Soares dos Reis de Porto et au Musée du Chiado de Lisbonne.

Les volets bleus 1883  Huile sur bois 28,5 x 25,6 cm  Musée national Soares dos Reis, Porto..jpg

"Les volets bleus"     1883 

Huile sur bois   28,5 x 25,6 cm 

Musée national Soares dos Reis, Porto.

Depuis 2009, Vila Viçosa, ville natale d'Henrique Pousão, décerne un prix de peinture portant son nom.

28/03/2016

Le siège de Paris... 1870

Dès 1840, le roi Louis-Philippe et le ministre président du Conseil Adolphe Thiers décidaient de la construction d'une ceinture fortifiée entourant la capitale.
Le 19 septembre 1870, la ville de Paris est encerclée par les armées prussiennes. Retranchée derrière les fortifications érigées de 1841 à 1844, la population parisienne, défendue par près de 220 000 hommes, espère encore résister et vaincre. Mais les tentatives de sorties des troupes françaises se soldent toutes par des échecs successifs et de lourdes pertes humaines.

Ernest Meissonier 1815-1891 France  Le siège de Paris 1884 Huile sur toile 53,5 x 70,5 Musée d'Orsay, France..jpg

Ernest Meissonier   1815-1891     France 

"Le siège de Paris"    1884

Huile sur toile 53,5 x 70,5 cm     Musée d'Orsay, France.

Paris compte à l'époque environ 1 830 000 habitants et 200 000 réfugiés venus des proches banlieues.

Les réserves de vivres de la ville, bien qu'abondantes, sont rapidement consommées et l'absence de tout rationnement organisé favorise une spéculation féroce sur les produits alimentaires.

Henri Pille 1844-1897 France Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870 Huile sur toile 65 x 81 cm  Musée Carnavalet, Paris..JPG

Henri Pille  1844-1897       France

"Une cantine municipale pendant le siège de Paris en 1870"

Huile sur toile   65 x 81 cm      Musée Carnavalet, Paris.

Début octobre 1870, le gouvernement décide d’ouvrir des boucheries municipales. La pénurie de viande est telle, que très vite, ces boucheries ne pourront distribuer que quelques dizaines de grammes de viande par personne. Fin octobre, elles ne proposerons plus que du suif.
Dès cette période, des commerces de viandes canines et félines s'installent dans la ville assiégée. Ces boucheries proposent du chat, du chien, des moineaux et même des rats.

Siège de Paris,1870, Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain..jpg

Siège de Paris, 1870

"Une boucherie canine et féline au marché Saint-Germain."

Un marché aux rats est organisé sur la place de l’Hôtel de Ville et des marchands de rongeurs montent des étalages improvisés dans les rues de Paris.

Narcisse Chaillou 1835-1916 France Le dépeceur de rats 1870 Huile sur toile  65 cm x 50 cm Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France..jpg

Narcisse Chaillou   1835-1916      France

"Le dépeceur de rats"    1870

Huile sur toile   65 x 50 cm  

Musée d'art et d'histoire, Saint-Denis, France.

Signé à Versailles, l’armistice du 28 janvier 1871 mettra un terme officiel à la guerre franco-prussienne.
Le siège de Paris, après avoir duré 133 jours, s'achèvera dès le 29 janvier 1871 mais les troupes de Guillaume I° ne quitteront la ville que le 3 mars suivant.

Plaque humoristique 1870  Musée de l'Armée, Paris.  La famine du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche..jpg

Plaque humoristique   1870     Musée de l'Armée, Paris.

La famine lors du siège de Paris, un croûton de pain rassis en guise de brioche.

L'augmentation de la portée des tirs d'artillerie rendent très vite l'enceinte dite de Thiers ou "Fortifs" obsolète. Dès le 5 janvier 1871, Paris est bombardé par les canons prussiens. Le démantèlement de l'enceinte sera envisagé dès 1882.

Déclassées par la loi du 19 avril 1919, les fortifications, progressivement détruites au cours de la décennie suivante, laissent place à des terrains vagues très rapidement couverts d'abris de fortune et de baraques, "La zone" *. A partir de 1930, ces terrains verront la construction de logements sociaux dits HBM - Habitations à Bon Marché-, d’équipements sportifs et l'aménagement de quelques espaces verts. 

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan..JPG

La zone et les habitations bon marché construites en arrière plan.

Les derniers "zoniers" ne quitteront les lieux que dans les années 1970, lors de l’achèvement du boulevard périphérique.

* Le recensement de 1926 dénombrait plus de 13 500 constructions illicites édifiées sur la zone. La population était estimée à 42 400 habitants, dont 8 000 étrangers.     

19/03/2016

Pierre-Auguste Renoir 1841-1919

Pierre-Auguste Renoir Limoges, 1841 -  Cagnes-sur-Mer, 1919.JPG

"En réalité, nous ne savons plus rien, nous ne sommes plus sûrs de rien. Lorsqu’on regarde les œuvres des anciens, on n’a vraiment pas à faire les malins."

 

Pierre-Auguste Renoir 

Limoges,1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919

13/03/2016

François-Marie Arouet, dit Voltaire 1694-1778

Voltaire.jpg"En ouvrage de goût, en musique, en poésie, en peinture, c'est le goût qui tient lieu de montre; et celui qui n'en juge que par des règles en juge mal"

 
François-Marie Arouet, dit Voltaire
Paris, 1694 - id. 1778

Emile Henri Blanchon 1845-?

Emile-Henri Blanchon 1845.jpgEmile Henri Blanchon, né à Paris en 1845, était un peintre français.
Elève du célèbre peintre académique Alexandre Cabanel (1823-1889), il est connu pour avoir remporté, avec Henri Gervex (1852-1929), le concours organisé en 1878 pour décorer les murs, le plafond et le couloir de la salle des mariages de la nouvelle mairie du XIX° arrondissement de Paris.
Les deux peintres, tournés vers la modernité, présentent des projets innovants pour l'époque et des scènes de la vie quotidienne de l'arrondissement succèderont aux scènes allégoriques et mythologiques traditionnelles.
Henry Gervex peindra "Le port de La Villette", "Le mariage civil" et "Le Bureau de bienfaisance" et Emile Blanchon, "Le Marché aux bestiaux", "La déclaration de naissance" et "L'école d'adultes ou cours du soir".


Au Salon de 1884, Emile Blanchon présente "Un Fort de la Vallée* - Halles Centrales".

Un Fort de la Vallée - Halles Centrales 1884   Huile sur toile 275 x 148 cm Collection privée..jpg

"Un Fort de la Vallée - Halles Centrales"    1884  

Huile sur toile  108,27 x 58,58 cm     Collection privée.

* "La vallée de la misère" ou plus simplement "La Vallée" était le nom donné au pavillon IV de la volaille et du gibier des Halles centrales dessinées en 1854 par l’architecte Victor Baltard. Cet ancien marché, jadis situé sur le quai de la Mégisserie et le quai des Grands-Augustins, était connu sous la dénomination de "la Vallée de la misère" en raison du grand nombre d’animaux abattus dans des conditions de travail déplorables. Au fil du temps "la Vallée de la Misère" devint plus simplement "la Vallée" et ce vieux nom s’imposa à la nouvelle construction lorsque, dès 1866, les marchands de volailles et de gibiers se sont installés dans le pavillon IV des Halles centrales.

Dans le roman publié en 1873, "Le ventre de Paris", Emile Zola, fait souvent allusion au pavillon de la volaille en utilisant l’expression "la Vallée".

Victor Gabriel Gilbert  Un coin des Halles  c.1880  Huile sur toile 235 x 331 cm  Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France..jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin des Halles"   c.1881    Huile sur toile  235 x 331 cm

Musée des Beaux-Arts, Bordeaux, France.

Victor-Gabriel Gilbert  Le marché aux poissons, Halles  centrales   1881.jpg

Victor Gabriel Gilbert 

"Le marché aux poissons, Halles centrales"    1881

Léon Lhermitte  Les Halles 1895 - Huile sur toile 404 x 635 cm  Musée du Petit Palais, Paris..jpg

Léon Lhermitte     "Les Halles"   1895  

Huile sur toile  404 x 635 cm     Musée du Petit Palais, Paris.

Les Forts des Halles.  
L’office des porteurs officiels du marché, créé au XIII° siècle par Saint Louis, regroupe les chasse-marée et la communauté des vendeurs de poisson de mer sur le marché parisien. Suite à l’ordonnance de 1415, les porteurs se voient conférer les titres de “jurés-porteurs" et d’officiers de la Ville de Paris. Nommés par le Prévôt des marchands, ils prêtent serment devant lui et demeurent sous sa compétence directe jusqu’au XVIII° siècle.
A l’image de toutes les corporations, l’office des porteurs est supprimé de 1789 à 1799 avant d’être rétabli au XIX° siècle par Napoléon Bonaparte dans le but d’encadrer et de minimiser les pratiques frauduleuses.

Organisés en syndicats, les porteurs gagneront ensuite leur appellation définitive de “Forts des Halles"**.

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Les conditions d’accès au titre de "Fort" étaient fort rigoureuses.
Les "Forts" devaient être de nationalité française, physiquement très robustes, mesurer plus de 1,67 mètre, avoir plus de 21 ans et moins de 30 ans, être libérés des obligations militaires et posséder un casier judiciaire vierge.
Ils devaient de plus réussir des exercices intellectuels et physiques comportant un test écrit et oral du niveau du certificat d'études primaires ainsi qu’une épreuve de portage d’une charge de 200 kg devant être charriée sur les épaules sur une longueur 60 mètres, soit l’équivalent de la longueur d’un pavillon des Halles.

Les épreuves étaient très sélectives : en moyenne, moins de 40 candidats sur 500 étaient retenus à chaque promotion.

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      Porte-bouquet en faïence fine à décor imprimé polychrome d’un fort des halles serrant la main d’un boulanger et, en arrière-plan, les affichettes du syndicat de la boulangerie et du bulletin des Halles. Début du XX° siècle  D:19,5 cm.

Le nombre de "Forts" était d'environ 700 membres. Ils étaient répartis en sections, une par pavillon où l'on distingue les Forts à viandes, les Forts à volailles, les Forts à légumes, les Forts des hauts fruits, les Forts des beurres, œufs et fromages, les Forts à poissons, etc.

Un coin de la Halle aux poissons, le matin 1880  Huile sur toile  Palais des Beaux-Arts, Lille, France.jpg

Victor Gabriel Gilbert  1847-1933

"Un coin de la Halle aux poissons, le matin"  1880 

Huile sur toile    Palais des Beaux-Arts, Lille, France.

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Organisés hiérarchiquement autour d’un chef qui porte le titre de syndic, chaque membre se voit décerner une médaille, en argent pour le syndic, en cuivre pour le simple "Fort", où figurent les armes de Paris et qui porte au verso le nom et le numéro d’ordre du détenteur.
La tenue traditionnelle du "Fort" se compose d’une blouse de toile bleue et d’un chapeau de feutre à large bord, le coltin, qui, muni d’une calotte de plomb à l’intérieur, permettait de supporter de lourdes charges "coltinées" sur la tête. Le coltin protégeait non seulement la tête mais aussi le cou et les épaules des "Forts".

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Les "Forts" étaient principalement chargés :
  − Du déchargement et du transport des sacs, cageots et colis de marchandises entre les quais de livraison et les stands des grossistes. Rémunérés au tonnage transporté, les "Forts" avaient l’opportunité de changer de secteur au cours de leur carrière en passant de nouvelles épreuves de force. Les secteurs des volailles (pavillon dit de la Vallée*) et des poissons (la Marée), les moins rémunérateurs, étaient les moins convoités.
  − De la surveillance des marchandises, entre le lieu d’arrivage et l’aire de stockage, par les facteurs***.
  − De l’entreposage dans les resserres des denrées non vendues le jour même.
  − Du contrôle du fonctionnement du marché, du respect des poids et des prix.

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913  Porteurs de farine Huile sur toile 1885 Musée du Petit Palais, Paris.jpg

Louis-Robert Carrier-Belleuse  1848-1913    "Porteurs de farine"  1885

Huile sur toile     Musée du Petit Palais, Paris.

"Les Forts à farine" utilisaient une canne qui, tout en assurant l'équilibre, autorisait la répartition du poids de la charge sur trois points d’appui.

Au début du XX° siècle, la disparition du transport à dos d'homme entraîne le déclin de la profession. Le recrutement cesse définitivement à partir de 1952. A cette date, 710 "Forts" sont encore en activité.

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Le 22 février 1969, date du transfert du marché à Rungis, les 279 derniers "Forts", reclassés dans l'administration de la préfecture de police, étaient chargés de la surveillance et du contrôle du marché.    
La corporation ne survivra pas aux nouvelles conditions de travail mises en place sur le site de Rungis, elle est aujourd’hui disparue. La plupart des derniers "Forts" furent affectés au sein de la police municipale de la ville de Paris.

 ** A l'origine, le terme "Fort des Halles" ne qualifiait pas une personne ou une fonction mais un édifice conçu en 1848 par les architectes Victor Baltard et Félix Callet. Construit en pierre, lourd, laid, massif et inadapté à la vente, le bâtiment sera démoli en 1853 sur ordre de Louis Napoléon Bonaparte.

***Facteur des halles : intermédiaire entre le producteur et l'acheteur chargé de la vente en gros à la criée des denrées alimentaires apportées dans les pavillons des halles. La loi de 1896, visant à lutter contre la fraude, instaure le titre de mandataire en lieu et place des facteurs. Intermédiaires agréés et contrôlés par la préfecture de la Seine, les mandataires sont chargés de la vente, en gros ou en demi-gros et exclusivement sous les pavillons, des denrées expédiées par les producteurs.

Marie- François Firmin-Girard 1838-1921   Les Halles Baltard, Paris   Pavillon des fleurs  Huile sur panneau  27 x 38 cm  Collection privée..jpg

Marie-François Firmin-Girard    1838-1921  

"Les Halles Baltard, Paris, Pavillon des fleurs"

Huile sur panneau    27 x 38 cm      Collection privée.

11/03/2016

Paris et l'octroi

L'octroi, connu dès le XII° siècle à Paris, était une contribution indirecte perçue par les municipalités.

Le terme "Octroi" vient d’octroyer qui signifie accorder : La ville octroie ou accorde l'entrée de marchandises moyennant la perception d'une taxe.

Barrière de Clichy Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle..jpg

Barrière de Clichy.

Le bureau de l'octroi vers la fin du 19ème siècle.

Véritable système de "douane locale", l’octroi était une recette particulièrement importante dans les recettes communales. Toutes les denrées, tous les biens, matériaux et produits destinés à la consommation ou aux fabrications locales en provenance de l’extérieur de la commune, taxés par le biais de cette imposition indirecte, venaient grossir les revenus communaux.

Panneau de l'octroi de Colombes, Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France..jpg

Panneau de l'octroi de Colombes

Musée Municipal d'Art et d'Histoire, Colombes, France.

Si l'octroi était un prélèvement sur la valeur des marchandises, le péage était un droit perçu sur le passage des personnes. Ressources importantes dans le budget des communes, ces taxes finançaient les travaux d'utilité publique et l'entretien des fortifications.

Conformément au principe d'égalité des citoyens devant l'impôt, l'octroi fut aboli en 1791 sous la Révolution.

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L'octroi supprimé aux portes de Paris, les parisiens s'y précipitent et dansent.

Mais le manque à gagner pour les municipalités fut tel que le Directoire, puis le Consulat et le 1° Empire durent le réinstaurer et le généraliser. L'octroi atteindra son apogée au XIX° siècle.

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Ville d'Etampes, Essonne, France. 

Le terme "octroi" désignait également l'administration, qui, chargée de prélever cette taxe, contrôlait chacune des portes de la ville.

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Le plus célèbre des nombreux employés de l'octroi de la ville de Paris fut certainement le peintre naïf mayennais Henri Rousseau (1844-1910). Recruté après la guerre de 1870 en qualité de commis de deuxième classe, il occupait le poste de "gardien des contrôles et des circulations du vin et de l'alcool". Son ami, l'écrivain Alfred Jarry, lui donna, par dérision, le surnom de "douanier".

Durant la seconde guerre mondiale, l'octroi, accroissant encore les difficultés d'approvisionnement des Parisiens, fut définitivement supprimé sous le gouvernement de Pierre Laval, le 1er août 1943. 

06/03/2016

Paris et le mur des Fermiers généraux

Entre 1726 et 1790, la Ferme générale était une compagnie de financiers privilégiés chargés de la collecte des impôts indirects dans le royaume de France. Construit de 1784 à 1788, le mur des Fermiers généraux fut la sixième des sept enceintes successives de la ville de Paris.

Maçonné en pierre, long de 24 kilomètres, haut de 3,24 mètres et doté d'un chemin de ronde large de 11 mètres 70, le mur comportait 55 passages ou "barrières" aménagés dans le périmètre de l'enceinte.

J.- L. Palaisseau 17..-18..France  La Barrière Blanche  1819 Estampe eau-forte aquarellée 22 x 31,1 cm Bibliothèque Nationale de France, Paris.  Actuellement place Blanche..jpeg

J.- L. Palaisseau   17??-18??         France 

"La Barrière Blanche"   1819      actuellement place Blanche.

Estampe, eau-forte aquarellée  22 x 31,1 cm

Bibliothèque Nationale de France, Paris.

Ces barrières, souvent disposées entre deux pavillons symétriques, les bureaux d'octroi, étaient dites "Propylées de Paris" par leur concepteur, l'architecte néoclassique Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). 

J.-L. Palaisseau  17..-18.. France  Barrière de Bercy  1819  Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm Bibliothèque nationale de France, Paris..jpg

J.-L. Palaisseau     17??-18??       France

"La Barrière de Bercy"    1819 

Eau-forte aquarellée 22 x 31,2 cm   Bibliothèque nationale de France, Paris.

Le mur n'était d'aucune utilité défensive. L'unique objectif de la Ferme générale était le contrôle des points de passage et la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville.

Auguste-Xavier Leprince  1799-1826  A la barrière de la Villette c.1820 Huile sur toile 37 x 44 cm Nationalmuseum, Stockholm, Suède..jpg

Auguste-Xavier Leprince    1799-1826      France

"A la barrière de la Villette"     c.1820

Huile sur toile   37 x 44 cm

Nationalmuseum, Stockholm, Suède.

Dès le début de sa construction, le mur fut très impopulaire. Les fermiers généraux, dotés de fortunes souvent colossales, deviendront le symbole d'une société inégalitaire, injuste et pervertie. 

Beaumarchais, témoin du mécontentement des Parisiens, y voyant une des causes de la Révolution, rapportait le fameux alexandrin : "Le mur, murant Paris, rend Paris murmurant".

L'architecture majestueuse des pavillons conçus par Ledoux fut également très mal ressentie par les parisiens et ne fit qu'accentuer la fonction oppressive du mur douanier.

    "Pour augmenter son numéraire

Et raccourcir notre horizon,

La Ferme a jugé nécessaire

De mettre Paris en prison."

J.-L. Palaisseau 17..-18.. France Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis  le bassin de la Villette 1819  Eau-forte aquarellée  22 x 31,5 cm Bibliothèque nationale de France, Paris.jpg

J.-L. Palaisseau   17??-18??     France

"Barrière Saint-Martin, la rotonde vue depuis le bassin de la Villette

1819        Eau-forte aquarellée    22 x 31,5 cm

Bibliothèque nationale de France, Paris.

En septembre 1787, Loménie de Brienne, contrôleur général des finances, effaré du coût des travaux, en décrétait la suspension et Ledoux fut révoqué de ses fonctions. En mai 1789, Claude-Nicolas Ledoux sera définitivement suspendu par Jacques Necker, directeur général des finances, promu ministre d'Etat.

Mur des Fermiers Généraux Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858..jpg

Mur des Fermiers Généraux

Place de la Barrière Montmartre ou Barrière de Pigalle vers 1858.

Le mur sera détruit en 1860, lors de l'extension de Paris jusqu'aux "fortifs" ou enceinte fortifiée de Thiers qui fut érigée de 1841 à 1844. Du mur des Fermiers généraux, ne subsistent de nos jours que quatre propylées :

- La Barrière du Trône, près de la place de la Nation;

- La barrière d'Enfer, place Denfert-Rochereau;  

- La Rotonde du Parc Monceau, à la barrière de Chartres;

- La Rotonde de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad;

Rotonde de la Villette ou barrière Saint-Martin ou barrière de Senlis, Place de la Bataille de Stalingrad, Paris XIX..jpg

Barrière Saint Martin, la Rotonde de la Villette, place de la Bataille-de-Stalingrad dans le 19e arrondissement de Paris.

 
 

03/03/2016

Ladies in black

William Orpen  1878-1931 Ireland Portrait of Grace  1907  Huile sur toile 90 x 70 cm  Mildura Arts Centre, Victoria, Australia..jpg

William Orpen     1878-1931       Ireland

"Portrait of Grace"     1907 

Huile sur toile    90 x 70 cm 

Mildura Arts Centre, Victoria, Australia.

John Everett Millais  1829-1896 England Portrait de l'artiste peintre Louise Jane Jopling 1879  Huile sur toile 124 × 76,5 cm National Portrait Gallery, Londres..jpg

John Everett Millais   1829-1896     England

"Portrait de l'artiste peintre Louise Jane Jopling"   1879 

Huile sur toile   124 × 76,5 cm

National Portrait Gallery, Londres.

John Singer Sargent 1856-1925 United States  Madame X (Madame Pierre Gautreau) 1883-84  Huile sur toile 208,6 x 109,9 cm Metropolitan Museum of Art, New York City, United States..jpg

John Singer Sargent    1856-1925     United States 

"Madame X"   (Madame Pierre Gautreau)   1883-84 

Huile sur toile   208,6 x 109,9 cm

Metropolitan Museum of Art, New York City, United States.

27/02/2016

Ladies in white

Eva Gonzales  1849-1883 France Portrait d'une femme en blanc 1879 Huile sur toile Collection privée..jpg

Eva Gonzales    1849-1883          France

"Portrait d'une femme en blanc"    1879

Huile sur toile      Collection privée.

John Lavery 1856-1941 Irlande du Nord  Evelyn Farquhar 1906 Huile sur toile 184 x 120.5 cm Collection privée..jpg

John Lavery     1856-1941        Irlande du Nord 

"Evelyn Farquhar"     1906

Huile sur toile 184 x 120.5 cm        Collection privée.

John Singer Sargent 1856-1925 United States Mme Henry White 1883  Huile sur toile 221 x 139,70 cm Corcoran Gallery of Art , Washington, DC, United States..jpg

John Singer Sargent    1856-1925      United States

"Mme Henry White"     1883 

Huile sur toile    221 x 139,70 cm

Corcoran Gallery of Art, Washington, DC, United States.

 
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